Sandra Rahm, une Strasbourgeoise de 44 ans, vit une relation amoureuse et charnelle avec une rame de tramway. Elle décrit une réelle connexion avec la cabine de transports et assume totalement ce lien hors du commun qui lui vaut des moqueries quotidiennes. Une situation s’apparentant à de l’objectophilie. Récit.
Elle a fait tatouer son nom sur son poignet. Ou plutôt… Son numéro ! À Strasbourg, Sandra Rahm, 44 ans, assume pleinement une vie sentimentale hors du commun. Depuis mars 2020, cette passionnée de transports entretient une liaison avec un objet précis : une rame de tramway. Un phénomène, nommé objectophilie, qui désigne une attirance émotionnelle ou sexuelle envers des objets inanimés.
Sandra Rahm, qui affirme posséder des dons de voyance, explique avoir “invoqué l’âme” de la machine en juillet 2020. “Je me suis mise à lui parler puis je lui ai récité un petit rituel. Je lui ai demandé de me faire un signe”, se souvient-elle dans les colonnes des Dernières Nouvelles d’Alsace. C’est là qu’une “magnifique lumière” est apparue, l’apaisant aussitôt. Elle décrit depuis une connexion viscérale : “Dès qu’il va à l’atelier, je le ressens. En juin 2021, lorsqu’il a été visé par des pierres, j’ai senti des coups dans le dos.”
“Pas cinglé”
Dans son appartement, la présence du véhicule est omniprésente. Des photos, des lettres d’amour et même des magnets sur son réfrigérateur célèbrent le matricule “3013”, le numéro de la rame en question. Sandra Rahm s’est également fait tatouer les quatre chiffres sur son poignet et le porte autour du cou, gravé sur un médaillon. Et pour la quadragénaire cette relation n’est pas uniquement spirituelle. “J’ai fait l’amour avec 3013”, confesse-t-elle sans tabou, décrivant avoir “ressenti des caresses” sur son corps un jour, lors d’un trajet. La Strasbourgeoise est allée jusqu’à organiser une cérémonie de mariage symbolique en 2024, avec la complicité d’un conducteur de la Compagnie des transports strasbourgeois (CTS).
Cette relation s’inscrit dans un cadre de vie singulier puisque Sandra Rahm partage son existence avec Thomas, son compagnon depuis 14 ans. “J’ai une vie de couple avec un homme et un tram. On est trois “, résume-t-elle. Si son conjoint accepte ce ménage à trois, cette situation a provoqué la perte de nombreux amis et lui vaut des moqueries régulières sur les réseaux sociaux. Malgré des menaces de mort, la Strasbourgeoise, suivie par 2 000 abonnés sur Instagram, souhaite faire évoluer les mentalités à travers l’écriture d’un livre. Elle conclut avec assurance : “Avoir une forte connexion avec un objet ne veut pas dire qu’on est cinglé.”

