February 14, 2026

"Un contexte réglementaire ubuesque" : le coup de gueule de Jean-Michel Baylet à propos du blocage de projets de stockage d’eau en Tarn-et-Garonne

l’essentiel
Lors de la session budgétaire du conseil départemental, jeudi 12 février 2026 à Montauban, Jean-Michel Baylet a présenté le bilan des actions menées en 2025 par le syndicat mixte Tarn-et-Garonne Aménagement qu’il préside. Si le déploiement de la fibre se déroule comme prévu, la compétence “eau” qu’exerce TGA depuis 2022 se heurte à une administration tatillonne qui bloque des projets de réserves de substitution pourtant vitaux pour les agriculteurs.

“Je n’ai pas l’habitude de me faire balader de la sorte par l’administration. Si les dossiers de réserves de substitution sur lesquels nous avons conjugué nos efforts ne se débloquent pas, j’en tirerai les conclusions en ce qui me concerne et je vous remettrai le mandat que vous m’avez confié.” Le message de Jean-Michel Baylet est clair.

Le maire et conseiller départemental de Valence-d’Agen s’exprimait jeudi 12 février 2026, en fin de séance de l’assemblée plénière du conseil départemental réunie à Montauban pour voter le budget primitif 2026, en sa qualité de président de Tarn-et-Garonne Aménagement.

Né en 2016 sous le nom de Tarn-et-Garonne Numérique pour piloter le chantier de déploiement du réseau public de fibre optique, et avec quel succès, ce syndicat mixte a décidé d’élargir ses compétences en 2022 pour être le socle des projets d’irrigation agricole, et précisément d’ouvrages de substitution qu’il est urgent de relancer dans notre département. Sauf que l’urgence ne fait pas partie du vocabulaire de l’administration française, quand bien même le Tarn-et-Garonne bénéficie d’un préfet de l’envergure de Vincent Roberti.

“Voilà plus de deux ans que nous avons initié notre activité concernant les ouvrages de substitution et je ne vous cache pas la situation congestionnée de nos dossiers en cours. J’ai découvert un contexte réglementaire ubuesque et j’ai eu l’occasion d’exprimer encore récemment auprès du préfet et de la directrice de l’Agence de l’eau Adour-Garonne tout ce que je pensais d’une situation dans laquelle nos dossiers sont en butée face à une administration extrêmement pointilleuse, alors que nous agissons dans le cadre d’une mission d’intérêt général, consensuelle auprès de tous les acteurs, et pour laquelle l’État et l’Agence de l’eau eux-mêmes sont venus nous demander d’agir”, expose M. Baylet, qui a lui-même adressé “un témoignage argumenté” à Sébastien Lecornu.

Il ajoute que “dans le contexte de crise agricole que nous traversons, les craintes de l’État face à cette actualité préoccupante ouvrent de nouvelles brèches puisque le Premier ministre a demandé aux préfets de lui faire remonter les blocages et les postes de déblocage de dossiers”.

Du Pays de Serres au Quercy caussadais, les projets ne manquent pas

En Tarn-et-Garonne, les dossiers de réserves d’eau de substitution qui n’attendent plus que le feu vert administratif commencent à s’accumuler sur le bureau du directeur de TGA Pierre Coyaud dont Jean-Michel Baylet loue l’engagement et la qualité du travail. L’agrandissement de deux retenues à Tréjouls pour éviter de puiser de l’eau dans le Lendou. La création d’une retenue de 28 500 m³ à Montricoux en substitution de pompages dans le Rieumet. Deux projets à Lapenche pour préserver le Cande en période d’étiage, un d’une capacité de 40 000 m³ à Cayriech ou encore, à Cazes-Mondenard, la création d’une retenue alimentée par le réseau de l’ASA de Valence, hors étiage, de 137 000 m³.

“Il est désormais urgent que nous concrétisions tous les efforts que nous fournissons et qui ont un coût mais qui ont surtout une grande nécessité, pour notre agriculture et pour le milieu naturel”, conclut Jean-Michel Baylet. Au moment où il s’exprimait, des seaux d’eau s’abattaient sur Montauban et le Tarn-et-Garonne. Une ressource qu’il serait si utile de stocker, en prévision des épisodes de sécheresse, plutôt que de la laisser couler vers l’océan.

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