Un cambriolage à Astugue a bouleversé la vie d’un couple, laissant des séquelles invisibles. Le voleur, confondu par son ADN, a nié les faits face au tribunal de Tarbes malgré les preuves accablantes retenues contre lui.
“Au-delà du préjudice financier, cette intrusion a bouleversé nos vies”. Face au tribunal correctionnel de Tarbes, un résident d’Astugue (Hautes-Pyrénées) a relaté comment son quotidien, et celui de sa compagne, a changé au lendemain d’un cambriolage.
Le responsable, un homme de 39 ans présenté comme résident espagnol, a comparu en visioconférence depuis la prison dans laquelle il est incarcéré depuis son arrestation. À peine l’audience ouverte, le prévenu, loin d’être coopératif, a semé le trouble en demandant que son interprète espagnole soit remplacée par un homologue géorgien, pour pouvoir s’exprimer dans sa langue natale. Une demande rejetée par la présidente, qui lui a opposé qu’il a répondu sans difficulté en espagnol lors de sa garde à vue.
“L’enquête débute le jour où le propriétaire découvre sa maison visitée. Le portail a été forcé, tout comme une porte-fenêtre. À l’intérieur, plusieurs objets ont disparu : de l’outillage, des bijoux”, a rapporté la magistrate. Mais ce sont surtout les traces laissées derrière le cambrioleur qui vont permettre de remonter jusqu’à lui. Sur la porte fracturée et sur un mouchoir abandonné, les analyses révèlent son ADN. Le voleur identifié est alors inscrit au fichier des personnes recherchées.
Incohérent récit
Son arrestation, elle, relève presque du hasard. Le 11 mars 2025, en région parisienne, il est contrôlé par les forces de l’ordre pour une conduite dangereuse. Lors de la vérification de son identité, les policiers découvrent qu’il fait l’objet d’un mandat de recherche.
À l’audience, comme lors de sa garde à vue, l’homme a nié les faits malgré les preuves accablantes retenues contre lui. “Ce soir-là, j’étais en voiture avec un ami à moi, nous avions bu. Notre voiture est tombée en panne alors on a cherché de l’aide pour boire, dormir ou manger. On a frappé à la porte il n’y avait personne. Moi je voulais partir, mais mon ami est entré et a volé”, s’est-il défendu sans avocat pour l’assister.
Face à cette nouvelle version sortie du chapeau, le propriétaire de la maison cambriolée a tenu à souligner l’incohérence de ce récit. Calme, posé, il a décrit une intrusion qui n’avait rien d’opportuniste. “Il fallait forcément être équipé d’outils pour forcer le portail d’entrée et la baie vitrée”. Et au-delà des dégradations et des objets volés, c’est l’atteinte intime qu’il a souhaité mettre en avant.
Parmi les biens dérobés, une alliance ayant appartenu à son père. “Elle n’avait pas de valeur marchande, mais une immense valeur sentimentale. Ça, je ne peux pas le pardonner.”
Interdit de territoire
Depuis, le quotidien du couple a changé. “Cela fait trente ans que nous habitons là. Être cambriolé, ce n’est pas anodin. Désormais, il reste une angoisse permanente. Ma compagne ne dort plus. Nous avons installé une alarme… On a perdu notre tranquillité.”
Si le préjudice matériel est estimé à un peu plus de 2 000 euros, le procureur a estimé que l’essentiel est ailleurs : “des blessures invisibles, difficilement réparables”. Et de rappeler le parcours judiciaire chargé du prévenu, déjà condamné à plusieurs reprises en France pour des vols, de Paris à Bordeaux, malgré plusieurs interdictions du territoire prononcées par plusieurs juridictions. Le magistrat a requis entre 12 et 15 mois de prison ferme et 5 ans d’interdiction du territoire français.
À l’issue d’un bref délibéré, le tribunal a déclaré le prévenu coupable de vol avec dégradations, en récidive. Il a été condamné à 15 mois de prison ferme, l’interdiction du territoire français pendant cinq ans a également été prononcée.

