March 2, 2026

ENTRETIEN. XV de France : "Mon entrée face à l’Irlande ? Ça m’a montré que j’avais des choses à bosser…" Kalvin Gourgues raconte son début de Tournoi

l’essentiel
Entré puis blessé à une cheville face à l’Irlande, avant de manquer les matchs face au pays de Galles et l’Italie, Kalvin Gourgues a vécu des montagnes russes émotionnelles ces dernières semaines. Mais le Toulousain, présent dans les 42 pour préparer l’Écosse et décisif face à Montauban samedi, conserve l’envie de porter à nouveau ce maillot tricolore. Et s’en donne les moyens.

Racontez-nous cette blessure face à l’Irlande et cette période de convalescence ?

J’avais une entorse à la cheville. On n’a pas voulu prendre de risques non plus à essayer de jouer en n’étant pas à 100 %. Donc voilà, maintenant je suis remis à 100 % et tout va mieux. Pendant cette semaine de convalescence, j’étais plutôt à Toulouse, je n’étais pas à Marcoussis. Je me suis soigné au Stade avec le staff médical qui m’a bien pris en charge, mais également avec la partie prépa. Je n’ai pas arrêté de bosser.

Ce retour à Toulouse a fait du bien ?

Oui, ça m’a permis un peu de couper aussi. J’étais très déçu, bien sûr, de ne pas être à Marcoussis pour préparer ce match. Mais je ne me suis pas laissé abattre et j’ai essayé de profiter de ce temps-là pour voir mes proches et profiter avec eux. Mais c’est vrai que c’était quand même assez frustrant de ne pas en être la semaine dernière.

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Par la force des choses, y a-t-il eu une petite déception de ne pas découvrir le Principality Stadium de Cardiff ? Vous dites-vous que ce n’est que partie remise ?

Oui, voilà, j’espère pouvoir découvrir ça plus tard. Les saisons sont longues, les blessures font partie du jeu. Tout ça est nouveau pour moi donc j’espère pouvoir le découvrir dans quelque temps. C’est sûr que c’est un peu frustrant, mais à la fois, ça fait partie du jeu, comme je l’ai déjà dit. Il faut juste le prendre et essayer d’en tirer du bon pour grandir de tout ça.

En parlant de grandir, qu’est-ce qui vous surprend le plus dans cette compétition si particulière ?

Peut-être le fait que ça aille très vite. On s’est rejoint quinze jours avant de défier l’Irlande. Après ça, c’est allé très vite. On a directement enchaîné avec le pays de Galle. En fait, on n’a pas trop le temps de réaliser ce qu’on est en train de faire. Il faut essayer d’être focus match après match et, pour pouvoir gagner cette compétition, il faut rester un maximum concentré. Aussi, il faut essayer d’optimiser le temps qu’on a pour se soigner, pour être à 100 % et le plus frais possible sur le terrain. C’est tout nouveau pour moi et ça va très vite. Ce n’est pas comme une saison où on n’est davantage sur un format de marathon. Là, on est vraiment sur un sprint et il ne faut pas rater le coche parce que la moindre défaite peut te coûter le titre. Il faut vraiment être prêt physiquement et mentalement à subir tout ça.

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Pourtant, vous avez déjà connu des compétitions avec les Bleus, mais là, l’atmosphère est vraiment différente ?

Oui, on sent qu’on a tous envie de le gagner. Après, c’est vrai que j’ai vécu cette Coupe du monde en Italie avec les U20, mais c’est un format tout à fait différent. Pendant le Mondial, tu enchaînes 5 matchs et tu joues tous les 4 jours, donc finalement on n’a pas le temps de réaliser que tu dois déjà te préparer à enchaîner. Là, on a un peu plus le temps pour voir ce qu’on a fait et aussi ce qu’on va devoir faire contre les prochaines équipes. On sent qu’il y a beaucoup d’engouement dans le groupe et que tout le monde a envie d’aller chercher ce titre.

Ce Tournoi 2026 a idéalement débuté pour les Bleus face à l’Irlande sur la pelouse du Stade de France. Qu’est-ce que vous retenez de ce match ?

C’était spécial. L’atmosphère était encore différente des matchs de novembre. On sentait qu’on avait notre 16e homme qui poussait à fond derrière nous pour essayer de battre des Irlandais qui sont un peu la bête noire de la France. C’est une super nation, donc on savait que ça allait être un match compliqué. Les mecs l’ont pris du bon bout dès la première mi-temps en étant très discipliné et en étant pragmatique sur la durée. Et après, c’est allé très vite. Je n’ai limite pas eu le temps de réaliser que j’étais rentré que c’était déjà fini. Je l’ai bien vécu, mais ça m’a aussi montré que j’avais des choses à bosser et maintenant je vais tout faire pour bosser et pour pouvoir à nouveau porter ce maillot.

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Le travail est-il la clé face à la rude concurrence ?

Complètement. Mais à tous les postes et à tous niveaux ! Si on veut réussir à rester constant et être un élément sur qui on peut compter, il ne faut jamais se relâcher, jamais croire que tout est acquis. Il faut continuer à bosser, à se renouveler pour pouvoir servir le collectif. D’autant plus qu’on a une concurrence élevée au poste de centre. Ça nous pousse à vouloir se dépasser, à être les meilleurs. C’est grâce à cette concurrence aussi qu’on peut élever le niveau de notre équipe et donc il faut que ça continue comme ça.

Cette volonté pour les Bleus de conserver leur titre, vous vous en nourrissez ?

C’est ça. Il y a cette soif de victoire, de vouloir en être et pas seulement de participer aux entraînements ou être dans le groupe des 42. La semaine, on se donne tout ça à fond pour pouvoir essayer d’en être et de représenter notre pays pour essayer de gagner ce Tournoi. Et après, le week-end, les 23 qui sont alignés donnent tout pour l’équipe, pour le pays et aussi pour représenter fièrement les joueurs qui ont été relâchés, qui ont fait bosser l’équipe. C’est tout un engrenage qui fait qu’on est tout le temps mis en opposition, en concurrence, et il y a toujours cette envie de gagner sa place, de gagner des matchs, de gagner le VI Nations. C’est avec cette mentalité-là, je pense, qu’on y arrivera.

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