March 21, 2026

"Quand j’ai découvert, ça m’a coupé le souffle" : après le passage d’une tornade qui a détruit son verger, Benoît tente de remonter la pente

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Une tornade dans le Lot a ravagé deux hectares du verger de noix de Benoît Andrieux à Saint-Denis-lès-Martel. Plusieurs centaines d’arbres ont été déracinés. La production ne retrouvera son niveau qu’après dix à quinze ans.

Le 29 août 2025, en début de soirée, une tornade a traversé une partie du nord du Lot, laissant derrière elle des dégâts très localisés mais particulièrement violents. Sur son passage, entre Martel et les communes voisines, le phénomène n’a parcouru que quelques kilomètres. Parmi les exploitations touchées, celle de Benoît Andrieux, producteur de noix installé depuis 2022 à Saint-Denis-lès-Martel, a été durement impactée.

“Je me suis dit : c’est fini”

“Ce n’était pas un simple coup de vent, il y avait un véritable cône, une tornade”, explique-t-il. Prévenu par ses parents, qui résident à proximité, il découvre les dégâts le soir même. “Quand j’ai découvert, ça m’a coupé le souffle”, confie l’agriculteur de 35 ans. Devant lui, un paysage méconnaissable. Là où se dressaient des arbres de plus de 10 mètres, certains plantés par son père il y a trente ans, il ne restait qu’un enchevêtrement de troncs couchés. “On parle souvent en dizaines d’arbres par terre après un coup de vent… Là, on est passé aux centaines.” Cette parcelle promettait une belle récolte. À quelques semaines de la cueillette, tout était prêt. Sur le moment, l’idée d’arrêter traverse son esprit. “Je me suis dit : c’est fini.”

Une partie des arbres arrachés par la tempête dans le verger de Benoît Andrieux.
Une partie des arbres arrachés par la tempête dans le verger de Benoît Andrieux.
Photo autorisée pour La Dépêche du Midi – Benoît Andrieux

Au total, près de deux hectares de son verger sont touchés. Les arbres, certains âgés d’une trentaine d’années et plantés par son père, sont déracinés ou brisés. La parcelle concernée, composée de grands noyers traditionnels, présentait un potentiel de production élevé. “La récolte était proche, tout était prêt. On a perdu plusieurs tonnes de noix sur cette zone”, précise l’agriculteur. À cela s’ajoute une trésorerie déjà fragilisée par le passé.

Benoit Andrieux, producteur de noix, se trouve devant ses arbres arrachés par la tempête.
Benoit Andrieux, producteur de noix, se trouve devant ses arbres arrachés par la tempête.
Photo autorisée pour La Dépêche du Midi – Benoît Andrieux

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Cet épisode s’inscrit dans une série d’événements climatiques survenus durant l’été 2025. Avant la tornade, deux épisodes de grêle et de vent avaient déjà provoqué des pertes, arrachant plusieurs dizaines d’arbres. “Cette année-là, on a été particulièrement exposés”, constate-t-il.

“Pour retrouver un niveau équivalent, il faut compter dix à quinze ans”

Face à l’ampleur des dégâts, la réaction est immédiate. Dès le lendemain, Benoît Andrieux engage des démarches pour organiser le déblaiement. Le bois sera broyé et évacué sous forme de plaquettes, avec l’intervention d’un prestataire forestier. “Vu le volume, ce n’est pas possible de tout gérer seul”, explique-t-il. Les travaux doivent se poursuivre dans les prochaines semaines, en fonction des conditions météo.

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L’objectif est de replanter la parcelle. Mais la remise en production prendra du temps. “Un noyer commence à produire au bout de cinq à sept ans, mais pour retrouver un niveau équivalent, il faut compter dix à quinze ans”, indique-t-il. À cela s’ajoute la remise en état des équipements, notamment le réseau d’irrigation qui passe sous les racines, également détruit.

Près de 200 arbres ont été arrachés par la tempête sur son exploitation.
Près de 200 arbres ont été arrachés par la tempête sur son exploitation.
Photo autorisée pour La Dépêche du Midi – Benoît Andrieux

Sur le plan économique, les conséquences sont significatives. Outre la perte de récolte immédiate, c’est un manque à gagner qui s’inscrit dans la durée. “La production disparaît pour plusieurs années sur cette surface”, souligne-t-il. Une demande d’indemnisation au titre des calamités agricoles a été déposée, sans garantie à ce stade sur le montant de l’aide.

Malgré ces difficultés, l’exploitation, reste encore viable. “On ne remet pas tout en cause pour deux hectares, ce n’est pas toute la surface, mais ça s’ajoute à d’autres contraintes”, explique Benoît Andrieux, évoquant également un contexte économique tendu pour la filière noix. Malgré tout, il refuse de baisser les bras. Par passion, pour cette ferme familiale qu’il a reprise en 2022. “Je vais replanter, quoi qu’il arrive”, affirme-t-il. Même sans aides, même avec les incertitudes.

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