Éric Zemmour est venu soutenir la liste “À la reconquête ! de Toulouse”, menée par Arthur Cottrel, pour les élections municipales. Vendredi soir, au centre des congrès Pierre-Baudis, le polémiste a, une fois encore, prôné le combat civilisationnel.
Un observatoire municipal de la délinquance, une “tour de contrôle” de la sécurité, une maison de l’histoire toulousaine, un musée de l’aviation, une ville où les voitures auraient “toute leur place”. Dans les vidéos de campagne qui défilent sur la toile de projection de l’auditorium du Centre des Congrès Pierre Baudis, Arthur Cottrel dessine une vision très ordonnée de Toulouse : une ville qu’il promet de rendre “libre et fière”, débarrassée de ce qu’il décrit comme un déclin urbain et idéologique. Mais ce Toulouse rêvé peine à convaincre à en croire le sondage Ifop réalisé pour La Dépêche du Midi, sa liste “À la reconquête ! de Toulouse” ne recueille que 1,5 % des intentions de vote pour les municipales de 2026.
Dans cette salle capable d’accueillir près de 500 personnes, de nombreux sièges restent vides. Une voix derrière un micro annonce pourtant que les participants sont “700 ce soir”. Ce vendredi soir, la venue d’Éric Zemmour a pour but de donner de l’élan à sa campagne.
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“Des sondages qui essayent de nous tromper”
Beaucoup de retraités, quelques étudiants, plusieurs électeurs venus de la périphérie toulousaine. Sur l’esplanade Compans-Caffarelli, bouclée par les forces de l’ordre, les derniers participants franchissent les contrôles à 19 heures passées.
Le premier à prendre la parole est Romain Gresle, porte-parole de la liste. Il dénonce des “sondages qui essayent de nous tromper” et salue des militants qui incarneraient “la France qui veut continuer d’exister”. Derrière lui, des membres de Génération Z, tirés à quatre épingles, agitent mollement des drapeaux français et occitans.
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Arthur Cottrel lui succède. Le candidat martèle ensuite la “reconquête de Toulouse” avant qu’elle ne devienne, selon lui, une ville “sous influence idéologique”. Il répète pratiquement mot à mot le texte de ses clips de campagne diffusés quelques minutes avant son arrivée.
Des huées déclenchées par des mots-clés
Puis Éric Zemmour apparaît derrière le pupitre. Une partie du public se lève pour filmer son entrée. L’ancien candidat à la présidentielle évoque d’abord ses souvenirs de journaliste couvrant jadis les élections dans “la ville de Jaurès et des réfugiés espagnols”. Mais très vite, le discours glisse vers ses thèmes familiers : les “HLM dégradés du Mirail”, les rames de métro qui “déversent des racailles bruyantes”, ou encore la présence croissante de femmes voilées. La salle hue, tout comme à chaque mention de “l’extrême gauche” ou du “wokisme”.
Zemmour déroule alors son récit d’un “combat civilisationnel” : un islam qu’il juge incompatible avec la République, un “grand remplacement” qu’il refuse de considérer comme une théorie complotiste. Face à ce qu’il décrit comme des villes couvertes de mosquées, de kebabs, d’expositions sur l’esclavage (les participants huent) ou de concerts de rap, il oppose une France de crèches et de sapins enguirlandés. Le meeting s’achève sur la Marseillaise, chantée debout par les participants, à pleine voix.

