La directrice du Smectom Florence Rouch a présenté le bilan 2025. Si les résultats montrent une baisse des déchets enfouis et une progression du tri, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères incitative (TEOMi) continue de susciter des réactions contrastées chez les habitants de Foix.
Gestion des déchets, finances, taxe d’enlèvement des ordures ménagères incitative (TEOMi)… Florence Rouch, directrice du Syndicat mixte d’étude de collecte et de traitement des ordures ménagères (Smectom) du Plantaurel, a présenté le bilan 2025 et les perspectives pour 2026.
L’un des points majeurs abordés concerne la deuxième TEOMi, qui figurera sur les avis d’imposition de septembre 2026 et prendra en compte les déchets produits en 2025.
Une augmentation de la taxe
Pour certains habitants de Foix, la taxe incitative est pertinente et encourage les bonnes pratiques, mais son coût demeure un frein. “Je pense que c’est une bonne chose pour pousser les gens à trier leurs déchets, le vrai problème, c’est le prix”, explique Paul.
Santiago, un autre Fuxéen, déplore lui aussi ce coût : “Je trouve que la taxe est un peu chère. Et ils ne passent pas assez souvent.” Selon lui, cette mesure amène certains comportements : “Cela oblige les gens à garder les poubelles longtemps pour les remplir au maximum, sauf qu’en été il y a des problèmes d’odeurs.”
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Eva pointe quant à elle la proximité des points de dépôt ainsi que le fonctionnement du dispositif de cartes : “C’est normal qu’il y ait un système pour gérer les déchets, mais je ne suis pas forcément pour leur système de cartes.” Selon elle, cette installation ne favorise pas de meilleures habitudes : “Avant, les gens faisaient plus attention au tri, mais depuis qu’il y a cette carte, c’est le chaos. Les gens ne trient plus leurs déchets correctement, ils les déposent partout autour des conteneurs.” Elle insiste : “Surtout le dimanche, et ça devient un vrai désordre. On voit plein de poubelles partout, sans aucun tri, tout le monde met ses déchets où il y a de la place et pas forcément dans le bac approprié.”
Comment se calcule la TEOMi ?
Pour rappel, la TEOMi se compose de deux éléments. La première est la portion fiscale, qui est calculée sur la base locative votée chaque année par les intercommunalités. La seconde part est la part variable, qui dépend du volume réel d’ordures ménagères collectées sur l’année. Le tarif au litre de cette part modulable est fixé par les délégués du Smectom et permet d’établir une grille pour les bacs et conteneurs.

Ces deux parts sont ensuite additionnées pour obtenir la TEOMi. Pour les déchets produits l’an dernier, le tarif s’élève à 0,056 € par litre pour les apports volontaires, soit 3,36 € pour un sac de 60 litres. Les usagers disposant d’un bac individuel paient 0,070 € par litre, ce qui correspond à 8,40 € pour la levée d’un bac de 120 litres.

Une amélioration des pratiques
Pour autant, les habitants ont amélioré leurs pratiques de recyclage : 7 083 tonnes d’emballages ont été envoyées au centre de tri, en nette hausse par rapport à l’année précédente. “On ne trie que les emballages”, rappelle Florence Rouch. Les déchets dangereux, électriques ou de soins doivent être déposés dans des points de collecte, et le don est encouragé pour les textiles, rappelle le Smectom.
Les ordures ménagères résiduelles ont également diminué, avec 31 670 tonnes enfouies à Berbiac, soit 11 % de moins qu’en 2024. “On est dorénavant à plus de 10 300 tonnes en dessous de notre autorisation préfectorale”, précise la directrice.
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La taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), qui est payée pour l’enfouissement, reste un poste lourd pour le budget. “LA TGAP est due par les exploitants d’installations de traitement des déchets par stockage et incinération (comme le Smectom, NDLR). Le tarif est fixé annuellement et s’exprime en euros par tonnes de déchets réceptionnés. On est passé de 17 € à 70 € la tonne”, explique Florence Rouch, qui souligne ce coût global : “Ça a coûté la modique somme de 6 122 000 € au Smectom. Avec, j’aurais pu acheter 24 camions poubelles. Or, sur la même période, je n’ai pas réussi à renouveler mon matériel roulant.”

