Le rugby à XIII s’adapte aux seniors avec le programme “Silver 13” à Cahors. Ce partenariat innovant entre le Comité départemental et l’ADMR vise à promouvoir l’activité physique douce pour prévenir l’isolement et les chutes. Un projet ambitieux pour le bien vieillir.
Dans une salle lumineuse de Cahors, quelques chaises disposées en cercle, un ballon ovale posé au sol : ce n’est pas un entraînement classique de rugby, mais une séance de “Silver 13”, version adaptée du rugby à XIII pour les seniors. Depuis le 20 février et jusqu’au 30 avril 2026, le Comité départemental du rugby à XIII du Lot et la ADMR Fédération du Lot expérimentent un partenariat inédit pour promouvoir l’activité physique auprès des personnes âgées.
Au programme, un cycle de dix séances organisées dans les locaux de l’ADMR, à Cahors. Les objectifs sont divers : lutter contre l’isolement, prévenir les chutes et favoriser le maintien à domicile grâce à une activité physique douce, ludique et collective.
“Se rasseoir et se relever, tranquillement”
Ce jour-là, Mathieu, le coach, invite les participantes à se placer devant leur chaise. “On va juste se mettre devant la chaise. On se rassoit et on se relève. Tranquillement, il n’y a pas de compteur”, lance-t-il d’une voix encourageante. Ici, pas de chronomètre ni de compétition : l’idée est de progresser à son rythme.

Formé au Silver 13, déclinaison senior du rugby à XIII, il a d’abord évalué le niveau de chacune lors de la première séance. “On fait des tests au début et à la dixième séance. Le but, c’est d’avoir une marge d’amélioration”, explique-t-il. Travail de l’équilibre, renforcement musculaire, coordination avec ballon, gestes de prévention des chutes, comme ce “pas de rattrapage” qui apprend à avancer les pieds pour éviter la bascule, composent l’essentiel des exercices.
“Il y a des mouvements qui permettent d’éviter les chutes. C’est l’un des grands intérêts”, souligne un responsable présent dans la salle. Les pauses hydratation sont régulières. “Sur un public senior, on oublie parfois de boire”, rappelle Mathieu.
“Ça m’a vraiment aidée”
En pause, Angélique, ne cache pas son enthousiasme. “Moi, c’est pour m’améliorer. D’habitude, quand je marche, je fais des pauses. Grâce à Mathieu, l’autre jour, j’ai fait des kilomètres sans m’arrêter. Ça m’a vraiment aidée.” Et elle n’a participé qu’à une séance.

À ses côtés, Simone, 81 ans, venue du quartier de la Madeleine, explique simplement : “C’est pour me maintenir en forme c’est important à mon âge. Je ne marche pas tous les jours.” Cathy, bénévole à l’ADMR, voit plus loin : “C’est pour avoir un peu plus d’activité, et pour faire connaître cette activité à d’autres personnes.” Toutes ont prévu de suivre le cycle complet, sauf empêchement. Le rendez-vous est déjà noté pour les prochaines semaines.
Un projet à double entrée
Pour Benjamin Bro, président du comité départemental de rugby à XIII, ce partenariat répond à une logique simple : “Nous avions un projet sport-santé, mais pas forcément le public. L’ADMR, elle, connaît ce public, elle travaille avec. Là, on rassemble deux identités autour d’un même enjeu : le bien vieillir.”
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De son côté, Martial Lagrue, le directeur par intérim de l’ADMR du Lot, insiste sur le maillage territorial de son réseau. “Nous sommes présents sur tout le département. Nos aides à domicile pourront aider à organiser des transports si besoin. Le coaching, c’est le domaine du rugby à XIII ; nous, nous apportons la logistique.”
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L’ambition dépasse Cahors. Une dizaine de sites pourraient être concernés à terme. Des courriers doivent être adressés aux mairies et intercommunalités pour solliciter salles et soutiens logistiques. “Si la collectivité s’investit, cela pérennisera le projet”, estime Benjamin Bro. Dans un département parmi les plus âgés de France, la question de l’autonomie est centrale. “Il y a des personnes âgées qui entrent à l’hôpital et ne retournent pas chez elles. Pratiquement une sur deux”, rappelle le directeur de l’ADMR.

