L’élection municipale à Foix bouleverse des décennies de gestion socialiste. Arrivé en tête, dimanche 22 mars lors du second tour des élections municipales avec seulement neuf voix d’avance, Jérôme Matéos promet propreté, sécurité et attractivité aux Fuxéens.
“Je me nomme Jérôme Matéos, j’ai 50 ans.” Le ton est posé, presque sobre. Élu avec neuf voix d’avance ce dimanche 22 mars 2026 à Foix, il incarne une alternance historique après des décennies de gestion socialiste.
Natif d’Évreux, il découvre l’Ariège il y a une vingtaine d’années en devenant directeur adjoint du Centre hospitalier intercommunal des vallées de l’Ariège. Aujourd’hui cadre de la fonction publique, il travaille à la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT. “Je fais moitié-moitié”, explique-t-il à propos de son organisation entre Paris et l’Ariège, un équilibre qu’il devra encore ajuster.
Installé à Foix depuis 2010, Jérôme Matéos assume un attachement presque affectif à la ville. “J’aime Foix, la première fois que j’ai vu le château, j’en suis tombé amoureux.” Et dans son récit, les symboles occupent une place particulière : “Je ne suis pas croyant, mais il y a des signes. Le 22 mars, c’est une date qui compte. Ma grand-mère, qui n’est plus là, est née le 22 mars, j’ai signé le bail de mon appartement à Foix un 22 mars.” Jusqu’aux chiffres : “Et le 9, évidemment, n’importe où, n’importe quand, quand il faut choisir un nombre, c’est le 9 de l’Ariège.”
Son parcours politique n’a rien de linéaire. Ancien collaborateur ministériel auprès de Najat Vallaud-Belkacem, il rejoint ensuite En Marche avant de s’en éloigner. “En 2017, j’y ai cru. Mais lors de la crise des gilets jaunes, la gestion ne m’a pas plu et, en septembre 2021, après les départementales, j’ai coupé les ponts avec En Marche.” Aujourd’hui, il revendique une ligne claire : “Je suis sans étiquette.”
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Une victoire au suspense
Le soir du second tour, il choisit de prendre du recul. “Je leur ai dit : vous ne me tenez au courant de rien, je réémergerai vers 19 h 45.” Mais très vite, la tension monte. “À partir de 18 h 30 jusqu’à 19 h 30, c’était l’enfer. J’ai tout de suite compris que ça allait se jouer à rien.”
Et en effet, tout se joue à neuf voix, dans une triangulaire face à la maire sortante Marine Bordes et à la liste d’Alexandre Besson. “C’est d’ailleurs lui qui me donne le résultat final”, raconte-t-il.
Dans cette soirée tendue, il tient à saluer son adversaire : “Je tiens vraiment à saluer Alexandre et sa liste. Ils ont fait une campagne de bonne tenue, vraiment à la hauteur. On n’était pas d’accord sur grand-chose, mais c’est ça, la démocratie. Franchement, ils ont été des adversaires corrects. Ils n’ont pas fait d’attaques basses.”
Le ton est plus froid avec l’équipe sortante. “Marine Bordes m’a juste dit que le directeur général des services m’attendait pour fixer le prochain conseil municipal, c’est tout.”
Propreté, sécurité et attractivité : ses priorités
Désormais élu, Jérôme Matéos veut aller vite. “Je veux voir les marges de manœuvre”, affirme-t-il, évoquant un audit financier à venir.
Mais ses priorités sont déjà posées : “La priorité, c’est la propreté, évidemment.” Déchets, tags, gestion urbaine : il estime que la situation doit être reprise en main et affiche son intention de peser sur la gouvernance du SMECTOM. “Il faut voir comment on peut remettre les choses à plat.”
Autre axe majeur, la sécurité. “Il faut que je voie les possibilités de recrutement budgétaire. À terme, j’aimerais avoir 8 policiers municipaux supplémentaires.” Un objectif qui s’inscrit dans une réflexion plus large : équipements, caméras, marchés publics, études… tout est à structurer.
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Conseil d’installation municipal ce samedi
Mais au fond, c’est l’attractivité qui guide son projet. “Pour que la ville soit attractive, il faut qu’elle soit propre, sûre et qu’il y ait du parking.” Il critique notamment certains choix d’aménagement : “Quand le cinéma va être fini, la question du parking se pose. Les spectateurs, ils vont se garer où pendant les travaux ? La première année d’exploitation du cinéma risque d’être catastrophique.”
Au-delà des mesures, il revendique une méthode : “On a misé sur l’intelligence collective plutôt que sur le dogmatisme partisan.” Élu à neuf voix d’écart, Jérôme Matéos ouvre une nouvelle page politique à Foix, aussi étroite que chargée d’attentes.
Prochaine étape, ce samedi 28 mars, avec la tenue du conseil municipal d’installation.

