March 18, 2026

Meurtre de Justine Vayrac : les larmes d’un père, le cri d’une mère… pourquoi les rapports des médecins légistes ont glacé la salle d’audience

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Le procès pour le meurtre de Justine Vayrac plonge la cour d’assises de Tulle dans une tension extrême. Les médecins légistes décrivent une strangulation volontaire, tandis que l’accusé maintient la thèse d’un acte sexuel accidentel.

La cause de la mort : asphyxie mécanique par strangulation au lien. Pourtant, ce mardi, face à la cour d’assises de Tulle (Corrèze), l’accusé Lucas Larivée défend une relation sexuelle qui tourne mal, une main sur un cou et une pression “un peu forte” quand il raconte le décès de Justine Vayrac. Cette dernière, âgée de 20 ans, a perdu la vie dans la nuit du 22 au 23 octobre alors qu’elle sortait en boîte de nuit avec des amis à Brive-La-Gaillarde.

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Deux médecins légistes sont appelés à la barre. L’un a participé à la levée de corps (lorsque la victime a été découverte enfouie sous terre) et l’autre à l’autopsie. À l’évocation de ces constatations, Vincent, le père de Justine, qui n’avait qu’une seule fille, quitte la salle. Ses yeux sont larmoyants. Scout, le chien d’assistance mis à disposition par France Victimes, l’accompagne à l’extérieur. Quelques minutes après, c’est le cri d’une mère qui déchire le procès. Marina, maman de la jeune femme, craque. Elle aussi quitte les lieux, suivie par son compagnon Arnold, beau-père de Justine qui a rencontré l’enfant alors qu’elle n’avait que huit ans. Après leurs départs, Lucas Larivée, souvent décrit comme “froid”, flanche sous le poids des émotions.

Aucune trace de sang sur le godet

Sur la plaie constatée sur le visage de Justine, les médecins légistes mettent la faute sur un objet contendant. “Une pelle ?”. Possible. Cependant, l’avocate générale s’étonne de ne pas retrouver de sang sur le godet de l’engin télescopique avec lequel Justine a été enterrée.

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Les experts montrent également la présence de deux hématomes à l’intérieur de l’utérus. “Un rapport d’intensité moyenne n’en provoque pas ?”, questionne la présidente. “Ça dépend, chez la plupart des gens, non”. Pour rappel, Lucas Larivée parle d’une relation consentie et d’un rapport “un peu vif”.

“30 secondes. Une minute. Ça fait long…”

Les médecins légistes mettent en avant un “sillon cervicale qui correspond au lien que Justine avait autour du cou”, ainsi qu’une fracture du larynx, nécessitant une “forte pression”. La Dr poursuit : “On a essayé de retirer le lien ou d’y passer un doigt mais nous n’avons pas réussi. Nous avons dû le couper”. La ficelle de couleur bleue était nouée autour du cou de la victime. L’expert décrit : “Dans ce cas, la victime a perdu connaissance en trente secondes maximum et la mort intervient en trois minutes”. L’avocate générale demande comment peut réagir la personne. “Elle manifeste qu’elle a du mal à respirer. Son visage devient rouge, elle fait des efforts pour se maintenir en vie puis elle devient bleue. La personne est agitée avant de perdre connaissance”. Elle ajoute, en réponse à une demande de la famille de la victime à travers leur avocat : “La personne a le temps de se rendre compte qu’elle a du mal à respirer, mais cela ne dure pas longtemps”. L’avocate générale lance un chronomètre sur son téléphone. Silence dans la salle. “30 secondes. Une minute. Ça fait long… Je vais m’arrêter là mais il faut le multiplier par trois”, lance-t-elle. L’accusé, lui, garde les yeux rivés sur ses baskets.

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L’experte se montre catégorique : une telle blessure ne peut être occasionnée accidentellement. Des photos du corps de Justine Vayrac sont diffusées. Plusieurs proches de la jeune femme quittent la salle en prévention. Ceux de Lucas Larivée aussi. La jeune femme n’est pas reconnaissable, le lien autour de son cou bien visible. Lucas Larivée jette des coups d’œil aux clichés avant de baisser, une fois de plus, la tête. Il ne la relèvera que lorsque son avocat, Maître Labrousse, remet en cause la méthode de levée de corps, puis les constatations de l’autopsie, semblant vouloir faire durer les débats jusque tard dans la nuit.

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