Le tribunal de Rodez, en Aveyron, a condamné deux hommes accusés d’avoir organisé le vol de 120 000 euros de matériels agricoles, dont des tracteurs et des remorques. Ils revendaient le pactole en Ariège.
L’Ariège a trouvé écho jusque dans l’Aveyron, mais ce n’est cette fois pas pour le succès du château de Foix ou de ses stations de ski. Au tribunal de Rodez, une série de faits remontant à une période répartie entre août 2024 et mai 2025 est à l’ordre du jour. Au cours de cette audience que rapportent nos confrères de Centre Presse Aveyron, un système de vol et de revente bien ficelé est sous la lumière des projecteurs.
Deux hommes, un Aveyronnais et un Ariégeois, sont accusés d’avoir orchestré à eux deux des mois de cambriolages dans des concessions agricoles, et d’en avoir gagné leur pain en revendant le pactole en Ariège. Le préjudice total s’élève à 120 000 euros de matériel, incluant tracteurs et remorques appartenant à des agriculteurs.
À lire aussi :
Volé en Aveyron, revendu ailleurs… Un vaste marché noir de matériel agricole
Une quarantaine de remorques et des tracteurs volés
L’Aveyronnais comparaît seul à la barre du tribunal de Rodez. L’Ariégeois, quant à lui, brille par son absence. Le prévenu est un ancien exploitant agricole, devenu “voleur”, reconnaît-il face aux juges. Pendant près d’un an, il a dérobé près d’une quarantaine de remorques dans des concessions de l’Aveyron, en plus de multiples tracteurs-tondeuses et autres biens.
À chaque fois, le fonctionnement est le même : il vole, puis il revend à l’Ariégeois. Au total, il parcourt 50 000 kilomètres. Pour justifier ce revirement de vie, passé des exploitations aux cambriolages, l’homme à la carrure imposante expose justement la fin de sa carrière agricole. Il se reconvertit avec sa femme dans une petite entreprise de gâteaux à la broche. Si l’activité démarre sous les meilleurs auspices, la crise du Covid interrompt brutalement cet élan.
À lire aussi :
Derrière les vols de GPS agricoles, des gangs organisés qui revendent le matériel dans le monde entier
Un homme endetté devenu voleur
Il explique à la barre que l’entreprise du couple coule doucement mais sûrement, alors qu’elle ne parvient pas à obtenir d’aides de l’État à cause du caractère “non essentiel” de son activité. L’Aveyronnais et sa femme s’endettent de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le couple se sépare. Pour l’homme, il faut réagir vite pour ne pas définitivement sombrer. Il devient voleur, car cela semble la solution la plus simple pour se refaire une santé financière compatible avec la garde de son fils de 12 ans.
Sur les 120 000 euros, l’Aveyronnais dit en avoir tiré entre “5 000 et 10 000 euros”. L’une des victimes conteste la véracité du témoignage du prévenu, indiquant que son matériel perdu vaut à lui seul ce que le voleur dit avoir gagné. Les excuses de ce dernier tendent le procureur de la République.
À lire aussi :
VIDEO. “Impossible de travailler les champs sans ce matériel…” Le fléau du vol de GPS agricole ne faiblit pas dans le Gers
Centre Presse Aveyron rapporte ses vifs propos : “Quand un voleur ne trouve plus l’occasion de voler, il se croit honnête homme ! On a presque la larme à l’œil en vous écoutant mais ce n’est pas sincère. Si les gendarmes ne vous arrêtent pas, ça aurait duré combien de temps ? Vous n’avez pas pété un plomb une seule fois, cela a duré des mois avec des périodes où vous voliez toutes les nuits !”
Une peine avec sursis pour l’un, la prison pour l’autre
Après les plaidoiries, le tribunal prononce sa peine : deux ans de prison avec sursis. Pour l’Ariégeois, le revendeur de cette histoire, la peine est plus sévère. L’homme, déjà connu de la justice pour des faits du même style, est condamné pour cette affaire à un an de prison ferme. On apprend également que la justice espagnole l’a également condamné récemment à six mois de prison ferme… pour des vols de matériels agricoles.

