Installée à Montauriol, dans l’Aude, l’agence photographique Abaca Press est privée de connexion depuis six semaines. Son fondateur, Jean-Michel Psaïla, fustige l’inertie des opérateurs et l’insuffisance des infrastructures technologiques hors des grandes métropoles.
Jean-Michel Psaïla, président fondateur d’Abaca Press, deuxième agence de presse photographique française après l’Agence France-Presse, a choisi d’installer le siège social de son entreprise à Montauriol. Un choix assumé pour participer à la décentralisation et prouver qu’une entreprise internationale peut fonctionner en milieu rural. Mais depuis un mois et demi, l’agence se retrouve quasiment privée d’internet après la chute d’un arbre sur une ligne provoquée par les tempêtes Nils et Pedro.
“On a le sentiment de ne pas être pris en compte”
Selon le dirigeant, malgré de nombreux appels et signalements auprès d’Orange SA, aucune réparation n’a été réalisée à ce jour. L’opérateur indique que la ligne dépend d’un sous-traitant, Emeraude THD. “On a le sentiment de ne pas être pris en compte”, déplore Jean-Michel Psaïla. “On nous vend des abonnements professionnels, mais lorsqu’il y a un problème, les différents prestataires semblent se renvoyer les responsabilités”.
Pour une agence de presse internationale, la situation est critique. Abaca Press reçoit près de 400 e-mails par jour et diffuse en continu des reportages photographiques réalisés par des photographes présents partout dans le monde, y compris dans des zones de conflit. Faute de fibre optique, l’équipe tente de travailler avec une connexion 4G instable.
Au-delà de son cas, Jean-Michel Psaïla souhaite alerter sur la situation des entreprises rurales. “On nous encourage à développer l’activité en province, mais sans infrastructures fiables il est impossible de travailler correctement”, insiste-t-il, appelant à des interventions rapides et à une meilleure prise en charge des professionnels.

