Pour son dernier meeting de campagne des élections municipales 2026 à Montauban (Tarn-et-Garonne), Didier Lallemand, le candidat de l’Union des droites pour la République (UDR) avait investi la nouvelle salle de musiques actuelles (Smac) de la cité d’Ingres, jeudi 19 mars. L’héritier désigné de Brigitte Barèges a surtout dénoncé la fusion baptisée “union républicaine contre les extrêmes” de Thierry Deville et Jean-Philippe Labarre, n’égratignant qu’à de rares occasions le socialiste Arnaud Hilion.
À quoi reconnaît-on un adversaire que l’on craint ? Peut-être aux nombres de flèches qu’on lui décoche. À ce petit jeu, Didier Lallemand, candidat de l’Union des droites pour la République (UDR) aux élections municipales à Montauban (Tarn-et-Garonne), possède une cible principale : la fusion de Thierry Deville et Jean-Philippe Labarre, baptisée “union républicaine contre les extrêmes”.

Jeudi 19 mars 2026, la dernière réunion publique de l’héritier désigné de Brigitte Barèges, arrivé en tête du premier tour avec 29,65 % des suffrages, a été principalement consacrée à torpiller ce que M. Lallemand et ses soutiens nomment “une alliance contre-nature”.
Les OQTF, “ces gens qui nous envahissent”
Dans la nouvelle salle de musiques actuelles (Smac) de la cité d’Ingres, Claude Jean, adjoint sortant à la sécurité, Bernard Loustaunau, ancien comptable public et potentiel futur adjoint aux finances, ainsi que Marie-Claude Berly, maire sortante en sixième position dans la liste Lallemand, ont tenté de s’adonner aux jeux des 7 différences entre les programmes du premier tour des deux fusionnés.
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Claude Jean a rappelé les “incohérences” entre les deux projets, saupoudrant son discours d’un couplet sur les personnes visées par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), “ces gens qui nous envahissent, qui viennent voler, embêter les habitants et qui ont même violé à Montauban”. Un lexique qui n’a rien à envier au Rassemblement national (RN) canal historique, parti parmi les soutiens de Didier Lallemand.
La “Guerre des boutons” de Bernard Loustaunau
Bernard Loustaunau, lancé par sa tête de liste qui a taxé ses adversaires “d’amateurisme”, a voulu raconter une nouvelle histoire de La Guerre des boutons. Avec, comme personnages principaux, une “écharpe verte” référence à l’emblème du Nouveau Montauban de M. Labarre et un “K-Way bleu” attribué à Thierry Deville et sa liste Prêts pour demain”.
“Ils possèdent des programmes fourre-tout, ces candidats ne sont pas sérieux… M. Labarre n’a aucune estimation du coût de son projet et, selon mes calculs, M. Deville le sous-estime de 52 millions d’euros”, a taclé l’ancien comptable de la mairie. “Laissez les autres listes à leur guerre de boutons. Nous allons, nous, dépenser moins mais dépenser mieux.” Laissant l’idée, au passage, que les prédécesseurs auraient été dispendieux ?
Arnaud Hilion ? “L’impression d’un loser”
Enfin, Marie-Claude Berly a transformé “La Guerre des boutons” en “Guerre des chefs”. Elle a rappelé l’homme “plus qu’ambitieux” que serait Thierry Deville, “capable de fouler aux pieds toutes ses valeurs pour la gloriole”. “Il a envie d’être calife à la place du calife”, a-t-elle critiqué. Pour elle, la fusion Deville-Labarre est “un marigot de bric et de broc”, faite “pour se servir et non pour servir”.
Aveu étonnant, la future ex-maire a avoué qu’elle n’allait “pas trop parler de M. Hilion, notre ennemi naturel”. Il aura fallu attendre les interventions des députés tarn-et-garonnais Pierre-Henri Carbonnel et gardois Alexandre Allegret-Pillot, les deux “playboys” comme ils ont été surnommés, pour que l’on entende dans leur discours ce qu’est un “péril socialiste”. Et que Didier Lallemand voit l’opposant sortant “désabusé” lors de es derniers jours de campagne. “J’ai l’impression d’un loser”, a-t-il élégamment comparé.

“Il faut arrêter avec le front républicain”
Devant les autres candidats d’extrême droite – un terme que les principaux intéressés rejettent mais qui nous semble bien approprié – Cyril Jannic et Robin Raujol, candidats respectivement à Castelsarrasin et Saint-Étienne-de-Tulmont, Brigitte Barèges a livré un plaidoyer de victimisation face aux révélations dont elle a fait face durant la campagne, du président de l’USM Jean-Claude Maillard à son ancien colistier Philippe Fasan notamment.
“Il faut arrêter avec le front républicain, a-t-elle martelé. J’ai vu mon parti, le RPR puis UMP pus LR perdre son âme. L’UDR n’est pas d’extrême droite. Ce n’est pas que nous avons honte, c’est que ça ne convient pas à la réalité. On n’a pas de leçon à recevoir”, a-t-elle voulu évacuer.
“Chaque voix compte”
En conclusion, Didier Lallemand a exhorté ses soutiens : “Rien n’est joué. Chaque voix compte, nous avons besoin de vous. Choisissez l’original par rapport à la copie, la continuité sereine au retour des vieilles lunes socialistes.”
Encore faut-il rappeler à M. Lallemand que l’original se nomme Brigitte Barèges. Et que celle qui est sa directrice de campagne est encore inéligible pour quelques semaines…

