Le candidat socialiste Antonio José Seguro à Caldas da Rainha (Portugal), le 18 janvier 2026. PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP
L’élection présidentielle au Portugal se décidera lors d’un rare second tour entre le candidat de centre gauche et le leader de l’extrême droite, qui a atteint dimanche 18 janvier un nouveau palier en se qualifiant pour le vote décisif prévu le 8 février. Elu au suffrage universel, le président portugais ne dispose pas de pouvoirs exécutifs, mais il peut être appelé à jouer un rôle d’arbitre en cas de crise, disposant du droit de dissoudre le Parlement pour convoquer des élections législatives. « Le Nouvel Obs » fait le point.
• Le PS en tête au premier tour
Selon des résultats partiels quasi complets, le socialiste Antonio José Seguro, 63 ans, est arrivé en tête du premier tour avec 31 % des suffrages, contre 23,5 % des voix pour le candidat populiste André Ventura, 43 ans. « J’appelle tous les démocrates, tous les progressistes et tous les humanistes à se joindre à nous pour, tous ensemble, vaincre l’extrémisme et ceux qui sèment la haine et la division parmi les Portugais », a réagi Antonio José Seguro dans son discours de victoire.
Alors que l’élection d’un président portugais n’avait pas requis un second tour depuis 1986, ce scénario témoigne des bouleversements provoqués ces dernières années par la montée de l’extrême droite dans le pays ibérique. « La droite s’est fragmentée comme jamais, mais les Portugais nous en ont donné le leadership », s’est félicité André Ventura, en demandant aux électeurs de ne pas avoir « peur du changement ».
• « Pas de consigne de vote » du Premier ministre
Le Premier ministre Luis Montenegro, reconduit en mai dernier à la tête d’un exécutif minoritaire, devra en tout cas cohabiter avec un chef de l’Etat qui n’est pas issu de son camp, contrairement au président sortant, le conservateur Marcelo Rebelo de Sousa. Face aux résultats de dimanche, Luis Montenegro a lui refusé de choisir entre Antonio José Seguro et André Ventura. « Notre espace politique ne sera pas représenté au second tour (…) et nous ne donnerons pas de consigne de vote », a déclaré le chef du gouvernement, qui s’est tantôt appuyé au Parlement sur l’opposition d’extrême droite, tantôt sur celle des socialistes.
• Le candidat du gouvernement en cinquième position
Au bout d’une campagne électorale à grand suspense, avec un nombre record de 11 candidats, le candidat soutenu par le gouvernement, Luis Marques Mendes, est arrivé en cinquième position, avec moins de 12 % des voix. « Il s’agit d’une défaite pour le gouvernement lui-même », analyse la politologue Paula Espirito Santo.
Toujours selon des résultats partiels quasi complets, c’est l’eurodéputé libéral Joao Cotrim Figueiredo qui a fini troisième, avec près de 16 % des suffrages. L’indépendant Henrique Gouveia e Melo, un amiral à la retraite qui avait dirigé avec succès la campagne de vaccination contre le Covid-19, a terminé quatrième, en obtenant un peu plus de 12 % des voix.

