Prévu pour 2026, le défi transatlantique de l’association Batar est reporté d’un an. Ce sursis stratégique vise la perfection technique et humaine pour l’Orkan, le drakkar le plus rapide du monde. L’aventure ne reste pas à quai : dès cet été, une expédition européenne d’envergure préparera l’équipage au grand saut vers New York en 2027.
Les amoureux de bateaux vikings devront patienter encore un peu avant de voir le drakkar Orkan, conçu aux cales de Radoub, à Toulouse, fendre les eaux de l’Atlantique Nord. Dans une décision digne des marins les plus aguerris, l’association Batar a annoncé le décalage de sa grande transatlantique à l’année 2027. “Un projet de cette envergure ne supporte pas l’approximation”, confie l’équipe. Pour traverser l’océan sur un drakkar, la préparation se doit d’être irréprochable.
Opportunité stratégique et réalisme technique
Ce report d’un an n’est pas un aveu de faiblesse, mais une opportunité stratégique. Yamina Picart, responsable de la communication de l’association, explique ce choix par une volonté de sécurité et de finition : “Nous avons pris du retard sur le chantier, car tout est bénévole. Ce report nous permet de continuer à travailler sur le bateau.” Actuellement à quai à Sète, au quai de la République, le navire subit ses derniers ajustements. Si la structure est prête, l’intérieur reste à aménager. “Il manque les couchages, la cuisine, le poste de navigation ou encore le radar”, précise-t-elle.
L’aspect financier pèse également dans la balance. L’association utilise ce délai pour stabiliser son modèle économique et solliciter de nouveaux partenaires. “Nous avons besoin de plus de temps pour trouver des sponsors et monter les dossiers nécessaires au financement”, admet Yamina Picart. Car Orkan n’est pas un simple navire : c’est le fruit d’une construction longue et méticuleuse, visant à créer le drakkar le plus rapide du monde. Ce géant de bois doit relier la Bretagne à New York en suivant la route mythique de Leif Erikson, via l’Écosse, les îles Féroé, l’Islande et le Groenland.

Cet été, une expédition d’envergure
L’aventure ne reste pas à quai pour autant. Dès l’été 2026, une expédition européenne d’envergure est programmée, ponctuée d’escales mythiques et de navigations intensives. C’est l’occasion idéale pour les futurs membres d’équipage, qu’ils soient professionnels ou amateurs, de rejoindre l’aventure. La sélection sera rigoureuse : seule la volonté, la capacité d’apprentissage et la cohésion permettront d’intégrer les trente places disponibles à bord.
Ce “test grandeur nature” durant deux mois permettra d’éprouver le navire en haute mer. “Ce sera l’occasion de tester la vie à bord sur plusieurs jours : la navigation, la cuisine, le sommeil, les équipes tournantes… Cela nous permettra d’identifier les problèmes éventuels”, souligne la bénévole. Entre solidarité et rigueur, le défi reste entier : battre le record de vitesse de pointe pour un drakkar de l’ère moderne et écrire, ensemble, une nouvelle page d’histoire sur les eaux glacées du Grand Nord. “Le projet avance même mieux qu’avant. Nous avons simplement besoin de temps et de bras”, conclut Yamina Picart, avec optimisme.

