Alors qu’ils pouvaient être sacrés ce samedi, les Bleus ont été battus à Murrayfield par une solide équipe d’Écosse qui a livré une énorme bataille (50-40). Tout se jouera la semaine prochaine lors de la dernière journée du Tournoi des VI Nations.
Quelle est votre analyse suite à cette défaite ?
50 à 40… On est déçus parce qu’on a perdu. On est déçus parce qu’on avait l’ambition de venir gagner ici. Sur le scénario du match, la victoire est cohérente et logique : c’est normal que les Écossais aient remporté ce match. Ils ont fait un grand match, ils nous ont pris dans les bases de rugby, dans les essentiels, au moins sur deux tiers du match. Le dernier tiers, il est pour nous, mais ça ne suffit pas puisqu’on reste à 10 points. Perdre ici, c’était une possibilité qu’on avait évoquée.
Quelles sont les bases du rugby dont vous parlez ?
On va dire tout ce qui est conquête, engagement, agressivité, présence collective sur les ballons à gagner en l’air ou au sol. Et puis, aussi, une équipe qui jouait en avançant avec la possession et une équipe qui jouait en reculant sans la possession.
Les Écossais ont bien géré la prise du milieu de terrain…
Ils l’ont très bien fait avec leur paire de centres en 12-13, leur animation.
Quel est le point de départ de l’enchaînement de faits négatifs ?
Si on reprend le match, ça commence par la conquête, la possession et ensuite leur domination sur la collision, le momentum, le fait qu’ils récupèrent les pénalités parce qu’on se met à la faute… Et, petit à petit, ils prennent le score, même si on a mené 14 à 7, ce qui est incroyable. Après, ce sont des matchs où on se prépare à tout et il peut tout arriver. Aujourd’hui, il est arrivé beaucoup de choses.
L’indiscipline, qui était le point noir de novembre et le point positif du début de Tournoi, est revenue… Comment on l’explique ?
Ce n’est pas faute de travailler dessus, d’avoir compris que c’était une clé pour exister à ce niveau-là. On est tous en phase avec ça. Les joueurs travaillent ardemment là-dessus et sont convaincus de la chose. Dans la discipline, il y a aussi des gestes à faire, à bien maîtriser pour ne pas se retrouver en difficulté. On le travaille avec beaucoup d’applications. Aujourd’hui, on a été pris, battus.
Au-delà de cette défaite, quel est le discours ? De se dire que vous pouvez encore gagner le Tournoi ?
On aura le temps. On a une semaine. Là à chaud, au moment où on se retrouve, on n’a pas le temps. Mais c’est clair qu’on est encore premiers au classement donc on a la possibilité de gagner la compétition et ça, c’est la vérité. Les joueurs sont allés chercher ce point-là, parce qu’il fallait aller chercher le bonus offensif et marquer quatre essais. On est quand même passés de deux à six essais, notamment avec la très bonne rentrée des finisseurs qui ont redonné de l’énergie à l’équipe et qui ont permis à l’équipe de marquer quatre essais et de revenir à 10 points. Ce n’est pas pour contrebalancer… On est déçus, on voulait faire beaucoup mieux, on était très ambitieux. On comprend la déception de nos supporters et on la partage, mais on est en course pour gagner la compétition. Il nous reste un match à Paris, samedi soir au stade de France. Vivre des choses comme ça, c’est notre quotidien donc on sait qu’on doit passer par là aussi pour traverser ces niveaux internationaux et ces compétitions.
Y a-t-il eu un excès de confiance avec toutes les louanges entendues et le fait de pouvoir gagner le Tournoi aujourd’hui ?
Je crois que les joueurs savent faire la part des choses. En tout cas, nous, on sait la faire, tous ensemble et on la partage. Honnêtement, je ne pense pas.
Avez-vous été surpris de la manière de jouer des Écossais ?
Honnêtement, on n’a pas vraiment été surpris sauf qu’on n’a pas réussi à faire ce qu’on avait décidé de faire. Mais, c’est toujours pareil, ça commence déjà par la conquête, le fait qu’ils vont pouvoir se projeter vers l’avant. On n’a pas vraiment été surpris par ce qu’ils ont fait, mais ils l’ont bien fait et ils nous ont mis en difficulté. Notamment leur milieu de terrain, la translation entre conquête et les deux passes au milieu de terrain.

