February 27, 2026

"On n’est pas nombreux, ce sont des métiers qui se perdent" : elle marche sur les traces de sa grand-mère et ouvre sa mercerie dans les Pyrénées

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Après des études dans l’environnement, Éloïse Parçay se tourne vers la couture. En ouvrant sa mercerie à Foix, elle a su répondre à une demande locale pour des produits textiles et des ateliers créatifs.

Depuis février 2021, Éloïse Parçay a donné vie à un commerce de proximité en ouvrant sa mercerie “Au fil de Soie”, en plein cœur de Foix. Installée en Ariège, la jeune femme s’est reconvertie dans la couture après un premier parcours dans le domaine de l’environnement. Un virage professionnel progressif qui l’a menée à créer sa propre boutique il y a cinq ans.

“Je ne savais pas trop, j’ai eu du mal à trouver ce que je voulais faire”, confie Éloïse Parçay en repensant à ses débuts. Originaire de la Mayenne, dans les Pays de la Loire, elle s’oriente d’abord vers la nature et prépare un BTS gestion et protection de la nature. “J’ai fait un BTS gestion et protection de la nature”, explique-t-elle. Son projet professionnel se dessine alors au plus près du terrain. “C’étaient plus des études naturalistes, des inventaires, être sur le terrain”, raconte-t-elle.

“Pourquoi pas la couture ?”

Mais la réalité du métier la fait douter. “Il y avait beaucoup d’administratif aussi, et c’était le côté qui m’a un peu moins intéressée”. À la sortie de ses études, les débouchés ne lui permettent pas de poursuivre dans cette voie. Elle enchaîne alors divers emplois – secrétariat, aide à domicile, assistante dans une école – souvent “entrecoupés de périodes de chômage”.

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“Au bout d’un moment, j’en avais marre. Et donc, comme j’ai toujours été manuelle, je me suis dit : “Pourquoi pas la couture ?” “, explique-t-elle. Une évidence qui fait écho à son histoire familiale : “Ma grand-mère était mercière aussi”.

“Je ne voulais pas être retoucheuse à la maison”

Arrivée en Ariège, elle découvre véritablement sa nouvelle passion grâce à un club local. “Quand je suis arrivée en Ariège, j’ai trouvé un petit club de couture et voilà, avec d’autres personnes comme ça, on s’est mis à la couture, à s’entraider”. À 27 ans, elle reprend le chemin de l’école pour préparer un CAP couture à Toulouse.

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Peu à peu, son projet se précise. “Au fur et à mesure, mon projet s’est concrétisé. J’ai trouvé ce local et j’ai monté la mercerie”, résume-t-elle. En février 2021, elle ouvre sa boutique à Foix avec une idée claire : “Je ne voulais pas être retoucheuse à la maison. J’avais besoin de voir du monde et d’avoir une boutique”.

“On n’est pas nombreux, ce sont des métiers qui se perdent”

Dans les rayons d’”Au fil de Soie”, tissus, laine, rubans, fermetures, collants et chaussettes sont proposés en privilégiant les circuits français. Mais la concurrence est bien réelle. “En Ariège on est quatre merceries environ, on n’est pas nombreux, ce sont des métiers qui se perdent. Puis Internet, les gens peuvent tout trouver vite par Internet, donc sans bouger de chez eux. Mais bon, ils aiment bien aussi avoir le contact, voir les produits, les couleurs, parce que, des fois, on est déçu quand on achète sur Internet une couleur de laine” explique-t-elle.

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Au fond de la boutique, une grande table accueille les ateliers. “Je donne des cours de couture pour les adultes et les enfants. Ça se passe donc les mardis et les samedis pour les adultes”. Tous les niveaux sont les bienvenus : “Et en fait, chacun vient avec son projet, donc ça peut être des personnes qui n’ont jamais touché une machine à coudre. Ou des personnes qui veulent se perfectionner, par exemple poser une fermeture ou autre”.

“Les gens sont contents aussi”

En parallèle, la mercière réalise aussi des créations originales pour des occasions particulières. “Des petites choses un peu originales. Je fais, pour la bibliothèque départementale, un tablier de lecture, c’est-à-dire un grand tablier que la dame, elle, utilise pour raconter des histoires aux enfants”, explique-t-elle.

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Cinq ans après le lancement de son projet, Éloïse Parçay dresse un bilan encourageant. “Je suis contente, ça marche bien. Les gens sont contents aussi. Il y avait de la demande pour la couture et pour les tissus. Les gens sont satisfaits de trouver de la laine ici”. Une reconversion réussie qui prouve que les métiers d’art et de proximité ont encore toute leur place dans les centres-villes.

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