March 11, 2026

"On n’a croisé personne, pas un sentier, pas une habitation" : elle raconte son expédition de plus d’un mois au cœur de la Tasmanie

l’essentiel
Isia Mook et Guillaume Weecxsteen se sont lancés dans une traversée de plus de 30 jours en Tasmanie. À l’issue de ce périple, un livre et un film ont été publiés, retraçant les nombreuses péripéties et aventures qu’ils ont vécues ensemble.

Au marché de Foix, les allées, bondées de passants et de marchands, regorgent d’habits, de montres, bijoux, créations et de fleurs, rendant le lieu particulièrement vivant. Ce jour-là, Isia Mook, Haut-Alpine récemment installée en Ariège, présente son livre “Au-delà des sentiers”, qui raconte un long périple en Tasmanie avec son copain Guillaume Weecxsteen.

Sa passion pour les voyages aventureux ne vient pas de nulle part. Née dans les Alpes, elle découvre cette ferveur par un intermédiaire familial : “j’ai toujours grandi plutôt à la montagne, proche de la nature, avec des parents qui m’ont toujours incitée à partir randonner, voyager et ils m’ont transmis vraiment ce goût de l’aventure”.

“Ça a été un déclic”

Son premier voyage seul arrive très tôt : à 16 ans, elle décide de partir au Pérou. “C’était à un moment où moi ce qui m’attirait c’étaient vraiment les animaux et j’avais envie de faire, pendant mes vacances d’été entre la première et la terminale, un volontariat dans la jungle, dans un centre de sauvegarde de la faune sauvage”.

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Un voyage mémorable pour elle : “Ça a été un déclic, j’avais déjà voyagé avec mes parents, mais là, je partais seule à l’autre bout du monde, je ne parlais pas espagnol et ça s’est très bien passé et ça m’a donné le goût après de continuer”, explique-t-elle.

“Pendant 25 jours, on était complètement autonomes en nourriture”

La suite de son parcours reste fidèle à cette passion. Elle s’oriente vers des études d’écologie et de protection de la nature, tout en multipliant les voyages. C’est finalement en Australie qu’une aventure donnera naissance à son livre. Lors d’un séjour en visa vacances-travail, elle découvre la Tasmanie, une île située au sud du continent australien. “J’ai eu un coup de cœur pour cette région. C’est très diversifié, il y a la mer, la montagne, c’est très naturel. Et surtout la côte ouest n’est pas habitée, ce ne sont que des réserves et des parcs”, explique-t-elle.

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Avec son compagnon, un voyage débute alors. “On s’est lancé pour faire cette traversée qui a duré 38 jours. Pendant 25 jours, on était complètement autonomes en nourriture”. L’expédition se déroule dans une solitude presque totale : “On n’a croisé personne, pas un sentier, pas une habitation. On était vraiment livrés à nous-mêmes dans la nature”.

“J’avais peur que tout mon matériel soit foutu”

L’aventure apporte aussi son lot de difficultés. Traversées de rivières, terrain difficile et météo imprévisible compliquent le périple. “On devait parfois traverser des rivières où on n’avait pas pied, donc à la nage, avec un sac de plus de 20 kg. On utilisait notre matelas gonflable comme un petit radeau pour transporter le sac”. Une mésaventure va pourtant perturber ce déplacement. “Le matelas s’est retourné et toutes mes affaires sont tombées à l’eau. J’étais en panique, j’avais peur que tout mon matériel soit foutu”.

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Malgré ces moments de tension, l’expérience fait naître l’envie de raconter. “Je savais que ça allait être incroyable et qu’il y aurait plein de choses à raconter. Tous les jours, j’écrivais dans un carnet”. Au retour, elle reprend ses notes et les enrichit de recherches sur la faune, la flore et l’histoire des peuples aborigènes qui vivaient autrefois dans ces territoires. Des vidéos ont aussi été prises lors de ce périple, donnant lieu à un film documentaire de l’aventure.

“On me disait qu’on n’y arriverait pas”

Avant le départ, néanmoins, les habitants étaient plutôt négatifs à propos de ce projet. “Quand je parlais de notre projet aux locaux, beaucoup étaient sceptiques. On me disait qu’on n’y arriverait pas, que ce n’était pas la bonne saison ou qu’on n’avait pas assez de nourriture”. La réussite de l’expédition a finalement suscité l’admiration. “Quand on racontait ce qu’on avait fait, les gens étaient vraiment touchés. Une dame s’est même mise à pleurer”.

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Aujourd’hui, cette expérience continue d’alimenter ses projets. Revenue en France, elle suit une formation pour devenir accompagnatrice en montagne. “Je commence déjà à encadrer des randonnées pour partager ma passion pour la nature et mes connaissances du milieu naturel”.

Et l’appel de l’aventure reste intact. “Un de mes rêves serait de faire une traversée en Asie centrale, au Tadjikistan ou au Kirghizistan. Ce sont des régions extrêmement sauvages, avec beaucoup de montagnes et des peuples nomades que l’on peut rencontrer”.

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