Après deux semaines sans match, le CO de Jérémy Fernandez retrouve le Top 14 ce samedi 21 mars au Racing. Pour le demi de mêlée, le stage en Espagne a aidé les Castrais à se “conditionner” pour une fin de saison qui sera difficile.
La semaine de vacances et le stage en Espagne vous ont-ils permis d’évacuer tous ces mauvais sentiments engendrés par le revers à Pierre-Fabre contre La Rochelle (26-31) ?
On va dire que ça a fait du bien au corps, et un peu à la tête. Malheureusement, on aurait aimé partir sur une meilleure note en vacances, parce que quand tu perds juste avant, tu passes de moins bonnes vacances. Tu as toujours cette déception dans un coin de ta tête et, honnêtement, on n’a pas encore oublié. Le stage était plaisant. On le fait régulièrement ici, c’est bien pour sortir de ta routine. Et, au fond, ça te conditionne, te fait dire que tu prépares une fin de saison afin qu’elle soit belle. En Coupe d’Europe et en championnat. Tu sais qu’il n’y a que deux stages dans la saison : l’intersaison et celui avant les ultimes mètres de la course. Ça nous fait surtout penser au fait que tout est bientôt terminé. Et qu’il va falloir gagner.

Cela vous met une certaine pression de ce fait. Mais aussi il de vous relâcher malgré tout ?
Oui, ça décontracte un peu parce qu’on vit dans une autre ambiance. On bosse, bien sûr, mais on a encore plus de temps libre entre nous. Ça soude encore plus des liens, qui sont déjà forts. C’est plus là que réside l’utilité d’un stage. Car en matière de rugby, on fait les “mêmes” entraînements qu’au Lévézou.
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Profitez-vous de ces moments entre vous pour mettre le rugby de côté et penser à autre chose ?
On parle un peu de tout. On parle de rugby évidemment, mais aussi de toute l’actualité. Vous savez, on a des politiciens, des mecs qui suivent le basket, d’autres le foot (sourire). En plus, on est tombé sur une semaine de Ligue des champions. Lorsqu’on regardait les matchs, chacun se disait meilleur coach de la compétition (rire). C’est ce genre d’instants qui te fait penser à autre chose.
Le match au Racing ce samedi 21 mars a aussi dû venir dans les discussions, car vous débutez une phase où les jokers n’ont plus leur place si vous souhaitez vous qualifier…
C’est sûr, et il ne reste que huit matchs. Le Racing est en plus juste devant nous au classement. Je ne reviendrai pas sur ces rencontres, mais on a perdu des points qui pourraient être très importants à la fin. On sait que si on veut espérer quelque chose, au-delà de compter sur le malheur des autres, il faut qu’on mette toutes les chances de notre côté en remportant un maximum de matchs. Tout peut rapidement se terminer pour nous, alors on doit énormément bosser et empocher le plus de points possible. Et cela passera obligatoirement par des succès à l’extérieur.
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Même si la saison n’est pas finie, êtes-vous déjà assaillis par des regrets ?
J’en aurais si, tous les ans, on gagnait l’ensemble de nos matchs à domicile et qu’on finissait 1ers tout le temps. Or c’est dans l’ADN du club d’être un coup ci, un coup ça. On fait des navettes : pas loin des 6, pas loin du 12. C’est le CO. On ne peut pas se permettre de trop regretter tant que ce n’est pas fini. Tout va tellement vite dans ce Top 14, et on peut aussi bien se retrouver en haut qu’en bas en un claquement de doigts.
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Commencez-vous à faire des calculs et prévisions afin de déterminer vos chances de figurer dans le top 6 ? Il y a deux ans, David Darricarrère avait tenu un cahier spécial pour la fin de saison…
Oui, et au final, on avait échoué pour un point (rire). Non, c’est trop compliqué à ce stade de faire ça. Le seul truc qu’on peut maîtriser, c’est nous. On doit faire preuve de maturité, parce que si on se retrouve dans cette situation-là, c’est aussi notre faute.

