February 26, 2026

ENTRETIEN. SU Agen : "Ce sera un jeu d’échecs contre mes amis de Provence", sourit Mauricio Reggiardo

l’essentiel
Le manager du SU Agen s’apprête à retrouver, vendredi soir (19 heures), son ancien club de Provence Rugby. À deux points du top 6, Agen ne fera pas le voyage à vide du côté du stade Maurice David. Confidences.

Dans quel état d’esprit êtes-vous, personnellement, au moment de retrouver votre ancien club ?

Ça me fait plaisir, j’ai laissé pas mal d’amis là-bas. J’ai des bons rapports avec le président, avec l’ancien staff, avec les joueurs. Je n’ai pas de comptes à régler, c’est juste un match de plus pour moi.

Cela ne va pas vous faire bizarre d’occuper les vestiaires des visiteurs ?

Non, mais il me tarde de retrouver des gens avec qui j’ai beaucoup partagé. On a vécu des émotions ensemble, une aventure. J’ai envie de faire un bon match, mais pour nous. Afin qu’on se paie des efforts que l’on fait.

Sur le plan sportif, ce match s’annonce compliqué, mais demeure très important en vue du top 6 ?

Est-ce qu’il y a un match facile ? Provence Rugby, comme Vannes ou Brive, a l’avantage de recevoir des adversaires qui font souvent tourner et qui ne viennent pas avec la même intensité. Quand une équipe aborde ce déplacement plus sérieusement, comme Oyonnax il y a deux semaines c’est plus compliqué pour eux (victoire 35-34). Avant de commencer ce bloc, on s’est dit qu’on jouerait tous les matchs à fond. Cela a été le cas à Brive, contre Valence-Romans. Ce sera le cas vendredi aussi. On a la chance d’avoir un effectif avec une infirmerie pratiquement vide. Ça nous permet d’avoir un groupe élargi pour aborder chaque rencontre.

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Les deux premiers matchs de ce bloc ont dû vous rassurer.

Oui, on a été dans la continuité de la réception de Nevers. Ce n’est pas loin d’être notre match référence. On a été costaud, efficace et bon en conquête. À Brive on a fait le match qu’on voulait faire Contre Valence-Romans aussi. Aujourd’hui, on est au-delà de la compo d’équipe et ça me plaît. Le « nous » est plus important que le « je ». Pour moi, c’est la clé d’une équipe de rugby. Quand des joueurs importants de ton effectif n’ont pas été à leur meilleur niveau comme le week-end dernier, la force collective vous permet de vous en sortir.

Vous avez perdu le point de bonus offensif en fin de match face à Valence-Romans. Est-ce une déception ?

Avant le match, j’aurais été content d’avoir gagné. Cependant, vu la physionomie de la rencontre j’ai une petite frustration à la fin. Valence-Romans était venu au complet pour gagner. Ils avaient beaucoup d’ambition. Au-delà du bonus, on a fait un match sérieux même si tout n’a pas bien fonctionné et que certains joueurs importants n’ont pas fait leur meilleur match. On a réussi à bien mériter la victoire. Il y a eu un état d’esprit et un engagement sans faute de toute l’équipe. Avec ça, vous pouvez voyager. Je tiens à souligner d’ailleurs que c’est la première fois de la saison qu’on a débuté la rencontre avec nos cinq recrues (Deligny, Tomkinson, Dupichot, Matakaiongo et Willis). Il ne manquait que Denis Marchois. Cela prouve qu’ils se sont bien intégrés au groupe.

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Provence-Rugby reste sur six victoires à l’occasion des huit derniers matchs. Comment évaluez-vous cette formation ?

Ce doit être, avec Brive, l’équipe la plus puissante. Pas la meilleure, car Vannes est là. Mais il y a beaucoup de puissance dans cette équipe. Quand ils arrivent à allier cette puissance à la vitesse, ils deviennent très difficiles à jouer. C’est une équipe très complète, qui défend très bien. Parfois, ils ont toutefois certaines lacunes. Ils ont du mal à être consistants durant 80 minutes. Ils y sont parvenus à Nevers qui a été surclassé. Ils sont aussi indisciplinés, c’est d’ailleurs une des formations les plus sanctionnées du championnat. On a de quoi travailler. Mais ça va être un jeu d’échec. Eux me connaissent, je les connais. On a travaillé ensemble pendant longtemps avec Rémy (Ladauge) et Julien (Dupuy). Il faudra rester le plus longtemps possible dans le match et chaque minute qui passera jouera en notre faveur.

Votre principal adversaire pour le top 6 est Brive qui est deux points devant vous. Eux comme vous vont avoir cinq déplacements pour quatre réceptions. On a l’impression que la formation qui réussira à s’imposer à l’extérieur fera un pas important en vue de la qualification ?

C’est ce que j’avais dit avant le déplacement à Brive. Ils ont failli gagner à Grenoble et ça aurait été compliqué pour nous. Ils reçoivent Dax avant d’aller à Colomiers. Après Provence Rugby, on recevra Carcassonne. Le premier qui réussira à faire un coup marquera des points. On est en train de monter en puissance, mais eux aussi. Ils ont fait un sacré match à Grenoble. On verra bien. La météo qui va arriver dans les prochaines semaines va nous aider pour mettre en place notre rugby. Quoi qu’il en soit, il faut qu’à la fin de ce bloc on soit toujours dans la course.

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En plus des victoires à l’extérieur, les points de bonus vont aussi être importants…

Oui, et je regrette qu’on en ait perdu trois contre Béziers, Aurillac et donc Valence-Romans. C’est notre marge de progression d’être capable de le conserver. On a encore un cap à franchir.

Croyez-vous à ce top 6 ou vous pensez que cela arrive trop tôt ?

Bien sûr que j’y crois. Il ne faut pas se mentir. Agen se doit d’être dans les vingt meilleurs clubs français. La saison dernière on était le 28e club français, l’avant-dernière le 27e. Or on doit être dans le top 20 français. Pour l’instant on est le 21e.

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