March 19, 2026

DIRECT. Meurtre de Justine Vayrac : "Je veux m’excuser auprès des parents de Justine de ne pas avoir assuré", le témoignage de Théo C., l’ami de la victime

Fin du direct

Ce direct est désormais terminé, merci de l’avoir suivi, bonne soirée.

Lucas Larivée a posé sa tête sur ses mains jointes, il a les yeux rivés sur le sol et sa mâchoire reste serrée

“On n’est pas préparé à devoir choisir le cercueil de son enfant”

Le plus dur pour la mère de Justine Vayrac : “Les nuits d’attente et cet appel à 6 h du matin, où l’on vous annonce que votre enfant est morte”. “On n’est pas préparé à devoir choisir le cercueil de son enfant”.

Le public ne peut plus retenir se larmes, de plus en plus de personnes craquent.

Marina S. fond en larmes lorsque des photos de sa fille sont diffusées dans la salle. “Pourquoi ?”, lance-t-elle. “Elle était belle votre fille”, lui dit l’avocate générale Abrantes. “Oui, très”, réponde la maman dans un sanglot.

La mère de Justine Vayrac lance un message aux parents de Lucas Larivée

“Je ne dirai pas de mal, parce que dans ma famille, on n’est pas comme cela”, déclare la mère de Justine Vayrac. “Oui, il y a eu un acharnement contre les parents de l’accusé mais je veux leur demander de dire à leur fils de dire la vérité”.

“Lucas Larivée n’a pas fait qu’une bêtise, il a brisé nos vies”.

“Justine n’était pas bipolaire, elle était dépressive”, tient à assurer Marina S.

Marina S. sur ses premières interactions avec l’accusé

Sur son impression de Lucas Larivée qu’elle a eu au téléphone, puis qu’elle a vu au commissariat :

“Quel effet vous fait Lucas Larivée au téléphone ?” “Très poli”.

“Et quand vous l’avez vu au commissariat ?” “Quand je croise son regard, instinctivement, je sais et je lui dis de dire la vérité”.

Marina S. assure que sa fille lui avait parlé de la soirée qu’elle avait passé avec Lucas Larivée chez lui à Beynat. “Elle m’a dit qu’il lui avait fait du charme”, commente-t-elle avant d’ajouter : “Elle a eu 4 garçons dans sa vie amoureuse, donc non elle n’aurait pas couché avec un garçon comme ça, sans protection”, dit-elle en précisant qu’elle n’aime avoir à parler de sa vie privée comme cela.

“On avait besoin l’une de l’autre”… L’émotion s’empare de la salle

Vincent le père de Justine et Arnold le beau-père écoutent Marina S. assis côte à côte. “On avait besoin l’une de l’autre”, la mère de la victime craque et fond en larmes. De nombreuses personnes pleurent dans la salle.

“Je peux vous poser des questions ?”, demande respectueusement la présidente. La mère de Justine Vayrac acquiesce et s’emploie à montrer un autre visage de sa fille. Celui d’une jeune femme “qui s’est installée à Tauriac pour se rapprocher de sa mère”.

Marina S. explique qu’elle commence à s’inquiéter au moment où sa fille ne lui répond pas. “C’est pas normal”. Au bout d’une heure, elle confie avoir appelé les hôpitaux du secteur et le 17.

“Justine me manque profondément chaque jour”

“Justine a grandi dans une famille aimante, c’était quelqu’un de très sensible”, confie la Marina S. qui tient à dire que “ce n’était pas qu’une fêtarde”. “On a entendu ses amis de Brive avec qui elles faisaient la fête mais elle n’était pas que ça”, dit sa mère avec émotion.

“Justine me manque profondément chaque jour”, lâche sa mère. Lucas Larivée baisse la tête. “Ma fille a été enterrée comme une bête dans une décharge”.

“Ma fille méritait d’être connue, car elle aimait les gens”. L’émotion est palpable dans la salle. Marina S. a du mal à trouver ses mots : “J’ai trop de choses à dire”.

La mère de Justine Vayrac, Marina S., est à la barre

Me Labrousse profite de la suspension pour parler à Lucas Larivée

Quentin M. est malmené, il avoue qu’il faisait partie des amis présents sur le plateau de Cyril Hanouna pour défendre l’accusé

“Vous dîtes qu’ils se sont embrassés avant les faits ?”, demande l’avocate générale Abrantes. “Oui”, répond Quentin M. qui est en train de perdre ses moyens. Il est extrêmement stressé. “Le problème, c’est que Lucas nous dit l’inverse, donc qui ment ?”. Le témoin marmonne et a beaucoup de mal à répondre. L’avocate générale lui rappelle l’importance de son témoignage.

Face à l’avocat Me Labrousse, Quentin M. avoue que c’est lui qui est allé défendre Lucas Larivée sur le plateau de Cyril Hanouna sous une cagoule. “Là-bas, j’ai dit qu’ils se connaissaient déjà”. Au moment de la médiatisation de l’affaire, plusieurs personnes se présentant comme des amis de l’accusé s’étaient présentés cagoulés pour témoigner dans l’émission.

“Ils se faisaient des bisous”

Quentin M. confirme que l’accusé et la victime se connaissait puisqu’elle était déjà venue à Beynat. L’ouvrier agricole avait reçu quelques personnes chez lui, durant l’été 2022, après une soirée en boîte de nuit. “On jouait aux cartes, ils étaient côte à côte et ils se faisaient des bisous”.

Le témoin connaissait Justine Vayrac de vue. Il l’avait servie plusieurs fois à La Charrette, où il était serveur en intérim à une certaine période.

“Lucas était un mec super, il était serviable et avait tout pour réussir dans la vie”, avait assuré Quentin M. dans ses auditions.

Quentin M., ami de Lucas Larivée, est à la barre

“J’ai rencontré Lucas au lycée agricole et j’étais en apprentissage dans une exploitation près de celle de son père”, développe cet ami de l’accusé.

La présidente enchaîne et pose des questions sur les soirées en boîte de nuit : “On chahutait, on accostait les gens”. “Des fois, on prenait 2 ou 2 bouteilles et à 3 ou 4, elles tombaient”, confie le jeune ouvrier agricole.

“Lucas Larivée plaisait aux filles, elles venaient autant vers lui, que lui allait vers elle”. “C’était qu’il rentre avec une fille qu’il rencontrait le soir même”, précise Quentin M.

“J’ai déjà répondu à cette question”, “je ne vois pas l’intérêt d’éclaircir sur ce sujet”…

L’avocat de Lucas Larivée fait confirmer le récit de la soirée à Vincent L., lui faisant répéter de nombreux éléments déjà abordés. La présidente le signale.

Face à Me Labrousse, le témoin Vincent L. ne se laisse pas faire et n’hésite pas à lui signaler quand ses questions lui semblent inutiles : “J’ai déjà répondu à cette question”, “je ne vois pas l’intérêt d’éclaircir sur ce sujet”… Réactions dans la salle.

“Ce n’était pas habituel qu’elle ne donne pas de nouvelles”

Le lendemain des faits, “j’ai appelé Théo C. pour qu’il m’explique tout ce qu’il savait”. En route vers son travail, il est allé vérifier l’emplacement de la voiture de Justine Vayrac, qui n’avait pas bougé depuis la veille.

“J’ai appelé l’accusé qui m’a rappelé pour me dire qu’il avait laissé Justine partir avec un certain Noé”, Vincent L. déroule un récit très clair. “J’ai commencé à être très inquiet quand j’ai vu tous les messages de mes amis au réveil, car ce n’était pas habituel qu’elle ne donne pas de nouvelles”.

“Que saviez-vous de l’état psychologique de Justine ?”

“Avant les faits, je connaissais Justine depuis un an, un an et demi”, explique Vincent L., “elle était très joyeuse, elle avait la joie de vivre”. Sa description de Justine Vayrac correspond à ce qui a été dit jusque-là.

“Que saviez-vous de son état psychologique ?” “Elle avait des hauts et des bas, mais comme tout le monde”, répond-il avant d’ajouter : “J’ai appris qu’elle avait essayé de se tailler les veines et c’est son ex-compagnon, Loïc, qui l’avait trouvé et emmené à l’hôpital”.

Vincent L., autre participant à la soirée du 22, est à la barre

Marie B. passe à côté de la mère de Justine, qui lui adresse un mot, visiblement pour la remercier

“Désolé, on pense à elle tous les jours, on ne pensait pas que ça se passerait comme ça”, dit Marie B. aux parents de Justine Vayrac

“J’essaye de contacter Lucas Larivée, vers 5 h, sur Instagram”

Marie B. assure avoir croisé Justine Vayrac lors de sa première sortie. “Mais je ne savais pas qu’elle était sortie une deuxième fois”. Quand Théo C. revient et se rend compte que Lucas Larivée ne répond pas, il ressort et constate que celui-ci a disparu ainsi que Justine Vayrac. “On est tous sortis quand Théo C. nous a prévenus à ce moment-là et on était à la voiture de Justine”.

“J’essaye de contacter Lucas Larivée, vers 5 h, sur Instagram”, explique-t-elle, “il me rappelle vers 6 h, mais je rate l’appel et il me demande ‘qu’est-ce qu’il se passe ?'”. Après que la jeune femme ait expliqué que son amie a disparu, l’accusé répond qu’elle est partie avec un certain “Noé”.

“Par message vocal, Lucas Larivée n’avait pas l’air paniqué”.

Les centres d’intérêts de Justine ? “Son fils”

“Je ne connaissais pas Lucas Larivée personnellement”, commence Marie B., “Justine, je l’avais rencontrée via un ami, Vincent, et je la connaissais depuis quelques mois”. “C’était souvent dans un contexte de sorties et de soirées”.

“Justine était très agréable et appréciée de tout le monde”, ajoute la jeune femme. Ses centres d’intérêts ? “Son fils”. “Elle était proche de sa famille”.

Le soir du 22 octobre 2022, “Justine m’a rejoint chez moi, pour aller chez Vincent et on est allés au Local, un bar de Brive, puis on est tous partis en boîte de nuit”. Le groupe : Théo C., Vincent L., Marie B., une autre amie et Justine Vayrac. “On a bu quelques verres, un ou deux maximum par personne avant d’aller en boîte de nuit à La Charrette”.

Marie B., une amie de Justine Vayrac, témoigne

Me Labrousse interroge Théo C.

Selon les auditions de Théo C., les coupes de champagne échangées avec Justine Vayrac avaient un goût différent, “une différence sensible”. Me Labrousse, qui pose les questions, lui fait confirmer le trajet à l’extérieur de la boîte de nuit. “Je n’ai pas trouvé bizarre qu’il nous accompagne puisqu’ils se connaissaient”, répète le témoin.

“Qui a voulu se reposer ?” “Les deux”, répond Théo C. qui a du mal à se souvenir précisément du déroulé des événements. “C’était il y a 3 ans”.

“Lucas Larivée était normal, mais il était insistant pour rester avec Justine”, assure le témoin.

Très ému, Théo C. s’en veut : “Je veux m’excuser auprès des parents de Justine de ne pas avoir assuré”

“Le lendemain, la maman de Justine m’a appelé vers 10”, assure le jeune homme en lâchant la voix tremblante : “Je veux m’excuser auprès des parents de ne pas avoir assuré”.

La mère de Justine secoue la tête comme pour dire qu’il n’avait pas à s’en vouloir. La présidente rassure le jeune homme. “Ce soir-là, vous avez fait plus que n’aurait fait beaucoup de jeunes de votre âge”.

Lucas Larivée garde la tête baissée dans le box. Son regard ne lâche pas le sol, son visage est tendu. Il a les coudes posés sur ses genoux.

“Lucas Larivée n’a pas voulu me donner son adresse”

“J’ai d’abord pensé que c’était gentil de sa part de s’occuper d’elle”, admet Théo C. “On avait convenu qu’en cas de déplacement, il devait m’appeler ou une heure plus tard”. “Puis, j’ai jamais eu de nouvelles et quand je suis revenu au bout de 40 minutes, il n’y a plus personne”.

“J’ai directement essayé de l’appeler et il a fini par me répondre”, dit-il, “quand il m’a répondu, il était en plein acte sexuel, mais en assurant que ce n’était pas avec Justine”. “Je me suis dit que c’était peut-être elle”.

“Là, je me pose des milliards de questions, je me demande si j’ai bien fait de lui faire confiance, je panique”. Pendant tout ce temps, Théo C. affirme être resté au niveau de la voiture de Justine Vayrac, “au cas où elle revenait”.

Le jeune homme a renvoyé des messages à Lucas Larivée. “Par message, il se foutait complètement que je sois en panique et de Justine”. “Il a commencé à me parler d’un Noé et n’a pas voulu me donner son adresse”.

“Qui es tu, toi ?” : la rencontre avec l’accusé

“Justine et Lucas se sont parlés et j’ai vu un petit smack entre les deux donc je me suis dit qu’ils se connaissaient bien”, continue Théo C. Il ajoute que l’accusé lui a dit d’un ton “méfiant” : “Qui es tu, toi ?”

Après les présentations, ils se sont tous les trois dirigés vers la voiture de Justine Vayrac, car elles voulaient s’y reposer. “Lors de la deuxième sortie, elle ‘tanguillait’ un peu, mais pas non plus au point que je doive la porter”.

“Elle était sûre d’avoir été droguée, et on l’a rassuré”, continue le jeune homme, “elle a vomi et Lucas m’a proposé de prendre soin d’elle”. “Je ne le connaissais pas donc j’ai préféré échanger nos numéros en le vérifiant en l’appelant, j’ai demandé à voir sa carte d’identité et une amie m’a confirmé le connaître”. Après avoir placé Justine Vayrac, il est ensuite retourné rejoindre ses amis dans La Charette.

Justine Vayrac a eu peur d’être droguée en boîte de nuit

“J’ai moins bu, car je me sentais responsable de gérer les gens”, explique celui qui était à l’origine de la soirée et de la réservation à la discothèque La Charette. Avant, le groupe d’amis avait passé la première partie de la soirée dans un bar de Brive.

“Comment s’est comportée Justine dans la boîte de nuit ?”, demande la présidente. “Elle dansait, elle buvait comme tout le monde”, répond-il. “Puis, elle a paniqué parce qu’elle pensait que quelqu’un avait mis quelque chose dans son verre”. Ce verre suspect était une coupe de champagne. “Pour la rassurer, je l’ai goûté et bu, je n’ai rien remarqué”.

Lorsque Justine Vayrac veut sortir elle dit : “Je me sens pas bien, je veux prendre l’air, je crois que je vais vomir”. Elle sort avec Théo C. pendant 10 minutes avant de re-rentrer. Peu de temps après, ils ressortent pour les mêmes raisons et à ce moment, ils rencontrent Lucas Larivée.

“Justine était une belle personne, brillante, qui avait des projets”

“J’ai rencontré Justine Vayrac lors de sorties en boîte de nuit via des amis communs”, affirme Théo C., “c’était une belle personne, brillante, qui avait des projets pour le petit…” “Elle parlait beaucoup de son fils, il avait une place importante dans da vie”, ajoute-t-il sous l’impulsion de la présidente qui pose les questions.

“Elle était toujours souriante, donc je ne sais pas si elle avait des fragilités”.

Théo C., l’ami de Justine Vayrac, dernière personne a l’avoir vue vivante, est à la barre

“Vous fatiguez les jurés !”

“Vous fatiguez les jurés”, lance une assesseure après de nouvelles contextualisations de Me Labrousse. L’avocat tulliste est outré par la remarque.

Une fois de plus, la présidente lui a demandé de poser des questions en rappelant le retard pris dans les débats. Face à lui, certains sont visiblement exaspérés. “Je souhaite que ce que vient de dire l’assesseure soit notée”, lance l’avocat. “Notez !”, lui rétorque-t-elle, excédée. “Nous finissons tous les jours à 22 h et certains jurés ont plus de 30 minutes de route pour venir, c’est objectif de penser qu’il puisse être fatigués”. “Dans un procès équitable, les jurés doivent être en forme pour donner une décision”, oppose l’avocat.

Un dialogue de sourds s’engage et la fin de l’intervention de Me Labrousse finit dans les réprobations et un certain chaos.

Me Michel Labrousse choque l’assistance sur les violences subies par Manon R.

Après de longues inutiles circonvolutions, parfois jugées inutiles par la cour, Me Labrousse arrive au sujet de la réaction de Manon R. à l’étranglement subi.

“J’ai pleuré parce que je me sentais sale”, dit Manon R. à l’avocat de la défense. “Pour ce qu’il a fait et le fait que je me sentais sale d’être avec lui alors que je venais de me séparer de mon ex”. On comprend que sa relation précédente a pris fin car son ex-compagnon était violent. “Cela a fait écho”, dit-elle à propos de l’étranglement.

Me Labrousse choque la salle en demandant à la témoin de préciser sur les violences vécues dans sa vie. Plusieurs personnes quittent la salle en claquant la porte. Des exclamations outrées s’élèvent du public. La présidente reprend l’avocat et assure à la victime qu’elle n’est pas obligée de répondre. Celle-ci, en pleurs, refuse de répondre.

“Les traces que j’ai eues sur le cou sont restées une semaine”

Après l’étranglement subi, “les traces que j’ai eues sur le cou sont restées une semaine”, répond Manon R. à une question de Me Guillot, qui estime que cela semble “éloigné d’un simple jeu sexuel”.

Sur le fait qu’elle a mis longtemps avant de réaliser : “Jusqu’au procès, je pensais qu’il y avait une faille quelque part”. “Ma mère me disait de réaliser, mais je n’arrivais pas”.

“Y a pas de mots”, pour décrire l’accusé, selon la jeune femme qui fond en larmes à la barre. La voix nouée, elle répond difficilement aux questions.

Le lendemain, “il était silencieux, il ne parlait pas”

“Il était silencieux, il ne parlait pas”, raconte-t-elle sur le trajet de retour du lendemain. “Un téléphone a sonné par terre dans la voiture et il m’a dit que c’était celui de son entreprise, cela m’a paru crédible”. “Il me semble que c’était une sonnerie d’IPhone”.

“On a continué la route et il a augmenté un peu la musique de la radio, il m’a ramenée chez mon amie, et puis voilà…” Lors de l’enquête, elle avait confié qu’il s’était quitté sans se dire au revoir. “Il est reparti super vite”, précise-t-elle aujourd’hui.

“Il m’a serré le cou, il me regardait sans me regarder, son regard était vide”

“Votre rapport sexuel était-il protégé ?” “Je crois que non”, dit-elle avant d’ajouter : “La première fois, c’était normal, mais la deuxième fois, il m’a serré le cou et quand je lui ai dit d’arrêter, il ne m’a pas entendu, il me regardait sans me regarder, son regard était vide, il a arrêté à ma deuxième alerte”.

La jeune femme mime l’étranglement, “j’ai senti sa main s’enfoncer et j’ai dit ‘oh'”. “J’ai eu peur parce que je suis asthmatique et j’ai haussé le ton”.

Après l’étranglement, la jeune femme serait allée dans les toilettes. “J’ai quelques souvenirs, des flashs, je me revois dans les toilettes” en train de pleurer.

Au tour de Manon R. de se présenter à la barre

Manon R., qui a passé la fin de la nuit avec Lucas Larivée, est à la barre. Il s’agit donc de la jeune femme qui est allée chez l’accusé juste après la mort de Justine Vayrac, sans avoir connaissance des faits.

“On s’est connu par des amis en commun et on s’est fréquenté un petit moment”, déclare la jeune femme, “notamment en sortie de discothèque, j’ai dormi chez deux ou trois fois”. La présidente lui fait préciser qu’ils couchaient ensemble, “sans sentiments”.

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À La Charette, la boîte de nuit où l’accusé et la victime se sont rencontrés, “il a tenté une approche, mais j’ai refusé”. “J’ai continué ma soirée de mon côté”, explique-t-elle en précisant que sa nuit a continué chez quelqu’un.

Vers 6h, Manon R. a appelé Lucas Larivée car elle voulait quitter l’endroit où elle était et “c’était la seule personne que je connaissais dans le secteur”. “Sur la route, il roulait vite, j’ai eu peur parce qu’on s’est pris le fossé”, précise-t-elle, “il a rigolé”. “Chez lui, on a couché ensemble et le matin au réveil, j’étais toute seule”.

L’avocate générale intervient pour s’indigner de ce moment et du retard des débats, “au 4e jour, les victimes n’ont toujours pas pu parler”

Moment incompréhensible autour d’une bouteille de rhum

Une photo d’une bouteille de Captain Morgan, trouvée dans le coffre de l’accusé, est diffusée à la cour à la demande de Me Labrousse. Elle est pleine et l’avocat nie le fait qu’elle soit remplie. Incompréhension dans la salle. La présidente s’étonne de devoir lui expliquer pourquoi la dite bouteille est pleine. Le public ne peut s’empêcher de réagir, la salle s’agite. Le moment est lunaire. Pour rappel, les débats ont déjà plus d’une demi-journée de retard.

Me Labrousse continue d’ergoter sur le remplissage de la bouteille et la présence du bouchon. Il est impossible de ne pas se demander si l’avocat de la défense n’a pas choisi, stratégiquement, de faire trainer les débats en longueur.

Dans son box, Lucas Larivée observe son avocat chercher, on ne sait plus trop quoi, dans ses dossiers. Pause dans les débats, la salle est silencieuse mais surtout plongée dans l’incompréhension. Me Labrousse finit par lâcher le micro sans que la salle ne comprenne où il venait en venir. “J’ai une mauvaise vue et je ne suis pas alcoolique donc je ne sais pas comment cela marche”. La salle est consternée.

Une photo de Lucas Larivée, le soir des faits, diffusée à la cour

Maé N., la deuxième jeune femme présente le 22 au soir ne témoigne pas mais sa déposition est lue par la présidente. Elle a confirmé avoir bu du rhum Captain Morgan de la bouteille commandée par Lucas Larivée au Sweet. Elle a témoigné qu’il “n’était pas apte pour conduire”. Elle a confirmé son alcoolisation et son état de fatigue lié “à l’enchaînement de soirées”.

Une photo de Lucas Larivée prise par Julie C., le soir du 22 octobre 2022, est diffusée. L’image est un selfie, où l’on y voit le jeune homme au visage rougi qui semble confirmer un état de fatigue et une alcoolisation ce soir-là.

“Je veux juste qu’il dise la vérité pour que la famille de Justine puisse faire son deuil”

“Considérez-vous comme une amie de Lucas Larivée ?”, questionne Me Labrousse, son avocat. “Je ne sais pas, j’aimerais qu’il dise tout ce qu’il sait, qu’il soit sincère”, dit-elle, “je ne sais pas si je serais capable de lui parler”. Julie C. fond à nouveau en larmes.

La famille et les proches de Justine Vayrac sont encore nombreux pour ce quatrième jour de procès. Avec, toujours au premier rang face à la cour : Vincent le père, Arnold le beau-père et Marina la mère de la victime.

Me Michel Labrousse attaque maintenant la presse qui aurait “dit que Lucas avait commis un meurtre et un viol”, “c’est les médias qui vous ont alimenté ?” Julie C., surprise, répond qu’elle a effectivement suivi l’affaire via la presse mais qu’elle a aussi eu des informations lorsqu’elle a été auditionnée par les enquêteurs. “Mais s’il était acquitté, cela changerait quelque chose ?” “Non je ne pense pas, je veux juste qu’il dise la vérité pour que la famille de Justine puisse faire son deuil et que sa famille avance”.

Lucas Larivée consommait-il du “poppers” ?

Me Guillot, l’avocat de la famille de Justine Vayrac, prend la parole, d’une voix très posée. Il demande à la jeune fille de confirmer que Lucas Larivée avait du succès et enchaînait les conquêtes. Ce qu’elle fait.

Question suivante de la présidente : “Avait-il des addictions ?” “Tabac et alcool, je pense”. Dans ses auditions, elle avait dit que Lucas Larivée consommait du “poppers”. Il s’agit d’une substance qui s’inhale très appréciées des jeunes en soirée. Précision : le “poppers” n’est pas classé comme stupéfiant dans la loi française. Sa consommation à des fins festives est cependant extrêmement controversée. “Ça tournait dans les soirées”, précise la jeune femme.

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L’avocate générale Abrantes continue : “Etait-il le copain raisonnable du groupe ?” “Je ne peux pas vous dire, mais notre groupe d’amis buvait beaucoup, mais il prenait souvent le volant pour rentrer”.

Quand il a voulu la ramener le 22 au soir, alors qu’il était alcoolisé : “Je ne voulais pas, mais c’était un acte de bienveillance de sa part”.

“Je lui ai ouvert ma porte, ça aurait pu être moi”

Julie C. craque au moment de raconter le moment où elle et ses amies ont compris que Lucas Larivée était le suspect principal. “C’est dramatique, on ne voulait pas y croire, ça ne devrait pas se passer…” Elle prend un temps de pause. “C’est dramatique pour les familles”.

“Je lui ai ouvert ma porte, ça aurait pu être moi”, dit-elle en pleurs. L’accusé baisse la tête.

Le témoignage continue : “Je n’ai jamais vu de gestes déplacés, même si j’ai un point de vue très extérieur, je ne suis pas une amie proche”. “Il avait une aisance sociale et il plaisait aux filles”, confirme-t-elle.

Retour sur le début de soirée de Lucas Larivée du 22 octobre 2022

“Nous nous sommes retrouvés au Sweet à Brive”, détaille la jeune femme sur la soirée du 22 octobre, “nous sommes rentrés plus tôt avec mon amie, après la fermeture du bar”. “Nous avions consommé de l’alcool mais pas de la bouteille de rhum qu’il a commandé”. Seul Lucas Larivée a consommé le contenu de cette bouteille mais la témoin ne se souvient s’il l’a terminée.

“Je l’ai trouvé très fatigué dans le bar, on l’était tous”, confie-t-elle, “à la sortie du bar je lui proposé de rentrer comme je l’ai vu prendre la voiture”. La veille, ils étaient à une fête d’annivers “qui a duré jusque tard”.

“Il y avait de la fatigue et l’alcool, il avait les yeux rouges”, continue-t-elle à propos de l’accusé assurant qu’il a alors dit qu’il voulait continuer la soirée, après la fermeture du Sweet. Dernière communication plus tard dans la nuit : un texto de Lucas à la jeune femme affirmant que la fin de soirée s’était bien passée, “il y avait un emoji pêche”, dit-elle.

Julie C., une amie de soirée de Lucas Larivée, témoigne

Le premier témoin du jour est Julie C., une infirmière de 25 ans, qui a passé une partie de la soirée du 22 octobre avec l’accusé.

“J’ai rencontré Lucas lors de soirées par des amis communs sur Brive”, raconte la jeune femme qui ne vit plus dans la région et témoigne en visio-conférence. “Je suis allé quelques fois chez lui, avec des amis, dans un cadre festif”.

Lucas Larivée se montre calme et impassible, comme tous les matins depuis une semaine. Dans le box des accuses, il est assis penché vers l’avant et écoute le témoignage de Julie C. les yeux rivés sur l’écran accroché sur le mur en face de lui. Son frère et son père sont présents, ainsi qu’un partie du reste de ses proches.

Ce matin, les parents de Justine Vayrac seront à la barre

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Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré à la quatrième journée du procès de Lucas Larivée

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