Harcelée en ligne après l’affaire de fraude à la carte bancaire pour laquelle elle a été condamnée à de la prison avec sursis et une amende, la biathlète française Julia Simon revient sur ces mois douloureux avant les Jeux Olympiques d’hiver, auxquels elle va participer avec l’équipe de France.
Dix fois championne du monde de biathlon, Julia Simon, 29 ans, a connu une préparation olympique agitée. Celle qui représentera la France aux JO de Milan-Cortina, qui s’ouvrent ce samedi 6 février et qu’elle aborde “avec sérénité”, a été condamnée à trois mois de prison avec sursis, à une amende de 15 000 euros et a été suspendue par la Fédération française de ski pour une affaire de fraude à la carte bancaire, qui l’a notamment opposée à sa coéquipière en bleu, Justine Braisaz-Bouchet. Un épisode judiciaire à la suite duquel Julia Simon a été violemment prise à partie, sur les réseaux sociaux notamment.
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Revenue au plus haut niveau après sa suspension, elle s’est exprimée, pour Ouest France, sur cet épisode douloureux, qu’elle a surmonté grâce “aux personnes incroyables” autour d’elle. “C’est vrai que, sur les réseaux sociaux, on a un concentré de personnes qui savent tout”, a-t-elle ironisé, avant de détailler : “J’ai lu des choses, pas tout. Je me suis protégée dans un premier temps. Après, j’ai eu besoin d’aller voir.”
La biathlète découvre alors un torrent de commentaires négatifs, d’insultes. “Je me dis que la meilleure réponse, c’est sur la piste que je la donnerai”, avance celle qui vient de remporter la mass start de l’épreuve de Coupe du monde à Nove Mesto, le 25 janvier. “Quand on est dans une spirale, sans recul, c’est parfois mieux aussi de ne rien dire et de montrer ce qu’on vaut sur la piste.”
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Pour autant, la Savoyarde n’oublie pas : “Il y a des noms que j’ai en tête, des commentaires qui reviennent souvent.” Elle met également en perspective le phénomène dont elle a été victime avec le développement des “paris sportifs qui ont pris de l’ampleur” ces dernières années. “Je pense qu’on y est confrontées depuis quelques années déjà, six ou sept ans. Les gens ne sont pas prêts à perdre et ils renvoient leur frustration sur nous. Je n’ai pas envie de donner de l’importance à ces personnes-là” conclut celle qui “a hâte” d’en découdre sur la neige en Italie pour les Jeux Olympiques.

