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L’audience est suspendue. Reprise demain matin avec les plaidoiries
L’audience est suspendue sur une prise de becs entre avocats
Un imbroglio éclate entre les avocats. Me Novion n’a pas transmis des pièces à ses confrères avant présentation à la cour. Me Terquem et Me Demarcq fulminent. L’audience est suspendue sur cette passe d’armes.
La défense met en doute l’expertise vétérinaire
“Pour vous, ce chien a-t-il été entraîné à sauter en hauteur ou à mordre ?”, demande Me Novion à son client. “Sauter en hauteur”, répond succinctement Ellul.
“Sur les vidéos de Curtis en 2020, j’ai tout simplement vu un chien auquel on propose des choses à mordre”, continue l’avocat bordelais. “Que penser de cette stimulation artificielle pour un chien qui est dans une cage depuis plusieurs mois ?” Pour Christophe Ellul, “les situations dans lesquelles il a été mis dans les vidéos ne sont jamais arrivées”. “Ses réactions sont normales”, selon lui.
Selon Me Novion, l’expert vétérinaire a agi pour “valider” un dressage au mordant. “Quand on vient valider quelque chose, c’est qu’on l’a déjà dans la tête”.
“Elisa est morte en forêt de Retz, la même forêt où je faisais faire du boudin à Curtis”
“En bon père de famille, vous auriez dû faire attention à ces risques”
La procureure prend la parole pour rappeler une définition du mordant. Me Alexandre Novion s’approche de son client et se tient à ses côtés face à elle. “L’arrêté dit qu’en France, on n’a pas le droit de pratiquer le mordant”. Christophe Ellul utilisait un boudin dans lequel il faisait mordre Curtis pour tenir en l’air.
“L’infraction que l’on vous reproche, ce sont des fautes liées au fait que vous deviez connaître ces risques”, clame la procureure, “en bon père de famille, vous auriez dû faire attention à ces risques”. Christophe Ellul reste campé sur ses positions : “Pour moi, je ne faisais pas de mordant”.
“Que se passe-t-il si les chiens décidaient de ne pas lâcher la corde lors de l’exercice ?” “Ils lâchaient toujours”, assure le prévenu.
“Il tient bien à la force de ses crocs ?” : le débat continue sur le mordant
“Curtis a-t-il été entraîné à tenir le plus longtemps possible en hauteur à la force de ses crocs ?”, demande Me Demarcq, avocat de la société de vénerie. “J’ai déjà répondu à la question, il a fait du saut en hauteur”, élude Christophe Ellul. “Il tient bien à la force de ses crocs ?”, insiste le conseil. Le prévenu botte en touche et semble avoir repris du poil de la bête.
“Il faudrait peut-être prendre conscience”, conseille l’avocat, “vous pouviez ne pas savoir, mais il faudrait prendre conscience”. “C’est le mot compétition qui vous embête ?”, lui rétorque Ellul. “Moi, rien ne m’embête”.
L’expertise vétérinaire a établi que Curtis a pratiqué le mordant sportif, discipline interdite en France
Une expertise vétérinaire a étable que Christophe Ellul a bien fait faire du mordant sportif ou suspendu à Curtis. “Je ne savais pas que c’était du mordant”, répond le prévenu. La discipline est interdite en France et est considérée comme un acte de maltraitance animale.
La conclusion de l’expert vétérinaire est claire : “Le comportement de ce chien apparaît mal structuré”.
Christophe Ellul plaide l’ignorance. “Pour moi, c’était naturel de jouer comme cela”. “J’ai l’impression qu’on m’accuse de maltraiter mes chiens alors que je m’en occupais”, se tend le maître de Curtis. “Un chien peut être dangereux sans être agressif”, lui répète Armelle Radiguet. “Je dois répondre ?”, retourne-t-il. Réactions dans la salle.
“On ne saura jamais ce qu’il s’est passé pendant 1h20”
Christophe Ellul met en doute le fait que Curtis a pu blesser Elisa Pilarski sur 56 plaies. “Cela fait pas beaucoup ? Puisque vous dîtes qu’il mord et qu’il ne lâche pas, vous voyez ce que je veux dire”, dit-il à la présidente. “Monsieur Ellul, Curtis est resté seul pendant 1h20, on ne saura jamais ce qu’il s’est passé” dans ce laps de temps, lui oppose la magistrate.
Scène lunaire dans la salle d’audience
Les avocats et Christophe Ellul sont invités à venir regarder une vidéo de Curtis sur l’ordinateur de la présidente Radiguet. Pendant de longues minutes, ils font face à la salle les yeux rivés sur les écrans. Le public et les journalistes sont pour le moins médusés par la scène. Quelques rires s’élèvent dans la salle entre les bruits d’aboiements qui proviennent des ordinateurs des magistrats.
“Curtis n’a jamais fait de mordant”
Christophe Ellul énumère toutes les disciplines de sport canin qu’il faisait faire à ses chiens. De la course sur plusieurs distances, du saut en hauteur, en longueur… D’autres disciplines consistent à faire tracter des charges lourdes au chien ou à faire saisir des objets avec la mâchoire lors de sauts sur les murs.
Lorsqu’il lui est présenté des photos, le prévenu réfute avoir entraîné Curtis à mordre. “Il n’a jamais fait de mordant”. La présidente apporte une précision : “Vous dîtes que Curtis n’a jamais fait de mordant d’attaque, mais là on peut constater qu’il a fait du mordant de jeu”. “Moi j’appelle pas ça comme ça”, répond-il. “Le mordant d’attaque c’est ce que font les militaires ou les forces de l’ordre”.
“Faisiez-vous des compétitions à l’étranger avec les chiens et Elisa ?” Il répond : “En Belgique, en Hollande… Nous étions tous les deux, et c’est Elisa qui tenait Curtis”.
“Moi, je n’en peux plus”, Christophe Ellul a-t-il capitulé ?
“Ce chien, à qui on a appris à sauter, est-il un chien qui a mordu comme les légistes l’ont indiqué ?” Me Novion prend la parole pour venir à la rescousse de son client. “Où en êtes-vous ?” “Moi, je n’en peux plus”, souffle Christophe Ellul. La salle n’a pas compris où voulait en venir l’avocat du prévenu, qui semble avoir capitulé. “Il a juste envie que tout cela finisse”, lâche son avocat à la pause.
“Ce n’était jamais arrivé” : sous le feu des questions, Christophe Ellul craque à nouveau
La procureure relance Christophe Ellul sur le comportement agressif de Curtis, en lui rappelant que lui-même a minimisé, durant l’enquête, sa morsure à la gendarmerie : ” Votre chien n’est pas agressif , il est dangereux parce que quand il joue, il mord”. Le maître de Curtis accuse le coup.
“Ce n’était jamais arrivé avec mes autres chiens”, souffle le prévenu avant de pleurer. A la barre, il renifle et a du mal à parler.
“Aujourd’hui, je pense qu’on a les preuves”
Me Demarcq continue à faire parler Christophe Ellul : “C’est quoi la vérité?” Réponse : “Quand vous écoutez la présidente, ça ne peut être que Curtis. Aujourd’hui, je pense qu’on a les preuves.”
Christophe Ellul : “La présidente m’a donné les preuves que c’est Curtis”
“Est-ce que vous concevez que c’est une possibilité que Curtis a pu attaquer Elisa, au vu de ces témoignages ?”, demande l’avocat de la société de chasse, Me Demarcq. Christophe Ellul répond à côté selon l’avocat qui le coupe. “Les mensurations parlent d’elle-même, aujourd’hui, on m’a donné la preuve qu’il est coupable”.
Christophe Ellul admet pour la première fois que Curtis a pu être l’auteur de l’attaque mortelle sur Elisa Pilarski. Jusque là, il niait en affirmant qu’on ne lui avait pas apporté les preuves. “La présidente m’a apporté les preuves avec les mesures”, répète-t-il.
“Ce que je voulais, c’était avoir la vérité pour la famille d’Elisa, pour moi. Si je fais ce combat depuis sept ans, c’est pour ça. Aujourd’hui, je ne vais pas aller plus loin”. Christophe Ellul est-il en train d’admettre la “culpabilité” de Curtis ?
La présidente Radiguet pousse Christophe Ellul dans ses retranchements
Chritophe Ellul doit réagir et il confirme que Curtis a pu être agressif au point de mordre. Lui-même a été mordu deux jours après les faits au commissariat. “Même vous, il ne vous a pas loupé”, dit la présidente. “Oui, je sais madame”, répond le prévenu. Il a souffert de plaies au bras gauche et à la jambe droite. “4 points de suture et 4 ou 5 agrafes, ce n’est pas rien monsieur”, s’impatiente la présidente face au mutisme de son interlocuteur. “J’essaye de vous faire réagir”, lance-t-elle.
“Curtis n’a jamais été comme ça”, grommelle Ellul qui a du mal à expliquer le comportement de son chien. “Je sais que vous voulez le défendre, que vous tenez ou teniez à lui, mais à un moment, il va falloir élaborer”. La présidente perd patience. “On ne dit pas qu’il a déjà été agressif, ce qu’on veut savoir, c’est si Curtis n’a pas ce comportement en s’amusant ?”, expose Armelle Radiguet. “Si j’avais su, jamais j’aurais pris le risque de le laisser avec Elisa”, souffle le prévenu.
L’épisode de l’attaque de Curtis sur une bénévole de refuge
La présidente Radiguet aborde maintenant l’épisode durant lequel Curtis a attaqué la bénévole d’un refuge qui a accueilli l’animal après le drame. Elle le promenait, en laisse, en extérieur, puis au moment de rentrer dans son box, Curtis a sauté sur la bénévole avec ses deux pattes sur sa poitrine. Puis lorsqu’elle l’a repoussé, il est retombé et là, il l’a mordu plusieurs fois à la jambe sur la “face avant du tibia et le côté du mollet”. Le vétérinaire, présent, a tenté de le faire lâcher et rien n’y a fait, il a dû donner des coups de chaise sur la tête de Curtis pour qu’il lâche, difficilement.
“Je n’ai pas compris le comportement de Curtis qui ne s’est pas retourné contre le vétérinaire”, a témoigné la bénévole en 2020, “il a fait la fête”. “Il n’avait montré aucun signe d’agressivité, je ne connaissais pas le contexte, ni l’identité de ce chien dont je m’occupais pour la première fois.” La bénévole a reçu 15 points de suture.
Le vétérinaire aussi a témoigné après l’incident : “Les coups n’ont pas suffi et il a fallu tirer sur la laisse”. Détail troublant noté par le médecin : “Après, il a semblé apaisé comme après un jeu”. Il confirme que Curtis n’a montré aucun signe précurseur d’agressivité.
Me Xavier Terquem, avocat de la famille Pilarski, reste silencieux
Me Alexandre Novion affirme qu’il va produire des pièces, notamment “des photos de Patterdale” et “un article de presse d’attaque de chiens de meute”. La défense rappelle qu’elle s’est aussi vu refuser une expertise. Ce que confirme la présidente Radiguet.
Côté partie civile, Me Terquem, avocat de la famille Pilarski, reste stoïque. Appuyé sur le banc qui lui fait face, il écoute attentivement les débats depuis ce mardi, mais n’est que très peu intervenu. Une stratégie en complète opposition avec celle de la défense.
“Les mâchoires des chiens de chasse sont trop grandes pour correspondre”
La procureure prend la parole : “Les mâchoires des chiens de chasse sont trop grandes pour correspondre”, avec les plaies relevées sur le corps d’Elisa Pilarski. Elle explique à Christophe Ellul comment les mesures ont permis de pointer Curtis. Le prévenu acquiesce en grommelant. Elle procède à des explications techniques sur les mesures et les effets de morsures.
L’audience est reprise pour être à nouveau suspendue
Les magistrats et les avocats se retirent en salle de délibération pour consulter les photos des mesures des morsures sur le corps de la victime. Christophe Ellul est, lui, resté assis à sa place.
Temps de flottement dans la salle d’audience depuis de longues minutes. Me Terquem, avocat de la famille Pilarski, a quitté le conciliabule en soufflant. Il semble estimer que sa présence est inutile.
Une suspension d’audience est annoncée, Christophe Ellul craque
Christophe Ellul se prend la tête dans les mains, et semble fondre en larmes à l’évocation des détails du rapport d’autopsie. Son avocat parle des souvenirs que l’évocation de ce rapport auraient fait remonter mais aussi d’une certaine “fatigue morale” de son client.
“C’est du chinois pour moi, je ne suis pas expert”
Christophe Ellul reste silencieux, les mains croisées devant lui. Il finit par lâcher : “C’est du chinois pour moi, je ne suis pas expert”. “On ne peut pas avoir réponse à tout”, admet la présidente.
“Cela a été un travail de fourmi, c’est ce qu’on demande aux experts. Chaque mâchoire des chiens de chasse a été mesurée en haut, en bas et la même opération a été effectuée sur votre chien”, assure la présidente à Christophe Ellul.
“Avez-vous vu les moulages de la mâchoire de Curtis ?”, demande la présidente pour tenter de le faire réagir. “Non, j’ai pas envie”, marmonne le prévenu. Son avocat vient au soutien et demande des précisions sur des photos.
Les tailles de crocs comparées aux tailles des plaies, “compatibles” avec ceux de Curtis
“Les 62 chiens de chasse ont été analysés” et leurs mâchoires, mesurées, détaille la présidente. “Aucune difficulté n’a été relevée, les analyses ont été réalisées à mains nus sur tous les chiens de la meute”. Pour Curtis, sa mâchoire supérieure a été moulée. Les crocs supérieurs ont été mesurés à 4,4 cm et les crocs inférieurs mesurés à un peu moins de 4 cm.
“Aucune lésion sur Elisa Pilarski n’a été mesurée à plus de 3,4 cm”. La présidente affirme qu’il a été conclu, dans la première expertise, que ces mesures ont écarté une potentielle responsabilité des chiens de chasse.
Une contre-expertise a confirmé que de nouvelles mesures réalisées sur Curtis étaient “compatibles” avec les plaies relevées sur le rapport d’autopsie d’Elisa Pilarski. “Deux rapports, avec la même méthodologie, ont formulé les mêmes conclusions”, termine la présidente face à Christophe Ellul qui s’est levé.
“Au moins 56 plaies” : l’autopsie d’Elisa Pilarski est détaillée
La présidente Armelle Radiguet détaille le programme de l’après-midi. Le rapport d’autopsie va être dévoilé. La présidente propose à la famille Pilarski de quitter la salle, au vu des détails qui vont être exposés à la cour.
L’autopsie a été effectuée le 18 novembre, par deux médecins légistes nommés par la cour d’appel d’Amiens. “Le corps avait laissé en état”, précise la présidente. “Au moins 56 plaies ont été dénombrées, de tailles différentes”, dit-elle avant de les détailler une à une. “Je préfèrerais ne pas avoir à faire cela par égard pour la famille et monsieur Ellul”.
Pendant de longues minutes, la présidente Radiguet s’applique à énumérer les 56 plaies, leurs emplacements et leurs tailles. La famille d’Elisa Pilarski n’a pas quitté la salle. “Le décès fait suite à un choc hémorragique consécutif à plusieurs plaies”, est-il dit. “Il est difficile d’établir le nombre d’animaux”, “l’action de plusieurs animaux est probable”, a conclu l’autopsie. Le décès a été évalué à 13h30.
L’audience est suspendue et reprendra à 13h15
“Je te jure que c’est le dernier appel, Vincent”, échange tendu entre Ellul et l’oncle d’Elisa Pilarski
Vincent, l’oncle d’Elisa Pilarski, veut poser une question à Christophe Ellul et l’a fait savoir à la procureure. Il pose une question sur le dernier appel de la victime à son compagnon. Un dialogue de sourds s’engage. “Je te jure que c’est le dernier appel, Vincent”, répond directement le prévenu avant de reprendre l’oncle d’Elisa Pilarski : “Tu mélanges tout, j’ai essayé de la rappeler après”.
L’incompréhension est de mise entre les deux hommes. L’oncle de la victime somme Christophe Ellul de s’expliquer sur ses derniers mots à sa nièce. “T’as ta réponse Vincent, les derniers mots d’Elisa, c’est ça”, lance-t-il en se tournant vers l’oncle. “Il y a des choses pas claires”, déplore le Béarnais.
“Vous salissez l’honneur d’un officier de gendarmerie”
Les débats se tendent à nouveau concernant les expertises. La procureure intervient pour reprendre la défense sur les expertises faites sur les chiens qui ont été réalisées dans les règles de l’art. Ce que contestent Christophe Ellul, notamment par la voix de son avocat.
“Voilà de quoi on part, voilà de quoi partent les complotistes” : la parole à la défense
C’est au tour de la défense de s’exprimer. Le volubile Me Novion prend la parole sur le sujet du complot : “Les premiers intervenants, dans un rapport, privilégient l’intervention de plusieurs chiens. Un urgentiste, déjà confronté à des attaques de chiens, a assuré que cela devait être une attaque de meute”. Son développement tend à démontrer que 4 personnes ont parlé d’une attaque de meute. “Voilà de quoi on part, voilà de quoi partent les complotistes”, répond-il en pied-de-nez à la procureure.
L’avocat bordelais aborde ensuite un point précis, celui de la déposition d’une participante de la chasse à la gendarmerie : “Elle dit aux gendarmes qu’elle répète cette phrase depuis hier afin de ne pas se tromper. Elle a peur de se tromper ?” Il place donc la lumière sur le fait qu’une témoin aurait appris une déclaration par cœur et se demande pourquoi… “A part dire la même chose que quelqu’un d’autre ?”, appuie Christophe Ellul.
Le développement de Me Novion dure et les questions tardent à être posées. “Posez votre question”, presse la présidente Radiguet. Christophe Ellul n’a pas grand chose à dire à part valider les propos de son conseil.
Christophe Ellul repris par la présidente
Poussé dans ses retranchements, Christophe Ellul n’hésite pas engager le débat (parfois vivement) avec les avocats ou la procureure. Il reproche à cette dernière un ton qu’il juge trop accusatoire mais la présidente Radiguet le reprend. “Cette salle d’audience sert à s’expliquer”, lui dit-elle en assurant que la procureure est simplement dans son rôle. “Le procès doit se dérouler avec sérénité”. “D’accord”, marmonne le prévenu.
Au détour de cette explication de texte, la présidente confirme ce qui était attendu : le jugement sera mis en délibéré et ne sera pas connu demain. Il faudra donc attendre plusieurs semaines. “Le tribunal va prendre des semaines pour réfléchir à la décision qu’il rendra”.
“Je veux qu’on sache la vérité, pour moi, pour Elisa et les autres”, déclare par la suite Christophe Ellul.
“On dirait que vous essayez d’insuffler le complot dans ce dossier”
“Avez-vous crié : ‘Arrête’, comme l’ont dit plusieurs chasseurs ?”, demande la procureure Ortuno. Le maître de Curtis réfute. “J’ai juste crié les noms Elisa et Curtis”. Il insinue à nouveau qu’un mensonge aurait été répété par les chasseurs. Cela fait tiquer la procureure : “On dirait que vous essayez d’insuffler le complot dans ce dossier”. Le prévenu ne comprend pas, puis nie, quand son interlocutrice se répète. “Il n’y a pas de collusion. Les chasseurs en ont parlé ensemble et c’est normal. Mais ils ne cherchent pas à sauver leur peau à tout prix”.
“Vous comprenez qu’un chien de meute est incapable d’initier l’attaque d’Elisa ?”, dit la procureure. “Il faut juste assumer que vous avez une probable responsabilité dans cette affaire”. Christophe Ellul se tend, les deux mains accrochées à la barre…:
Tensions sur les expertises réalisées sur Curtis et les chiens de chasse
Le débat s’engage entre Christophe Ellul et Me Demarcq : “Est-ce que pour vous, c’est normal qu’on nourrisse les chiens tout de suite après la chasse ? Moi, après le sport, je mets toujours un temps de repos”. Il ne comprend pas pourquoi son chien a été examiné immédiatement après les faits, contrairement aux chiens de chasse qui l’ont été le lendemain.
“Les chiens de chasse et les vôtres ont eu les mêmes examens”, intervient la procureure. Christophe Ellul fulmine et ne peut s’empêcher d’intervenir, mais s’excuse auprès de la procureure. “Ils ont eu exactement les mêmes examens, ils ont été identifiés et photographiés. On sait quel chien était là, s’ils avaient du sang sur eux ou des plaies”, finit la magistrate. “Vous avez cru des choses qui vous ont mises en colère, mais c’est faux. Ils ont eu le même traitement dans les limites matérielles qui nous étaient imposées”.
Réponse de Christophe Ellul : “Alors, pourquoi la substitut du procureur vient sur les lieux et dit ‘bloquez tous les chiens’ et quand elle apprend qu’il n’y a plus les chiens de chasse, elle ne trouve pas ça normal ?”
“Curtis n’est pas dangereux”, clame Christophe Ellul
“Curtis est très sociable avec ses congénères”
Quel était le comportement de ces chiens ? “Je ne savais pas qu’il y avait une chasse à courre, je ne peux pas vous dire plus sur ces chiens, mais je crois qu’ils étaient calmes”, répond Christophe Ellul à un des assesseurs.
Le prévenu parle maintenant de Curtis : “Il est très sociable avec ses congénères, mais je ne le vois pas tirer sur la laisse pour poursuivre des chiens”. La question est de savoir si Curtis aurait pu devenir agressif en voyant les chiens de la meute de chasse à courre. “Je ne sais pas s’il a pu tirer, en tout cas, il ne l’a jamais fait”, répète-t-il face aux questions de l’avocate de l’association Les Amis de Sam, Me Sophia Albert-Saleron
Me Demarcq, avocat de la société de chasse, prend la parole et la discussion se tend autour des expertises faites sur les chiens, ce jour-là. “J’aurais voulu qu’on ne refuse pas les demandes de mon avocat”, râle Christophe Ellul. L’avocat l’invite à expliquer. “Je laisserai parler mon avocat mais Curtis a fait toutes les expertises possibles, alors que cela n’a pas été le cas pour les chiens de chasse”. Les voix s’élèvent : les deux hommes sont en désaccord sur le sujet des expertises. “Pourquoi les chiens de chasse ont été tous réunis et mélangés directement après ?”, demande le prévenu. Le tension monte dans la salle…
“Je sais que c’est ma parole contre la leur”, dit Ellul à propos des chasseurs
La présidente Radiguet oppose les témoignages de chasseurs à Christophe Ellul. Dans l’enquête, six d’entre eux ont assuré avoir vu un homme habillé en jaune fluo paniqué venir à leur rencontre pour dire qu’il cherchait sa femme et que son chien était “dangereux” ou “agressif”.
Le prévenu s’inscrit en faux visiblement tendu : “Je leur ai juste demandé s’ils avaient vu une femme et un chien noir”. “Je n’ai jamais dit que mon chien était méchant (…) Ça a été inventé”, répète-t-il plusieurs fois. “Quel serait leur intérêt de dire ça ?”, interroge la présidente. “C’est à eux qu’il faut demander ça. Je sais que c’est ma parole contre la leur, mais je n’ai jamais dit ça”.
Christophe Ellul confirme avoir vu des chiens de meute près du corps d’Elisa
Sur la présence de chiens de chasse sur les lieux du drame : “Quand je suis arrivé sur les lieux, trois ou quatre chiens sont arrivés. Ils étaient tous seuls. Ils n’étaient pas dans la meute, mais pour moi, c’étaient des chiens de chasse”. Christophe Ellul confirme sa version.
“Ils ressemblaient pas à des chiens errants”, Ellul interrogé sur la chasse à courre
“Je n’ai pas grand-chose à dire de plus que ce que j’ai dit à la police”, commence d’emblée le prévenu lorsque la présidente Armelle Radiguet lui pose des questions sur le 16 novembre 2019 et notamment la chasse à courre qui se déroulait en forêt de Retz. À l’époque, il a accusé les chiens de chasse d’avoir attaqué Elisa Pilarski. “J’ai vu des chiens de meute”, répète Christophe Ellul, “ils ressemblaient pas à des chiens errants, je ne peux pas vous dire la race”.
“Les premiers chiens croisés étaient différents des chiens de chasse que j’ai vu près du corps d’Elisa”, détaille le maître de Curtis. Il semble hésitant et cherche ses mots. Comme lors du premier jour, l’homme à la forte carrure est habillé d’un costume serré noir. Un détail a changé : les bords du col de sa chemise sont blancs.
“Il est important d’établir une carte, une chronologie précise des évènements”, rappelle la présidente face aux hésitations et à l’attitude de Christophe Ellul. “Je pense pas que j’ai accusé les chiens de chasse, c’est resté dans ma tête parce qu’ils étaient là… Il y a eu des incompréhensions”, répond le prévenu, dans des propos toujours confus.
Christophe Ellul est de retour à la barre
La chasse à cour au cœur des débats de ce 2e jour de procès
Le 16 novembre 2019 en forêt de Retz, Christophe Ellul avait assuré que les chiens de la chasse à courre qui se déroulait dans la zone boisée étaient sûrement à l’origine de l’attaque. Faute de témoins, la controverse autour de la chasse avait alors pris le pas sur l’affaire.
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Christophe Ellul, qui avait retrouvé le corps de sa compagne, a toujours assuré avoir vu la meute de chiens près du cadavre. Il a même affirmé que Curtis avait dû la défendre. Mais les analyses ADN réalisées sur 67 chiens, dont 62 appartenant à l’équipage de vénerie et 5 appartenant au couple, n’ont révélé aucune trace génétique de ces animaux sur la victime. À l’inverse, le matériel génétique de Curtis, l’American Pitbull Terrier, a été identifié sur les blessures d’Elisa Pilarski. Sébastien van Den Berghe, maître d’équipage, a confié à nos confrères de L’Union qu’il n’y a désormais “plus de place au doute”.

