Kyrylo Marsak, représentant l’Ukraine aux Jeux d’hiver 2026, a vivement protesté contre la présence d’athlètes de la Russie et de la Biélorussie à Milan-Cortina, ce mardi 11 février. Un réquisitoire qui intervient alors que les instances songent à réduire les restrictions envers ces deux nations.
Kyrylo Marsak n’oublie pas les ravages de la guerre. Originaire de Kherson, ville ukrainienne occupée par la Russie entre mars et novembre 2022, le patineur artistique de 21 ans reste profondément marqué par ce conflit. Interrogé par la Deutsche Welle, la télévision publique allemande, le jeune homme a livré un puissant témoignage. “Tous les bâtiments qui comptaient pour moi, surtout à Kherson, sont détruits ! La patinoire est réduite en miettes et mon appartement a été touché par une bombe, juste en dessous”, s’émeut-il.
Ukrainian figure skater Kyrylo Marsak on facing Russia’s ‘neutral’ Petr Gumennik at the 2026 Winter Olympics:
“All the buildings that had meaning in my life, especially in Kherson, they are destroyed! The skating rink is destroyed to pieces and my apartment is also the bomb came… pic.twitter.com/LMi3jZp0MS
— Kate from Kharkiv (@BohuslavskaKate) February 10, 2026
Il poursuit sa réflexion en s’indignant de la présence de sportifs russes, dont son rival Petr Gummenik, et biélorusses. “Même sous couvert de neutralité, ils ne devraient pas être autorisés à participer. La plupart d’entre eux soutiennent secrètement cette guerre et il existe des preuves, mais le CIO n’y a malheureusement pas prêté attention, accuse-t-il. Comment peut-on prétendre que le sport est apolitique ? Ils représentent leur pays, ils représentent leur drapeau. C’est de la politique pure et simple.”
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La guerre entre Kiev et Moscou demeure omniprésente malgré le cadre olympique. Vladislav Heraskevych, porte-drapeau de la délégation ukrainienne, a par exemple bravé une interdiction du Comité international olympique (CIO). La raison ? Il veut porter un casque orné de photos d’athlètes morts pendant la guerre, jugé contraire à la Charte olympique.
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Une mise au ban bientôt terminée ?
À l’international, la tendance est plutôt d’assouplir les sanctions sportives vis-à-vis de la Russie et de ses alliés. En septembre 2025, le Comité international paralympique (IPC) avait ouvert la porte au retour des para-athlètes russes et biélorusses – sous leur drapeau respectif – aux Jeux paralympiques de Milan-Cortina, du 6 au 15 mars. Aucun ne devrait pourtant participer en raison du maintien des restrictions par les fédérations responsables des sports disputés aux Jeux paralympiques (ski alpin, biathlon, etc.).
Kirsty Coventry, la présidente du CIO, se montre, elle aussi, plus indulgente. “Nous comprenons la politique et nous savons que nous n’évoluons pas en vase clos, affirmait-elle lors de son discours d’ouverture au 145ᵉ congrès du Comité, à Milan. Cela signifie préserver la neutralité du sport, un lieu où chaque athlète peut concourir librement, sans être entravé par la politique ou les divisions de son gouvernement.”
Hors du monde olympique, le président de la FIFA Gianni Infantino plaide également pour la réintégration de l’équipe nationale et des clubs russes dans les compétitions de football. “Cette suspension n’a rien apporté, elle n’a fait qu’accroître la frustration et la haine”, soutenait-il au micro de Sky Sports le lundi 2 février. Pas sûr que Kyrylo Marsak et les autres Ukrainiens soient en accord avec cette volonté.

