L’assemblée du PS de la Haute-Garonne, organisée jeudi pour dresser le bilan des municipales, a reproduit la ligne de fracture qui traverse le parti depuis l’alliance avec LFI. À Toulouse, les partisans d’Olivier Faure sont majoritaires.
Une réunion pour débattre mais peut-être aussi un rendez-vous manqué pour ceux qui, au Parti socialiste, à Toulouse, contestent toujours l’alliance avec LFI et donc l’orientation générale de leur parti. L’assemblée du PS de la Haute-Garonne, organisée jeudi soir, en présence d’une bonne centaine de militants, pour faire le bilan des municipales, a reproduit la ligne de fracture nationale que vit la formation. Avec une différence : dans l’Hexagone, Olivier Faure a été mis en minorité par ses concurrents, Boris Vallaud et Nicolas Mayer-Rossignol, mais ici, le courant du premier secrétaire domine toujours largement. D’où un débat asymétrique et sans remise en cause de la ligne. “Je ne démissionnerai pas”, a d’ailleurs averti François Briançon, n° 1 du PS en Haute-Garonne, en réponse à une question que personne pourtant ne lui avait posée dans l’assistance.
“Comment peut-on être compris des Français quand on déclare que Jean-Luc Mélenchon a tenu des propos antisémites et quinze jours plus tard multiplier les alliances locales ?” a interrogé le député de Colomiers Arnaud Simion en rappelant qu’à ses yeux l’union entre “le populisme de gauche et la social-démocratie est un échec”.
“Quand les socialistes sont clairs, ils gagnent”, a affirmé le conseiller régional Guillaume de Almeida Chaves en citant les exemples de Castanet, Fenouillet et Colomiers. Également opposé à l’alliance avec LFI, Joël Carreiras a pointé du doigt “une stratégie à géométrie variable” et donc “un problème de colonne vertébrale” au PS.
L’union comme seule option
François Briançon, que nous avons contacté et qui n’a pas souhaité commenter cette réunion, et les partisans de l’alliance ont, eux, expliqué qu’ils n’avaient pas voulu reproduire le précédent de 2020 quand Nadia Pellefigue a refusé de rejoindre la liste Archipel. Pour eux, en résumé, l’union était la seule option possible.
Certains, sur la défensive, ont justifié ce choix avec virulence, dénonçant même “des traîtres”. Un mot que n’a cependant pas laissé passer François Briançon. Absent de la réunion, Marc Sztulman, qui avait publiquement dénoncé l’alliance, se serait vu reproché, à mots couverts, d’avoir instrumentalisé la lutte contre l’antisémitisme. La cérémonie d’hommage aux victimes des attentats de 2012, pendant laquelle François Piquemal mais aussi François Briançon ont été hués, a été décrite comme un piège tendu par Jean-Luc Moudenc avec le Crif. Un piège, si tel est le cas, dans lequel ils sont tombés.
L’alliance de socialistes avec la droite dans les intercommunalités, comme c’est le cas à la Métropole, a elle aussi été vertement critiquée lors de ce débat qui s’est déroulé sous tension mais sans véritable clash.

