Des personnes se réfugient dans une station de métro pendant l’attaque nocturne menée par la Russie à Kiev, en Ukraine, le 20 janvier 2026. DANYLO ANTONIUK/AP/SIPA
Dans la nuit du 20 janvier, une attaque aérienne de Moscou a de nouveau privé de chauffage plus de 5 600 immeubles résidentiels à Kiev par des températures de -14°C, soit près de la moitié de la capitale, ont annoncé mardi matin les autorités. Près de la ville de Boutcha, un homme de 50 ans a été mortellement blessé, a indiqué le gouverneur régional sur Telegram. A Kiev, une femme a été blessée et hospitalisée, a précisé le maire de la capitale, Vitali Klitschko. Voici ce que l’on sait de la situation.
• Une alerte aérienne de plus de six heures
Dans la nuit, la Russie a d’abord tiré sur Kiev des drones de combat à longue portée avant de lancer des missiles balistiques en direction de la ville et sa région. Des explosions ont été entendues à plusieurs reprises dans le centre-ville pendant l’alerte aérienne qui a duré plus de six heures, ont constaté des journalistes de l’AFP, qui ont également assisté aux opérations de la défense aérienne.
D’autres régions ukrainiennes, notamment celles d’Odessa (sud), Rivné (ouest) et Vinnytsia (centre-ouest), ont également subi des bombardements sur leurs infrastructures énergétiques pendant la nuit, selon les autorités locales.
• Plus de chauffage, plus d’eau, plus d’électricité
« Après cette attaque, 5 635 immeubles d’habitation sont sans chauffage », a indiqué le maire de la capitale Vitali Klitschko sur Telegram. Plusieurs journalistes de l’AFP habitant dans ces quartiers ont constaté l’absence d’eau courante et d’électricité. L’attaque a également perturbé la circulation du métro à Kiev, selon la mairie.
« Les services communaux et énergétiques travaillent pour restaurer le chauffage, l’eau et l’électricité dans les domiciles des Kiéviens », a ajouté Vitali Klitschko.
La Russie pilonne le système énergétique ukrainien depuis le début de son invasion, une tentative visant selon Kiev à saper le moral et briser la résistance des Ukrainiens. « Près de la moitié de Kiev est actuellement sans courant. La Russie n’a pas changé de cap : détruire l’Ukraine », a déploré de son côté la vice-ministre des Affaires étrangères, Mariana Betsa. Dans la région de Rivné, plus de 10 000 foyers ont été privés de courant, a annoncé l’administration régionale.
• Un homme a été tué
La Russie « vise les civils et des infrastructures civiles. L’ennemi terrorise délibérément des villes et villages ukrainiens », s’est insurgé le gouverneur, Mykola Kalachnyk.
Dans la région de Kiev, près de la ville de Boutcha, un homme de 50 ans a été tué, a indiqué le gouverneur régional sur Telegram. Deux stations-service ont été endommagées. Au cours de ces dernières frappes nocturnes, une femme a été blessée et hospitalisée à Kiev, a précisé Vitali Klitschko. Plusieurs bâtiments ont été endommagés, notamment une école primaire, a-t-il ajouté.
• Les attaques russes s’intensifient
Selon le maire de Kiev, presque 80 % des immeubles privés de chauffage mardi étaient déjà touchés par le même problème à la suite de la précédente attaque.
Ces nouvelles frappes russes interviennent en effet peu après la pire attaque de Moscou sur le réseau énergétique de Kiev depuis le début de son invasion de l’Ukraine il y a quatre ans, le plus sanglant conflit en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le bombardement effectué à l’aube du 9 janvier avait visé des sites énergétiques, privant de chauffage 6 000 immeubles. De très nombreux résidents ont aussi été privés d’électricité pendant des jours, au moment où Kiev est frappé par une vague de froid inédite depuis plusieurs années. Les autorités ukrainiennes mettaient en garde depuis plusieurs jours contre une nouvelle attaque massive russe contre le réseau énergétique du pays.
• Un « signal d’alarme » pour les dirigeants à Davos, dit Kiev
Ces attaques se poursuivent alors que le président américain Donald Trump pousse Kiev et Moscou à mettre fin aux hostilités.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a maintes fois indiqué douter de la volonté de la Russie de mettre fin à son invasion, estimant que Moscou se concentrait à l’inverse sur ses frappes contre l’Ukraine.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a estimé mardi que la nouvelle attaque nocturne russe contre les infrastructures énergétiques du pays devrait être au cœur des discussions des dirigeants réunis au Forum économique de Davos, alors que Donald Trump tend à mettre le Groenland comme discussion urgente.
La « frappe barbare » du président russe Vladimir « Poutine ce matin est un signal d’alarme pour les dirigeants mondiaux réunis à Davos : il est urgent de soutenir le peuple ukrainien ; il n’y aura pas de paix en Europe sans une paix durable pour l’Ukraine », a dit Andriï Sybiga sur les réseaux sociaux.

