Le patrimoine de Villefranche-de-Rouergue s’écoute désormais grâce à “Oreilles en balade”. Ce parcours sonore plonge les visiteurs dans l’histoire orale du quartier de la rive gauche.
À Villefranche-de-Rouergue, le patrimoine ne se regarde plus seulement : il s’écoute. Le dispositif “Oreilles en balade” invite à une immersion sonore au cœur de la tradition orale. Après les deux premiers volets retraçant la vie des quartiers du Tricot et de la place Notre-Dame, voici arrivé le parcours sonore du quartier de la rive gauche.
“Ce projet s’inscrit dans une volonté municipale de recueillir les témoignages du passé afin de les transmettre aux générations futures”, rappelle Jean-Sébastien Orcibal, maire de Villefranche. Les habitants des quartiers ont été enregistrés lors d’entretiens l’an dernier.
Par épisode, ils sont restitués en capsules à découvrir sur le site d’Oreilles en balade et prochainement accessibles via des QR codes installés dans les rues du quartier. “Notre réflexion, c’est qu’il faut savoir d’où l’on vient pour mieux envisager l’avenir”, philosophe l’adjoint Jean-Michel Bouyssié.
La Peyrade, un quartier entre ruralité et bastide
“On a une pensée particulière pour Mme Vic, qui tenait le restaurant au bout de la rue La Peyrade, ou d’autres encore, qui ne sont plus parmi nous. Ce quartier a toujours fait le lien entre la ville et le monde rural, notamment grâce à la gare de marchandises située de l’autre côté de la rue. Cette rue a longtemps irrigué le territoire, que ce soit vers la Bastide ou vers la campagne du Ségala”, se remémore Jean-Michel Bouyssié.
Dans ces capsules sonores d’une trentaine de minutes, les habitants racontent leurs souvenirs, sans concessions. Du témoignage brut. Des dispositifs comme celui-ci, il en existe une vingtaine entre l’Aveyron et le Tarn. “Comme il n’y a que du son, notre objectif est d’amener les gens à raconter leur histoire de manière vivante et imagée, avec de l’émotion, pour que l’auditeur soit captivé du début à la fin. Ensuite, il y a un gros travail de montage : nous enregistrons de nombreuses heures, puis nous construisons un véritable puzzle sonore à partir de tous ces témoignages”, précise la représentante d’Oreilles en balade.
Valoriser le patrimoine
La sélection de ces secteurs ne doit rien au hasard. Quartiers prioritaires de la ville, c’est l’occasion de mettre en avant ce patrimoine. En partenariat également avec le pays d’art et d’histoire. Annie Rougier, médiatrice pour le label, présente le territoire : “C’est un lieu très riche. Ce serait même l’un des premiers secteurs habités avant la fondation de la Bastide. On y trouvait déjà des regroupements d’habitations et d’activités. Le son d’« Oreilles en balade » rend bien compte de cette profusion d’activités passées, dont on ne se rend plus forcément compte aujourd’hui.
Cette déambulation sonore laisse place à l’imaginaire. L’occasion pour les touristes aussi de visiter la ville autrement, comme un livre audio, déambuler dans les rues de Villefranche et s’imaginer la vie d’avant. “Les personnes âgées racontent leur jeunesse, mais nous avons aussi interrogé de nouveaux habitants qui expliquent pourquoi ils aiment vivre ici. Cela permet de croiser les regards et de montrer la continuité de la vie du quartier”, insiste Oreilles en balade.
Le maire conclut : “Ce quartier a toujours su conjuguer autonomie et ouverture, notamment grâce à la gare, qui a longtemps été un point de rencontre entre la ville et la ruralité. C’est ce que les témoignages du reportage mettent en lumière.”

