Le siège national de la Coordination rurale (CR) s’installe à Agen, au cœur d’un département où le syndicat s’est imposé comme une force incontournable. Sans être revendiqué comme tel, ce déménagement marque un nouveau cap, et fait entrer la CR 47 dans une nouvelle dimension.
C’est acté. Le siège national de la Coordination rurale (CR) va bien quitter son fief gersois pour poser ses valises à Agen. Après “quelques détails administratifs à régler”, selon son président Bertrand Venteau, le déménagement devrait intervenir courant février. Installation on ne peut plus logique du côté de la Maison de l’agriculture, soit dans les mêmes locaux que l’antenne lot-et-garonnaise du syndicat et la chambre d’agriculture du département.
À lire aussi :
“On est toujours dans le combat” : les trois principaux enjeux de l’assemblée générale de la CR 47, à Agen
Le symbole est fort. De son côté, José Pérez, président de la CR 47, refuse d’y percevoir une quelconque “mise en lumière”. “On veut surtout que la CR évolue et se développe”, confiait-il sobrement quelques jours avant l’assemblée générale de l’antenne départementale, organisée ce vendredi 6 février à Agen.
Dans la continuité
Justement, la sobriété est de mise. Car à la CR 47, “on n’a pas l’habitude de parler de soi”, répète-t-on souvent en interne. Mais au fond, ce déménagement est tout sauf anecdotique. Il s’inscrit dans une continuité. Un nouveau cap est franchi. “Le Lot-et-Garonne a fait ses preuves pour défendre notre profession, glisse Bertrand Venteau. Ça nous paraissait normal de venir ici. Le 47 est très actif. On n’arrive pas là par obligation, mais parce que c’est logique.”
À lire aussi :
AG de la CR 47 : un agriculteur d’Eure-et-Loir offre un panneau d’entrée de ville de Paris au syndicat
Année après année, la popularité du syndicat aux couleurs jaunes et noires gagne du terrain. En Lot-et-Garonne, il est largement majoritaire. Se faire entendre localement, c’est une chose. Mais rayonner auprès d’un pays entier, c’est encore mieux. La CR 47 l’a notamment montré en 2024, lors des grandes mobilisations agricoles. Puis début 2026. La première épopée vers Rungis n’est pas passée inaperçue. Elle a marqué les esprits… et a même fait école.
“C’est vous qui m’avez donné envie de m’engager”
Alexandre Patte, un agriculteur d’Eure-et-Loir, y a fait directement référence lors de l’assemblée générale de la CR 47 de ce vendredi. “C’est vous qui m’avez donné envie de m’engager, lançait-il au micro. Quand vous êtes allés à Rungis, je me suis dit : ‘ces gens-là sont exceptionnels’. J’ai pensé qu’on ne pouvait pas les laisser seuls. Vous êtes des femmes et des hommes debout. Ça force le respect.”
À lire aussi :
Colère des agriculteurs : “On ne revivra plus jamais ça” La CR 47 est de retour dans le Lot-et-Garonne
Constat partagé par le président national du syndicat. Lui voit l’antenne lot-et-garonnaise comme un exemple à suivre. “Ici, il y a une certaine méthode et un état d’esprit qu’on ne trouve pas ailleurs, estime-t-il. Ils nous ont tous aidés à progresser. Il faut s’en inspirer.”
Nouvelles responsabilités
Cette influence grandissante se traduit par des prises de responsabilité au sommet. Quelques figures du 47 intègrent le siège national. À commencer par Aurélie Armand, jusqu’alors directrice et vice-présidente de la CR 47. Elle vient d’être nommée directrice générale des instances.
À lire aussi :
Colère des agriculteurs : “Nous craignons le pire pour la suite”… la CR 47 appelle à la démission de Laurent Nuñez et Annie Genevard
Départ salué, non sans émotion, par Karine Duc, présidente de la chambre d’agriculture du Lot-et-Garonne. “Aurélie fait un boulot monumental, c’est la meilleure, s’est-elle enthousiasmée. On a dit à Bertrand [Venteau, n.d.l.r.] : ‘si tu la prends, on se coupe une jambe’. Mais si c’est pour permettre à la CR de briller nationalement… On a besoin de gens comme ça, pas de pimpins qui font la tournée des salons !” À noter que José Pérez prend la vice-présidence du siège national – sans pour autant laisser son poste de président de la CR 47.
Le centre de gravité de la Coordination rurale s’est légèrement déplacé. Même si elle n’en était jamais bien loin, l’antenne lot-et-garonnaise se trouvera désormais au cœur des décisions. Elle ne se contente plus de montrer la voie. Elle contribue plutôt à la tracer.

