Le groupe automobile Pujol, basé à Agen, a été placé en redressement judiciaire par le tribunal de commerce mercredi 4 mars. Fragilisé par la dégradation du marché, le concessionnaire entame une période d’observation tout en poursuivant son activité.
“Quand un rhume traîne, ce sont les plus vulnérables qui subissent en premier…” Derrière cette métaphore, David Pujol dresse un constat amer du marché automobile actuel. Le groupe agenais Pujol s’est déclaré en cessation de paiements. Le tribunal de commerce d’Agen l’a placé en redressement judiciaire ce mercredi 4 mars.
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Fondé en 1993 par Serge Pujol, le père de David, le groupe s’est développé autour de plusieurs activités : concession automobile, réparation, location de véhicules et carrosserie – seule cette dernière branche n’est pas concernée par la procédure.
Un marché automobile en baisse de régime
Pour David Pujol, la décision n’a pas été facile à prendre. Mais le diagnostic est sans appel : “l’activité automobile a chuté”. “Le marché national a baissé ces trois dernières années”, soupire-t-il. En février 2026, en France, les ventes de voitures neuves ont encore diminué de 15 % par rapport à février 2025. Le pouvoir d’achat chute. En parallèle, le prix des véhicules grimpe. Un mauvais cocktail pour les clients… et pour les vendeurs.
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Pour autant, le fils de Serge Pujol, fondateur du groupe, tient à rassurer. Le redressement ne signifie en aucun cas l’arrêt de l’activité. “On continue d’accueillir nos clients comme d’habitude, indique-t-il. Le placement en redressement judiciaire permet simplement de figer nos dettes et de préparer un plan de continuation. Nos employés [au nombre de 68, ndlr] ne sont pas menacés.”
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Une période d’observation
S’entame alors une période d’observation de six mois. Une phase clé, durant laquelle un administrateur judiciaire est désigné pour analyser les comptes. Pendant ce temps de “pause”, le groupe doit montrer qu’il peut payer ses dettes. Et, ainsi, prouver qu’il est en capacité de poursuivre son activité.
Au terme de cette période, trois issues sont possibles. Le tribunal de commerce peut valider un plan de redressement, décider la cession totale ou partielle du groupe à un repreneur, ou bien prononcer la liquidation judiciaire si aucune solution viable n’émerge.
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Malgré tout, David Pujol n’est pas fataliste. Au contraire. Il refuse de céder au pessimisme. “On va préparer un plan prévisionnel. Il faut qu’on soit confiants. En attendant, on va continuer à vendre des véhicules.”

