La crise du Stado TPR secoue le monde du rugby tarbais. La cessation de paiements du club suscite des réactions vives, notamment contre les élus locaux. Le Département de Michel Pélieu défend sa position, mais la polémique persiste.
Depuis l’annonce du forfait du Stado TPR pour le reste de la saison en raison de la cessation de paiements et dont le dépôt de bilan sera examiné au tribunal de commerce, jeudi 26 février prochain, les réactions se sont multipliées. Souvent épidermiques de la part de tous les amoureux du sport, du rugby et du club tarbais, choqués par la disparition annoncée d’un historique comme en témoignent les innombrables messages qui fleurissent un peu partout, relayés par des porte-voix plus ou moins puissants.
Ainsi l’ancien entraîneur tarbais Fabien Fortassin désormais à la tête de Valence-Romans a, en conférence de presse après le match à Agen, mis en cause la politique menée par les élus locaux : « Ils ont déjà fait couler le club de basket féminin (le Tarbes Gespe Bigorre, NDLR). Je suis vraiment triste pour les joueurs et le staff. Je pense que les Tarbais n’avaient pas envie d’avoir une équipe professionnelle à Tarbes… »
Même son de cloche chez les supporters croisés à Maurice Trélut, « on en veut à la municipalité de Tarbes et aux élus. C’est une volonté politique qu’il n’y a pas », qui ont également douté de la volonté du conseil départemental : « Chez nous, où est le Département ? ».
Si, pour l’heure, la municipalité tarbaise n’a pas encore réagi, la petite phrase rapportée dans notre édition de vendredi dernier n’a en revanche pas été appréciée par le président du Département.
« Le Département, il fait. Mais dans le cadre de la loi »
En effet, Michel Pélieu a tenu à apporter quelques précisions ce lundi matin : « Le Département, il fait ! Je rappelle que le Département aide le sport en général et le rugby, peut-être, plus particulièrement. Mais simplement le club de formation et sa structure associative. Car, je le rappelle aussi, depuis 2015 nous n’avons plus le droit d’aider les clubs professionnels. Donc, on aide le rugby, on aide les clubs de Fédérales mais pas un club professionnel. »
Le président a ensuite tenu a rappelé que « par ailleurs, le Département n’est pas partie prenante dans le conseil d’administration du Stado TPR… On n’est pas membre de tout cela » même si les liens affectifs avec le club tarbais sont anciens : « J’étais là en 2000 et on était les premiers à soutenir le TPR qui était déjà un club professionnel. Mais, à cette époque, on avait le droit de le faire. Aujourd’hui, la loi nous l’interdit mais on aide les centres de formations et de façon significative. »
Préserver les gisements du rugby
Si Michel Pélieu n’a pas voulu se montrer plus disert dans une période particulièrement sensible – « à 15 jours des élections municipales, je ne vais pas me livrer à des commentaires, mais pour moi le Stado est le club de la ville » –, il s’est dit cependant très attentif aux suites et notamment celles qui pourraient affecter la formation « le danger, c’est que disparaissent des lieux de gisements de joueurs de rugby. Si l’on fait des actions en faveur de la formation, il faut garder derrière un club un peu mythique comme peuvent l’être également Lourdes, Lannemezan ou encore Bagnères qui ont des références dans la formation de nos jeunes. »
Une première réaction de la part de la collectivité départementale pas insensible aux malheurs du Stado TPR et qui devrait être suivie de celle de la mairie de Tarbes, mise en cause dans ce fiasco, puisqu’un communiqué est en cours de préparation selon nos informations.

