Dans la plupart des petites communes rurales, le plus difficile lors des élections municipales, est souvent de trouver assez de volontaires pour constituer une liste complète. À Couzou, dans le Lot, c’est tout l’inverse qui se produit cette année. Pour 95 habitants, trois listes sont en lice.
Dans le petit village de Couzou, au nord du Lot, les élections municipales prennent cette année une tournure inattendue. Avec moins de 100 habitants recensés, la commune voit pourtant s’affronter trois listes complètes, soit 21 candidats pour 95 habitants et 107 votants.
Une situation rare dans ce type de commune rurale où, bien souvent, une seule liste se constitue. À Couzou, la campagne est donc animée, même si les candidats assurent vouloir préserver l’esprit de village.
Une candidature dans la continuité
Parmi les prétendants figure Sandrine Rivière, agricultrice de 57 ans, engagée depuis longtemps dans la vie locale. Ancienne conseillère municipale, puis deuxième et première adjointe, elle estime que briguer la mairie s’inscrit dans la continuité de son parcours. Aucun membre du conseil municipal actuel n’a décidé de se représenter.

“J’adore mon village et j’ai envie que ça aille dans le bon sens”, explique-t-elle. Elle se présente avec l’envie de redynamiser le village et a à cœur le bien vivre ensemble et l’entraide entre habitants. Dans ce village sans commerce, la vie collective repose notamment sur le comité des fêtes, seule association locale. “Notre objectif, c’est que les gens puissent bien vivre à Couzou, être présents pour eux et soutenir les initiatives.” La candidate souhaite également encourager l’installation de nouveaux habitants. “On aimerait bien que des jeunes viennent s’installer.”
Une démocratie locale revendiquée
Face à elle, Bernard Lavergne, 77 ans, ancien chef d’entreprise. Aujourd’hui retraité, il se présente et conduit une autre liste en opposition à celle de Sandrine Rivière. Déjà plusieurs fois candidats il n’a jamais eu la fonction d’édile. Pour lui, la priorité est de donner davantage la parole aux habitants. “On ne veut pas promettre des choses impossibles. Tout dépend du budget d’une petite commune comme la nôtre”, explique-t-il. Il propose notamment de consulter les habitants pour définir les projets à mener.

“On pourrait faire une liste d’idées et demander aux gens par quoi on commence. Dans un village comme le nôtre, c’est facile de discuter avec tout le monde.” Pour lui aussi, le dynamisme du village passe avant tout par la vie associative. “Le comité des fêtes, c’est essentiel. Quand il est actif, il se passe des choses.”
De nouveaux habitants engagés
La troisième liste est menée par Nicolas Birot, 51 ans, ancien militaire installé dans la commune avec sa famille depuis 2023. Avec son épouse, Julie, il gère notamment l’activité touristique d’un château local et développe un potager dont les produits sont vendus sur un marché voisin. C’est avec l’envie de développer pleinement la vie sociale et associative du village qu’il souhaite briguer un mandat de maire.
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“Les gens de notre liste veulent s’investir et donner du temps. Personne n’est là juste pour mettre son nom.” Sa liste compte également un ancien maire de Couzou, dont l’expérience est vue comme un atout. “On va gagner j’en suis certain” confie-t-il.
Des règles électorales qui changent la donne
Cette multiplication des listes s’explique aussi par l’évolution des règles électorales. Depuis mai 2025, dans les communes de moins de 1 000 habitants, les votants pouvaient autrefois panacher les bulletins et rayer des noms. “Avant, les gens pouvaient barrer les candidats qui ne leur plaisaient pas. Maintenant ce n’est plus possible”, rappelle Sandrine Rivière. Chaque groupe a dû constituer sa propre équipe.
Au final, près d’un quart de la population se retrouve candidate. Un paradoxe pour ce village où tout le monde se connaît et où l’entraide reste essentielle. Malgré la compétition, tous s’accordent sur un point : préserver l’esprit de Couzou.
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“Même s’il y a plusieurs listes, l’important c’est que le village continue à vivre et que les habitants restent soudés”, résume les têtes de liste. Dans la bourgade, l’avis est partagé. Un habitant de la commune, âgé d’une quarantaine d’années, estime que “les candidats auraient pu faire un effort et s’entendre pour faire une liste commune, ça aurait été plus simple”. Le verdict des urnes dira bientôt quelle équipe prendra les rênes de cette petite commune lotoise, où la démocratie locale n’a jamais été aussi animée.

