Les débris liés à une frappe sur un immeuble résidentiel, le 16 mars 2026, dans le centre de Téhéran, en Iran. GETTY IMAGES / GETTY IMAGES VIA AFP
Les frappes se poursuivent au Moyen-Orient, au 18ᵉ jour de la guerre qui embrase la région. Depuis son déclenchement, suite à l’opération militaire américano-israélienne en Iran le 28 février, près de 2 000 personnes auraient été tuées, selon les différents bilans des autorités, dont 886 au Liban d’après le ministère libanais de la Santé. Et plus d’un million de personnes y sont enregistrées comme déplacées.
• Israël bombarde Téhéran et le Liban
De fortes explosions ont secoué ce mardi dans la capitale iranienne, a rapporté un journaliste de l’AFP. L’armée israélienne a « lancé une vague de frappes à grande échelle contre les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran », a-t-elle écrit sur Telegram. Elle a ajouté avoir également « lancé une nouvelle vague de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth ».
Selon l’Agence nationale d’information (ANI) libanaise, des avions israéliens ont bombardé les quartiers de Kafaat et Haret Hreik, dans la banlieue sud de la capitale Beyrouth, et un raid aérien a visé un appartement dans les étages supérieurs d’un immeuble résidentiel de Doha Aramoun, dans le même secteur.
« Nous nous trouvons à un tournant historique », a déclaré à l’AFP le président israélien Isaac Herzog. « Un moment où, après des guerres sans fin pendant bien plus d’une génération, des bains de sang et de terreur, la cause profonde de tout cela, qui vient de Téhéran, sera bloquée et arrêtée, et la trajectoire de toute la région en sera transformée ». La disparition de « la menace iranienne » est « au cœur même des intérêts de sécurité nationale de l’Europe », a-t-il encore déclaré.
• Israël annonce « l’élimination » du dirigeant iranien Ali Larijani
Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé mardi « l’élimination » d’Ali Larijani, l’un des principaux dirigeants iraniens, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, après des frappes menées dans la nuit en Iran par l’armée israélienne.
« Le chef d’état-major vient de m’informer que Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, et Soleimani, chef du Bassidj – l’appareil répressif central de l’Iran, ont été éliminés hier soir », a déclaré Israël Katz dans un message vidéo.
« Le Premier ministre [Benjamin Netanyahu] et moi-même avons donné pour instruction à l’armée israélienne de poursuivre sans relâche les dirigeants du régime de terreur et d’oppression en Iran », a précisé le ministre. Avant d’ajouter que l’armée israélienne « poursuit ses opérations en Iran avec une grande intensité, en ciblant les ressources du régime, en neutralisant ses capacités de lancement de missile », se félicitant du « démantèlement » de la Révolution islamique. Le 28 février, le guide suprême Ali Khamenei et une partie de sa famille avaient été tués lors des frappes américano-israéliennes, remplacé depuis par son fils Mojtaba Khamenei.
• L’Iran et le Hezbollah attaquent Israël
Les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir lancé une nouvelle vague de frappes de missiles et de drones, visant « avec succès » des infrastructures militaires en Israël ainsi que la base américaine d’al-Udeïd au Qatar, la plus grande installation militaire des Etats-Unis au Moyen-Orient, selon les agences Mehr et Fars. Tôt mardi, l’armée israélienne « a détecté des missiles tirés depuis l’Iran en direction du territoire de l’Etat d’Israël », a-t-elle écrit sur Telegram.
Par ailleurs, l’organe de renseignement des Gardiens a indiqué que « dix mercenaires, des traîtres, ont été identifiés et arrêtés », dans la province du Khorassan Razavi (nord-ouest), selon l’agence de presse ISNA, sans préciser leur nationalité.
Le Hezbollah a revendiqué mardi matin plusieurs attaques à la roquette contre des soldats israéliens près de Khiam, Maroun al-Ras et Meiss El Jabal, villages situés dans des régions frontalières du sud du Liban où Israël a annoncé des « opérations terrestres limitées ». Le groupe pro-iranien a également affirmé avoir visé deux chars israéliens à l’aide de missiles.
• Les Emirats et le Qatar ciblés
Plusieurs attaques ont été recensées dans les pays du Golfe. D’abord à Abou Dhabi, aux Emirats arabes unis, où « la chute de débris dans le quartier de Bani Yas, après l’interception d’un missile balistique par les défenses aériennes a entraîné la mort d’un ressortissant pakistanais », ont indiqué les autorités émiraties dans un communiqué sur X. La veille, un ressortissant palestinien avait été tué en périphérie de la capitale émiratie lorsqu’un missile avait frappé sa voiture.
La zone industrielle pétrolière de Fujaïrah, sur la côte est des Emirats arabes unis, a été visée mardi par une nouvelle attaque de drones qui a provoqué un incendie, sans faire de blessés, selon les autorités locales. L’Iran a tiré plus de 1 900 missiles et drones sur les Émirats arabes unis, un nombre supérieur à celui de tout autre pays ciblé par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Dans l’émirat voisin de Dubaï, un journaliste de l’AFP a entendu trois explosions après qu’une alerte sur les téléphones mobiles a averti la population d’une possible attaque de missile. Au Qatar, des explosions ont également été entendues et les autorités ont dit avoir intercepté une attaque de missile.
• L’Irak au cœur de frappes
Au moins quatre personnes ont été tuées mardi à Bagdad dans une frappe aérienne visant une maison abritant des conseillers iraniens, selon des sources de sécurité et d’une faction pro-iranienne.
L’ambassade des Etats-Unis dans la capitale irakienne a, elle, été attaquée deux fois à quelques heures d’intervalle lundi et mardi. Une attaque de drones a par ailleurs visé lundi soir un des principaux champs pétroliers du sud de l’Irak.
Ces attaques sont intervenues peu après l’annonce par le groupe armé irakien pro-iranien Brigades du Hezbollah (Kataeb Hezbollah) de la « mort en martyr » de son « responsable sécuritaire » et emblématique porte-parole, Abou Ali al-Askari.
• Un tanker touché dans le golfe d’Oman
Un tanker a été touché par un « projectile inconnu » alors qu’il était à l’ancre dans le golfe d’Oman, près de l’entrée du détroit d’Ormuz, selon l’agence maritime britannique UKMTO. Le navire, dont il n’a pas été précisé s’il s’agit d’un méthanier ou d’un pétrolier, n’a subi que des dégâts « mineurs » et aucune victime n’est à déplorer, a ajouté cette source.
Après les attaques d’infrastructures énergétiques dans le Golfe, les cours du pétrole s’envolent de plus de 5 % ce mardi. Les inquiétudes persistantes sur l’offre de brut du Moyen-Orient et l’incertitude de la situation dans le détroit, cible privilégiée en tant que carrefour stratégique du commerce de l’énergie, justifient cette hausse.
• Macron convoque un nouveau conseil de défense
Le président Emmanuel Macron a convoqué un nouveau conseil de défense et de sécurité nationale mardi après-midi « sur la situation en Iran et au Moyen-Orient », a annoncé l’Elysée.
Ce nouveau conseil de défense réunissant les ministres et responsables chargés des questions de sécurité – le dernier remonte au 10 mars – intervient alors que Donald Trump fait pression sur la France pour qu’elle réponde positivement à sa demande d’aide pour la sécurisation du détroit d’Ormuz. Le président israélien Isaac Herzog a de son côté appelé lundi les pays européens à « soutenir tout effort visant à éradiquer » le mouvement islamiste libanais Hezbollah, allié de l’Iran.

