Récit
Depuis les premières frappes américano-israéliennes sur l’Iran, la capitale vit suspendue entre deux vertiges : les bombes et la fin possible du régime. Et du haut des immeubles, un photographe clandestin observe les fumées noires d’une ville en partie vidée par l’exode.
Pour couvrir la guerre en Iran, seules deux routes existent désormais. La première ne conduit nulle part car il est devenu impossible d’obtenir le visa nécessaire pour entrer dans le pays depuis les manifestations en janvier. La seconde mène à Erbil au Kurdistan irakien, à quelques dizaines de kilomètres seulement de la frontière iranienne. Cette région autonome est devenue l’un des principaux postes d’observation de la guerre. Mais depuis le samedi 28 février et les premières frappes américaines sur la capitale iranienne, l’aéroport international d’Erbil est fermé, conséquence directe des ripostes de drones iraniens qui visent les installations américaines dans la région. Ceux de Téhéran ont transformé le ciel du Kurdistan irakien en zone de guerre. Les vols civils ont disparu des radars. Les journalistes passent désormais par la Turquie, franchissent le poste-frontière d’Ibrahim-Khalil, puis descendent vers Erbil en voiture. Le trajet dure près de dix heures. Neuf check-points jalonnent la route. Les visages sont fatigués. La guerre est déjà là.
A la nuit tombée, j’arrive à Ankawa, quartier chrétien d’Erbil devenu refuge des journalistes, diplomates et dissidents iraniens. Ici, les habitants résument l’endroit en trois mots : alcool, sexe et cigarettes. Une enclave étrange au milieu d’une région où les frappes de drones sont devenues presqu…
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