February 27, 2026

"Mélenchon se rêvait Mitterrand, il finit comme Soral" : le leader LFI accusé d’antisémitisme après son meeting à Lyon

l’essentiel
En meeting ce jeudi 26 février, Jean-Luc Mélenchon a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux suite à une sortie que certains jugent antisémite. Les réactions de la classe politique se succèdent ce vendredi matin.

Quelques jours après la mort du militant identitaire Quentin Deranque, c’est à Lyon que Jean-Luc Mélenchon avait décidé de se rendre, jeudi 26 février, pour un meeting de soutien à la candidate de la France insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi.

“Epstein… Ah, je voulais dire Epstine”

Lors de son discours, le leader insoumis en a profité pour charger une nouvelle fois la presse évoquant le travail d’investigation de nos confrères de France Info au sujet des affaires judiciaires de LFI, accusés de ne pas respecter le “secret de l’instruction”. “Sauf s’il s’agit de l’affaire EpstEIN… Ah, je voulais dire EpstINE, s’emporte Jean-Luc Mélenchon tout en ironie. Pardon, ça fait plus russe Epstine. Alors maintenant, vous direz Eistine au lieu d’Einstein. Eh bah voilà, non, tout le monde comprend comment il faut faire !”

Rapidement, les internautes s’emparent de la séquence, accusant le tribun insoumis d’antisémitisme. Sur X, un utilisateur met en parallèle le discours de Jean-Luc Mélenchon avec des propos du même ordre tenus par le polémiste antisémite d’extrême droite Alain Soral.

À lire aussi :
“Il voulait commettre un assassinat politique” ou simple “coup de sang”? : l’auteur des menaces de mort contre Mélenchon et d’autres élus LFI condamné

Des réactions politiques en chaîne

Les réactions de la classe politique se succèdent et la polémique enfle. À commencer par le président de la république. Dans un tweet publié ce vendredi 27 février, Emmanuel Macron ressort son discours contre l’antisémitisme prononcé en l’hommage d’Ilan Hilami il y a deux semaines.

Le président y avait fustigé un “antisémitisme d’extrême gauche qui veut substituer à la lutte des classes une supposée lutte des races, dans de glaçants amalgames, et qui le dispute à celui de l’extrême droite et ses clichés sur la puissance et la richesse”.

“Toutes ces expressions contemporaines de l’antisémitisme […] rendent possible l’inacceptable”, avait poursuivi Emmanuel Macron. Bernard Cazeneuve, l’ancien Premier ministre socialiste, estime, lui, que “Mélenchon se rêvait Mitterrand, il finit comme Soral”.

Dans la ville de Jean Moulin, de Robert Badinter, où les milices de la collaboration ont livré tant de Juifs aux camps de la mort, comment peut-on tomber dans cette fange sans honte et sans déshonneur ? Mélenchon se rêvait Mitterrand il finit comme Soral. https://t.co/MonBa1eqFe

— Bernard Cazeneuve (@BCazeneuve) February 27, 2026

La présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, s’est elle aussi fendue d’un tweet à l’encontre de celui qui fut longtemps membre de sa famille politique. “Oui, les références de Jean-Luc Mélenchon sont antisémites. Clairement. Pas de tergiversation, pas de demi-indignation”, insiste la présidente.

Dans la ville des résistants Jean Moulin, Lucie et Raymond Aubrac, de Robert Badinter…les mots ont un poids. Quand on connaît l’Histoire, il n’y a ni hasard ni dérapage ici : il y a une responsabilité.

Oui, les références de Jean-Luc Mélenchon sont antisémites. Clairement. Pas… https://t.co/SsUGrK8iZY

— Carole Delga (@CaroleDelga) February 27, 2026

Invité ce vendredi 27 février sur RTL, l’ancien ministre de l’Économie Éric Lombard a réagi : “Il est antisémite, la réponse à Jean-Luc Mélenchon doit se faire dans les urnes, par la confrontation politique sur les idées”.

Qui va continuer à nier ou faire semblant de ne pas voir, de ne pas entendre et de ne pas comprendre?

Jean-Luc Mélenchon et ses sbires s’essuient les pieds sur tous les principes qui ont structuré la gauche républicaine française.

Nous les combattrons et nous les vaincrons. https://t.co/O73daxKdgJ

— Raphael Glucksmann (@rglucks1) February 27, 2026

L’eurodéputé Raphaël Glucksmann a lui aussi réagi. Sur ses réseaux sociaux au sujet de “Jean-Luc Mélenchon et ses sbires”, il lance un appel : “Nous les combattrons et nous les vaincrons”.

Pas de mea culpa pour Jean-Luc Mélenchon

Suite à la polémique, Jean-Luc Mélenchon s’est rapidement exprimé ce vendredi matin. Dans un tweet, il assure avoir “ironisé sur la volonté de vouloir faire avec “Epstine” un nom pour “russifier” le problème”. S’adressant à “ceux qui y voient de l’antisémitisme”, il dénonce une réaction “consternante”.

J’ai ironisé sur la volonté de vouloir faire avec “Epstine” un nom pour “russifier” le problème. Consternante réaction de ceux qui y voient de l’antisémitisme.

Ça pose question sur leurs réelles motivations sur cette question. L’antisémitisme est du côté de ceux qui veulent… pic.twitter.com/LJmMPl8MU6

— Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) February 27, 2026

Et de conclure : “La brutalisation de la vie politique est du côté de ceux qui veulent nous faire taire à force de menaces et d’insultes à tous propos. Ils suscitent délibérément la violence contre LFI”. De son côté, la présidente du groupe Les Écologistes, Marine Tondelier, a dénoncé les propos de Jean-Luc Mélenchon. “Non mais ça va pas non ! Vraiment, rien ne va dans ces propos. Rien. Ça suffit maintenant”, a-t-elle écrit sur son compte X.


source

TAGS: