Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, le 15 janvier 2026. KHALIL HAMRA/AP/SIPA
Un missile balistique tiré depuis l’Iran et qui se dirigeait vers l’espace aérien turc a été détruit mercredi 4 mars par les systèmes de défense de l’Otan positionnés en Méditerranée orientale, a affirmé le ministère turc de la Défense, sans préciser la cible du missile. Un responsable turc a estimé par la suite, sous couvert de l’anonymat, que le missile visait Chypre.
L’Otan, alliance dont la Turquie est membre, a condamné l’incident. « L’Otan se tient fermement aux côtés de tous les alliés, y compris la Turquie, au moment où l’Iran poursuit ses attaques indiscriminées dans toute la région », a réagi sa porte-parole Allison Hart. Voici ce que l’on sait.
• Un missile « neutralisé à temps »
« Un missile balistique tiré d’Iran, se dirigeant vers l’espace aérien turc après avoir survolé les espaces aériens irakien et syrien, a été intercepté et neutralisé à temps par les éléments de défense aérienne et antimissile de l’Otan déployés en Méditerranée orientale. […] L’incident n’a fait ni victimes ni blessés », a affirmé le ministère turc dans un communiqué publié sur X.
Un débris appartenant à une munition de défense aérienne est tombé dans le district de Dörtyol, dans la province de Hatay, dans le sud-est du pays, a aussi précisé le ministère turc de la Défense.
La Turquie « n’était pas la cible du missile » qui se dirigeait vers l’espace aérien turc, a de son côté déclaré un responsable turc à l’AFP. « Nous pensons qu’il visait une base militaire » à Chypre, « mais qu’il a dévié de sa course », a-t-il ajouté, après avoir requis l’anonymat.
• Des échanges tendus entre la Turquie et l’Iran
Après cet incident, les deux pays ont fait savoir leur position. La Turquie a convoqué l’ambassadeur d’Iran pour exprimer sa « préoccupation », d’après une source diplomatique turque. Le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan s’est entretenu avec son homologue iranien Abbas Araghchi. Lors de cet appel téléphonique, le premier a déclaré que « toute mesure susceptible d’entraîner une escalade du conflit devait être évitée ». Le second a expliqué « que les ripostes défensives de l’Iran contre les agresseurs américano-sionistes visent les bases et les cibles utilisées pour planifier et mener des opérations agressives contre l’Iran, et que cela est tout à fait conforme au droit international », selon des propos rapportés par l’agence iranienne Tasnim.
Le ministère turc de la Défense a réagi de manière vive. « Toutes les mesures nécessaires à la défense de notre territoire et de notre espace aérien seront prises avec fermeté et sans hésitation. Nous vous rappelons que nous nous réservons le droit de répondre à toute action hostile contre notre pays », a-t-il commenté. « Toute action hostile recevra la réponse appropriée dans le cadre du droit international. La consultation et la coopération avec l’Otan et nos alliés se poursuivront tout au long de ce processus », a quant à lui affirmé sur X le directeur des communications de la présidence turque Burhanettin Duran.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a également pris la parole. « Nous prenons toutes les précautions nécessaires en étroite concertation avec nos alliés de l’Otan. […] Nous effectuons nos avertissements avec la plus grande clarté afin d’éviter que de tels incidents ne se reproduisent », a-t-il dit.
• Des « attaques inacceptables » selon les Etats-Unis
La Turquie compte sur son territoire plusieurs installations militaires utilisées par les Etats-Unis et d’autres pays de l’Otan, notamment la base aérienne d’Incirlik, près de la ville d’Adana (sud).
L’interception de ce missile balistique a donc fait réagir les Etats-Unis. Le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio a jugé « inacceptables » les « attaques contre le territoire souverain de la Turquie », lors d’un entretien téléphonique avec son homologue turc. De son côté, le département d’Etat américain a promis dans un communiqué « le soutien total » des Etats-Unis à leur allié.
La Turquie déplore ce type d’action de la part de l’Iran. Les attques de représailles menées sans discernement par l’Iran contre de nombreux pays du Moyen-Orient constituent une « extrêmement mauvaise stratégie », avait estimé mardi le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, lors d’une interview télévisée.
Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait déclaré ce même jour que son pays déployait d’« intenses » efforts diplomatiques pour mettre fin à la guerre qui secoue le Proche-Orient depuis le début de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.

