Des panaches de fumée s’élèvent au-dessus des zones résidentielles de Téhéran, en Iran, le 1ᵉʳ mars 2026. FATEMEH BAHRAMI/ANADOLU VIA AFP
Au troisième jour de l’opération militaire américano-israélienne contre l’Iran, les frappes israéliennes qui se poursuivent sur les bastions du Hezbollah pro-iranien au Liban ont fait 52 morts et 154 blessés, selon un nouveau bilan officiel lundi.
De son côté, Téhéran, secoué par de puissantes explosions au cours de la journée, multiplie les attaques dans toute la région, notamment les pays du Golfe. Le régime iranien, toujours en place, a indiqué qu’il refuse de négocier avec les Etats-Unis, accusant Donald Trump d’avoir précipité le Moyen-Orient dans le « chaos » avec ses « rêves illusoires ».
Les Gardiens de la Révolution ont averti les Etats-Unis qu’ils ne seront « plus en sécurité ». « L’ennemi doit savoir que ses jours de gloire sont révolus et qu’il ne sera plus en sécurité nulle part dans le monde, pas même chez lui », a déclaré l’unité d’élite des Gardiens, la Force Qods, qui supervise les opérations extérieures, dans un communiqué diffusé à la télévision d’Etat. On fait le point sur la situation.
• Le conflit s’étend au Liban
Le Hezbollah avait promis de « faire face à l’agression » américano-israélienne contre l’Iran après la mort de l’ayatollah Ali Khamenei. Le mouvement islamiste armé pro-iranien basé au Liban a mis ses menaces à exécution, affirmant ce lundi avoir tiré des missiles et des drones vers Israël, pour la première fois dans ce conflit.
L’armée israélienne n’a pas tardé à répliquer, annonçant frapper des cibles du Hezbollah « à travers le Liban » et ordonnant aux habitants d’une cinquantaine de villages d’évacuer. « Nous avons lancé une campagne offensive contre le Hezbollah », a déclaré ce lundi matin le chef de l’armée israélienne, le général Eyal Zamir. « Nous devons nous préparer à plusieurs jours de combats, de nombreux » jours, a-t-il ajouté. Des journalistes de l’AFP ont entendu de puissantes explosions à Beyrouth, et vu de nombreux habitants fuir les zones visées dans le sud du pays. Les frappes ont fait 52 morts et 154 blessés, selon le bilan officiel.
• L’Iran exclut toute négociation
Téhéran « ne négociera pas avec les Etats-Unis », a affirmé le puissant chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani. Il a accusé Donald Trump d’avoir précipité le Moyen-Orient dans le « chaos » avec ses « rêves illusoires ».
Le quartier général des gardiens de la révolution (l’armée idéologique de la République islamique d’Iran) a été détruit, selon le Pentagone. Les autorités iraniennes n’ont pas commenté. Les médias iraniens ont toutefois confirmé la mort de plusieurs hauts responsables du pays, notamment le chef des gardiens de la révolution, le chef de l’état-major des forces armées et le ministre de la Défense. Les frappes américano-israéliennes ont tué 48 « leaders » iraniens, selon Donald Trump, qui n’a donné aucun détail. Les Gardiens de la Révolution ont averti lundi les Etats-Unis qu’ils ne seront « plus en sécurité ».
• « Quatre à cinq semaines » d’opération, annonce Trump
Les Etats-Unis ont annoncé ce lundi avoir perdu un quatrième militaire dans le cadre de l’opération en Iran. Ce ne seront pas les dernières pertes dans ce conflit, avait déjà prévenu Donald Trump la veille, promettant de « venger » leur mort. Comme la veille en annonçant l’opération militaire, il a lancé un appel au peuple iranien : « Reprenez le pouvoir, l’Amérique est avec vous. » Il a aussi pressé une nouvelle fois les gardiens de la révolution de « déposer les armes » ou mourir.
« Quatre à cinq semaines » : c’est l’estimation qu’il a donnée de la durée des opérations américaines, dans le « New York Times », sans fournir de détails. Il a aussi dit au quotidien qu’il avait « trois très bons choix » de candidats pour diriger l’Iran à l’avenir, sans dévoiler de nom. Il a ensuite déclaré à la chaîne ABC que l’attaque avait été « si réussie qu’elle a éliminé la plupart des candidats » pour prendre la tête de l’Iran.
« Nous sommes déjà nettement en avance sur nos prévisions. Mais quel que soit le délai, ce n’est pas grave, quoi qu’il en coûte, nous y arriverons toujours », a affirmé Donald Trump en fin de journée lors d’une cérémonie à la Maison Blanche, ajoutant que « nous avons les capacités nécessaires pour aller bien au-delà » de 4 ou 5 semaines. De son côté, le responsable de la sécurité iranienne, Ali Larijani, a indiqué que son pays était « prêt pour une longue guerre ».
• Israël frappe de nouveau Téhéran
L’armée israélienne a indiqué ce lundi continuer à mener des « frappes à grande échelle » à Téhéran « contre des cibles du régime terroriste iranien ». L’agence de presse iranienne Tasnim a pour sa part fait état d’explosions dans la capitale. Selon les médias, des immeubles résidentiels ont été touchés par une attaque de missile dans l’ouest du pays. L’agence de presse iranienne Isna a affirmé que des frappes avaient visé le siège des services d’urgences de Téhéran. La province de Yazd, dans le centre de l’Iran, a aussi été touchée ce lundi par des frappes israéliennes et américaines, a rapporté un responsable iranien.
Le Croissant-Rouge iranien a annoncé un bilan de 555 morts depuis samedi. Au moins 35 dans la province de Fars (sud), 27 dans le nord-ouest, au moins trois à Sanandaj (ouest), selon des responsables locaux.
L’Iran a également accusé Israël et les Etats-Unis d’avoir de nouveau attaqué le site nucléaire de Natanz, déjà ciblé par des bombardements en juin lors de la guerre des 12 jours. « Les régimes criminels des Etats-Unis et d’Israël, poursuivant leur agression, ont de nouveau ciblé le site nucléaire de Natanz dimanche après-midi, lors de deux attaques brutales », a écrit dans un courrier, cité par l’agence Irna, le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Mohammad Eslami. Son homologue de l’agence des Nations Unies pour l’énergie nucléaire (AIEA), Rafael Grossi, a affirmé lundi qu’il n’y avait « pas d’indication » que des installations nucléaires iraniennes aient été touchées depuis le lancement samedi des frappes israélo-américaines contre l’Iran.
• L’extension des hostilités au Moyen-Orient « met gravement en danger la vie des civils », alerte le CICR
L’« extension » des hostilités au Moyen-Orient « met gravement en danger la vie des civils », a alerté ce lundi la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), deux jours après les premières frappes israélo-américaines contre l’Iran. « L’ampleur des grandes opérations militaires qui font rage au Moyen-Orient risque d’entraîner la région – et au-delà – dans un nouveau conflit armé à grande échelle qui dépassera toutes les capacités de réponse humanitaire. Sans mesures urgentes pour désamorcer la situation et faire respecter les règles de la guerre, d’autres civils perdront la vie », a déclaré Mirjana Spoljaric dans un communiqué.
• Un mort à Bahreïn, explosions dans les pays du Golfe
Une personne a été tuée à Bahreïn dans une attaque iranienne, a annoncé le ministère de l’Intérieur. Des journalistes de l’AFP à Doha, Abu Dhabi et Dubaï ont entendu de fortes explosions ce lundi matin. Deux drones iraniens ont visé lundi une centrale électrique et un complexe terrestre de traitement du gaz au Qatar, selon le ministère de la Défense de l’Etat du Golfe.
Les Emirats arabes unis ont fait état d’une attaque de drone ayant provoqué un incendie sur un site de stockage de carburant dans la capitale Abou Dhabi. Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs affirmé avoir attaqué dans le détroit d’Ormuz un pétrolier, présenté comme lié aux Etats-Unis. « Le pétrolier ATHE NOVA, l’un des alliés américains dans le détroit d’Ormuz, est toujours en feu après avoir été touché par deux drones », a déclaré le Corps des Gardiens. Samedi, ils avaient indiqué que ce détroit, point de passage clé du commerce mondial de pétrole, était « de facto » fermé à la navigation, car dangereus en raison des attaques américaines et israéliennes.
• L’épouse de Khamenei succombe à ses blessures
Mansoureh Khojasteh Bagherzadeh, l’épouse du guide suprême Ali Khamenei tué samedi par des frappes américaines contre sa résidence à Téhéran, a succombé ce lundi à ses blessures, selon plusieurs médias iraniens dont l’agence Tasnim. Agée de 79 ans, elle était dans le coma depuis les frappes, selon Tasnim.

