À Toulouse, trois joueurs du Stade Toulousain ont quitté la salle de vie d’Ernest-Wallon pour rejoindre les chambres de l’Oncopole et faire une surprise aux patients. Une journée “Sport & Cancer” où le rugby ne soigne pas, mais offre une parenthèse et redonne de la force aux adolescents et jeunes adultes hospitalisés.
La salle de vie des joueurs est vaste, lumineuse. C’est ici, au cœur du centre du Stade Toulousain, qu’a été installée la borne vidéo. Paul Graou, Léo Banos et Clément Vergé s’y succèdent pour enregistrer un message destiné à un jeune patient de l’IUCT-Oncopole de Toulouse.
“C’est très bien de le faire, on espère leur apporter beaucoup de courage et de force”, confie Léo Banos. “On parle à quelqu’un qui est malade, c’est à nous d’y mettre du nôtre pour l’encourager.”
Pour Paul Graou et Clément Vergé, l’engagement dépasse le symbole. “On accompagne des gens qui sont dans une bataille plus importante que la nôtre.” Face à la borne, l’exercice n’est pas anodin : “On parle à un objet électronique, mais on sait que derrière, il y a quelqu’un à qui ça fera plaisir.”
Une surprise derrière l’écran
La borne, mise à disposition dans le cadre du programme soutenu par la Fondation La Roche-Posay, permet aux patients qui ne peuvent pas venir au stade d’échanger avec les joueurs. Les vidéos rappellent un message simple : “Ici, on fait du sport pour combattre le cancer.”
Mais cette année, la surprise va plus loin. Les AJA (adolescents jeunes adultes) suivis à l’Oncopole pensent recevoir uniquement une vidéo. Les joueurs apparaîtront finalement en personne, dans leur chambre, pendant leur séance de thérapie sportive.
Léo Banos appréhende : “Ce sera ma première visite. J’appréhende un peu, mais ça va bien se passer.” Paul Graou relativise : “Le Stade a une image, c’est important pour nous de nous engager.”
Le sport comme respiration
Direction l’Oncopole. Dans une chambre, Eva, 28 ans, jeune maman, s’attend à voir entrer David Prunet, praticien en thérapie sportive à la CAMI Sport & Cancer. Comme plusieurs fois par semaine, elle doit entamer sa séance individuelle.
La porte s’ouvre. Derrière le thérapeute, une silhouette apparaît. Léo Banos, le troisième ligne du stade entre avec lui. Les yeux d’Eva s’écarquillent. Elle pensait simplement découvrir une vidéo enregistrée le matin même au stade.
La séance commence, dans une atmosphère légère. Les joueurs participent aux exercices et échangent quelques mots avec Eva et sa famille. Pendant un instant, la chambre d’hôpital ressemble presque à une parenthèse, hors du temps.
Sarah Nogaret, infirmière coordinatrice AJA, insiste : “À leur âge, se construire avec la maladie, c’est rude. Ce type d’opération est une bouffée d’air frais. Ça permet un temps de pause, d’oubli.” Elle rappelle l’importance du sport : “Il entretient le corps, mais aussi le bien-être psychologique.” Et ajoute : “Voir les patients heureux, ça crée un moment de répit dans une période compliquée.”
Un programme ancré dans la durée
Lancé en septembre 2018 en collaboration avec l’Oncopole et la CAMI, le programme “Sport & Cancer” propose des séances hebdomadaires au stade Ernest-Wallon et à l’hôpital. Depuis 2022, la borne vidéo complète le dispositif pour maintenir le lien.
Partenaire du programme, la Fondation La Roche-Posay agit pour améliorer la qualité de vie des jeunes patients et rompre leur isolement. “Inventer un dispositif pour les adolescents et jeunes adultes était une évidence”, souligne Maxime Dupont, son délégué général. “Il fallait répondre à leurs besoins concrets et leur offrir des moments pour souffler.”

