March 2, 2026

Meurtre de Justine Vayrac : fêtard, impulsif, "froid et détaché", que sait-on de l’accusé Lucas Larivée ?

l’essentiel
Lucas Larivée est accusé du viol et du meurtre de Justine Vayrac et sera jugé à Tulle (Corrèze), du 16 au 20 mars. Si ce jeune ouvrier agricole semblait être intégré socialement et apprécié de ses proches, il cachait une part plus sombre.

Dans la nuit du 22 au 23 octobre 2022, Justine Vayrac, une Lotoise de 20 ans, disparaît après une soirée en discothèque avec des amis à Brive-la-Gaillarde (Corrèze). L’enquête conduit rapidement à l’interpellation de Lucas Larivée, ouvrier agricole vivant à Beynat. Sur ses indications, le corps de l’aide soignante en devenir était retrouvé enterré sur l’exploitation familiale. Il a été mis en examen le 27 octobre 2022 pour meurtre, séquestration et viol, puis placé en détention provisoire.

Selon l’accusation, Lucas Larivée aurait enlevé Justine vers 4 heures du matin, alors qu’elle sortait de la discothèque. Il l’aurait emmené chez, l’aurait violé, puis l’aurait tué avant de l’enterrer. Le jeune homme reconnaît l’avoir tuée mais nie le viol et l’intention de donner la mort.

Face aux juges et lors de l’enquête, Lucas Larivée n’aura jamais donné de mobile et sera resté mutique… Comment cet ouvrier agricole en alternance, intégré socialement et apprécié de ses proches s’est-il transformé en tueur en une nuit ? Que sait-on de lui ?

Lucas Larivée sera jugé pour le meurtre de Justice Vayrac à partir du 16 mars à Tulle.
Lucas Larivée sera jugé pour le meurtre de Justice Vayrac à partir du 16 mars à Tulle.
DR

“Il menait la vie d’un jeune de son âge”

Selon des proches de ce garçon très impliqué dans le comité des fêtes de Beynat, interrogé en 2022, “rien dans son comportement ne laissait présager un tel passage à l’acte. Il s’occupait de l’exploitation agricole familiale et des vaches limousines. Il menait la vie d’un jeune de son âge, entre le foot, les sorties et les filles”.

Lucas Larivée a semble-t-il grandi au sein d’une famille structurée et aimante et entretenait “de bonnes relations avec l’ensemble de sa famille”. “Il est proche de ses parents chez qui il se rend chaque jour pour prendre les repas […] Il entretient de nombreuses amitiés tant avec des femmes que des hommes. Il est souvent décrit comme un ami sur qui il est possible de compter”.

Un fêtard qui buvait beaucoup

Selon nos informations, le soir des faits, avant d’aller en boîte nuit, il passe la soirée avec deux amies dans un bar de Brive. Ils partagent une bouteille de rhum, mais il en boit la majorité. Ce qui correspond aux habitudes de sorties et d’alcoolisation du jeune homme qu’il avoue lors d’un examen de personnalité. Il “reconnaît une consommation d’alcool très régulière et festive”. Il lui arrive “parfois de boire de l’alcool déraisonnablement comme de nombreux jeunes de son entourage”.

Le jeune homme de 21 ans ne serait pas un inconnu complet de Justine Vayrac, mais quelqu’un qu’elle avait déjà croisé auparavant, notamment lors de soirées. Dans le village et les environs, il était connu pour fréquenter régulièrement certaines discothèques, où il avait été vu plusieurs fois par des connaissances communes.

Condamné pour incendie volontaire

Le jeune agriculteur avait cependant un côté plus sombre : avant les faits relatifs à la mort de Justine Vayrac, il avait été mis en examen et avait fait un court séjour en prison pour une histoire d’incendie de hangar agricole. Il a été condamné en janvier 2024 à deux ans de prison ferme pour incendie volontaire. “Il pouvait se montrer colérique ou impulsif sous ses airs de garçon jovial”, témoignait-on encore à l’époque dans son entourage. “Mais de là à tuer une femme ?”

Le 23 octobre 2022, dans l’après-midi, il se présente au match de son équipe de foot du club de Beynat. De nombreuses personnes présentes l’ont décrit comme fatigué et emprunté. Le soir, les enquêteurs ont pu établir qu’il avait “visionné plusieurs épisodes de la série DAHMER, inspirée d’un tueur en série américain”.

Les éléments psychiatriques

Selon nos informations, l’expert-psychiatre a décrit Lucas Larivée comme un jeune homme qui “n’a aucun mot pour la victime, formulant uniquement des regrets autocentrés”. Son côté impulsif est confirmé. Le 25 octobre 2024, lors d’une reconstitution, il refuse de participer et de parler.

Le jeune homme est décrit comme “froid” et “détaché” mais “ne relève aucune pathologie mentale”. Au moment des faits, son discernement n’était pas aboli ou altéré, selon l’expertise.

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