Accusée par l’association Mouv’enfants de commercialiser sur son site de vente par correspondances des poupées sexuelles avec des visages de mineures, la société Love and Vibes, dont le siège social est à Castelginest, parle “d”amalgame mensonger”.
Majeure ou mineure ? Ou comment déterminer d’un point de vue juridique l’âge supposé d’une simple poupée. Pas simple et forcément subjectif. C’est là tout l’enjeu de la controverse entre l’assocation Mouv’enfants, à l’origine du scandale des poupées Shein et le site toulousain de vente par correspondance Love and Vibes, un sex-shop en ligne, qui revendique aujourd’hui une parfaite moralité.
Sauf qu’au rayon poupées sexuelles, les modèles présentés en photo ont attiré l’attention de l’association, qui juge que ces poupées ont des morphologies de fillettes. ” Ce que propose sur internet le site Love and Vibes, c’est clairement pour nous une adolescente avec un visage de mineure, s’insurge Arnaud Gallais, le président du collectif. Il faut rappeler que l’on est enfant jusqu’à 18 ans. Expliquer qu’elle a une morphologie d’adulte ne tient pas”.

L’association a établi une cartographie des ventes suspectes dans toute la France, avec une dizaine de sites épinglés, dont celui de Love and Vibes. Elle a par ailleurs saisi le procureur de la République de Toulouse sur la base de la loi de 2021 qui interdit les représentations d’enfants à caractère pornographique et qui les punit de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.
” Un amalgame mensonger”
Du côté du site toulousain on conteste fermement ces allégations. “Les poupées sexuelles réalistes commercialisées représentent exclusivement des morphologies féminines adultes. Elles présentent des caractéristiques anatomiques matures, propres à un corps adulte, et ne comportent aucun signe, esthétique, anatomique, terminologique ou éditorial, susceptible d’évoquer un corps juvénile, adolescent ou infantile, explique Valentin Simonnet, l’avocat de Love and Vibes. Elles font, par ailleurs, l’objet d’une présentation commerciale rigoureusement cohérente avec cette réalité : ni les visuels, ni les intitulés, ni les descriptifs, ni, plus généralement, la mise en scène, y compris le choix des tenues, accessoires ou codes visuels ne comportent d’éléments susceptibles de faire apparaître le modèle comme mineur”.
L’avocat considère que l’association fait ” un amalgame mensonger, diffusé avec une légèreté blâmable, véhiculant des accusations particulièrement graves, inexactes et préjudiciables, portant atteinte à l’honneur, à la réputation et à l’intégrité morale de l’entreprise, ainsi que de ses douze salariés et collaborateurs”..
Mouv’enfants persiste et signe
Au passage Love and vibes souligne que ” La protection de l’enfance est un sujet trop sérieux pour être traité avec une telle légèreté”. Valentin Simonnet a mis en demeure Mouv’enfants de retirer de sa cartographie le site toulousain, sous peine de poursuites judiciaires.
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Mais Arnaud Gallais le président de l’association, persiste et signe. Pour lui, le sujet nécessite des investigations approfondies de la justice et des poursuites effectives à l’encontre des acheteurs, “car ils participent à la chaîne de l’exploitation sexuelle des enfants et doivent être traités avec la même fermeté que les clients de la prostitution de mineurs”. Et de conclure : “Le Président de la République a affirmé que la protection de l’enfance était la priorité du quinquennat comme grande cause nationale, c’est le moment de le montrer”.

