February 27, 2026

Drogue : jusqu’à 10 euros le cachet, effets euphorisants… pourquoi la consommation d’ecstasy explose en France

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Les saisies de cachets d’ecstasy ont explosé en France avec une hausse de 123 % par rapport à 2023. La consommation de cette drogue de synthèse a elle aussi bondi de manière inquiétante dans un contexte global de hausse de la production mondiale de cocaïne.

Ces petits cachets blancs ou colorés sont en train de révolutionner le marché des stupéfiants en France. L’ecstasy ou la MDMA, plus communément appelée drogue de synthèse, est de plus en plus consommée dans l’Hexagone.

Selon les dernières estimations de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), dont le rapport a été publié le 23 février, pas moins de 65,76 millions de ces pilules addictives ont été absorbées en 2023. Ce qui représente une croissance de “+ 480 % entre 2010 et 2023”. La montée en puissance de cette drogue, aux allures de bonbon festif, inquiète les autorités sanitaires.

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Une croissance déjà observée dans les années 80 et 90 avec le phénomène “techno” et l’essor des “raves party”, ces festivals de musique électronique à ciel ouvert. “En 2024, les saisies de drogues de synthèse réalisées en France ont été très largement dominées par la MDMA/ecstasy, dont les volumes interceptés ont atteint un niveau historique de plus de 9 millions de comprimés (9 090 510), soit une augmentation de 123 % par rapport aux 4 072 704 comprimés saisis en 2023”, précise l’Observatoire.

Hausse des saisies, hausse de la consommation, les chiffres donnent le tournis. Mais ils s’inscrivent dans une hausse globale de la production, non seulement des drogues de synthèse, mais aussi de la cocaïne. Faciles à consommer, (autour de 10 euros le cachet), effets euphorisants quasi immédiats, les comprimés d’ecstasy inondent le marché français à la place des drogues traditionnelles comme le cannabis qui reste la drogue illicite la plus consommée en France.

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Danger pour la santé

“L’ecstasy a cette particularité trompeuse de ne représenter, dans l’esprit des consommateurs, qu’un faible danger par rapport à la prise de cocaïne ou d’héroïne”, préviennent les professionnels de santé. Or, sa consommation, particulièrement marquée chez les 18-34 ans, peut entraîner des troubles cardiaques et cérébraux plus ou moins graves. Surtout lorsque la prise de ces cachets est associée à l’alcool.

Malgré une image jeune et festive, la MDMA peut aussi provoquer déshydratation, crises d’angoisse ou violents coups de chaleur “potentiellement mortels”. Certains comprimés, psychostimulants contenant caféine, amphétamine et substances psychoactives, dépassent 150 voire 200 mg de MDMA, soit bien au-delà des niveaux observés il y a dix ans.

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Autre enseignement de ce rapport, “le rôle de la France comme territoire de transit et de rebond pour la MDMA/ecstasy, principalement à destination de l’Afrique du Nord et du
Royaume-Uni”.

En 2024, 75 % de saisies de cette drogue devaient être acheminés à l’étranger, contre 70 % en 2023. La consommation record de cette substance peut aussi s’expliquer par l’offre abondante venue de Belgique et des Pays-Bas. Des pays proches, principaux pôles de production clandestine en Europe. Une consommation véritablement dopée par les ventes via les messageries cryptées et les livraisons à domicile.

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Le phénomène ecstasy ne doit pas faire oublier une autre réalité. La hausse toujours plus importante de la consommation de cocaïne, en France. En 2024, les saisies de cette poudre blanche ont atteint un total record de 53,5 tonnes, marquant ainsi une augmentation de 130 % par rapport à 2023, relève également le rapport de l’Observatoire.

Enfin, selon, les chiffres de l’Office central de lutte contre le crime organisé (OCLCO), on note une baisse relative des violences liées au trafic de drogues en 2024. La France a enregistré 367 assassinats et tentatives d’assassinat entre délinquants, cette année-là. Ces crimes ont causé 110 décès et 341 blessés au cours de l’année. “Si une baisse de 12 % est constatée par rapport à 2023, année marquée par un pic exceptionnel de 418 faits, le niveau de violence reste néanmoins élevé”.

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