Un conducteur russe, interpellé avec quatre sans-papiers dans un véhicule volé de la mairie de Tarbes, écope de six mois ferme et d’une interdiction de territoire.
Ce 1er mars, les policiers de la Police aux frontières qui veillent sur les sites de passage des Pyrénées-Orientales sont assez surpris de voir arriver d’Espagne une voiture estampillée aux couleurs de la mairie de Tarbes.
Un contrôle est décidé, le conducteur est russe, en séjour régulier en France. Mais les quatre passagers, d’origine maghrébine, sont sans papiers mais ce qui est plus surprenant, c’est que l’auto est recherchée, elle a été volée au préjudice de la mairie de Tarbes. Les cinq hommes sont auditionnés, le conducteur est traduit devant un tribunal. “Je ne savais pas qu’elle était volée, un collègue me l’a confiée avec les clés et les papiers” explique le conducteur lors de son procès, selon le récit de nos confrères de L’Indépendant. “Monsieur, il est écrit en lettres géantes “Mairie de Tarbes” sur le véhicule”, s’emporte la procureure. “Je ne sais pas lire” répond-il. “Ni voir un logo qui prend toute la portière ? Et comment les passagers sont-ils venus à vous ?” s’enquiert la présidente. “Un ami, le frère d’un ancien codétenu, m’a téléphoné pour que j’aille les chercher à Barcelone pour les conduire à Perpignan. Il m’a donné 150 € pour mes frais”, explique-t-il, avouant ne pas avoir posé de question.
Le parquet requiert trois mois ferme et une interdiction du territoire de cinq ans. “Il ne parle pas arabe, il n’a donc pas pu communiquer avec eux, précise Me Alauzet, et, vraiment, je ne vois aucun élément démontrant qu’il savait la voiture volée !” Le tribunal le condamnera à six mois ferme avec maintien en détention, le prévenu comptant déjà près de 30 mentions sur son casier.

