January 20, 2026

Tentative de meurtre près de Toulouse : l’espoir du football plante le chauffeur de bus sur fond de rivalité sans fin

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C’est l’histoire d’une rivalité faite de menaces, d’humiliations, de représailles violentes qu’amplifient les réseaux sociaux. Un homme a failli en mourir, en mai 2023, près de Toulouse. Son agresseur encourt la perpétuité.

C’est un peu comme ces antagonismes corses sur lesquels plane l’ombre de la vendetta : nul n’est en mesure de définir avec certitude l’origine du contentieux. Moins exotique que l’île de Beauté, Muret sert de décor à l’affaire qui occupe la cour d’assises de la Haute-Garonne, ce lundi 19 janvier. Elle vaut à Oualid Fodil, 22 ans, de comparaître pour tentative de meurtre sur la personne de Patrick J.

“Deux bandes” qui se détestent

Dans la nuit du 5 au 6 mai 2023, ce chauffeur de bus de la régie Tisséo âgé de 48 ans avait reçu plusieurs coups de couteau alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture. Stationné avenue de l’Europe, une artère décrite comme un lieu de rassemblement propice au “trafic de stups” selon un gendarme de la SR de Toulouse, il… insultait un groupe de jeunes, responsables, selon lui, de son infortune.

Pour planter le décor, le directeur d’enquête évoque “deux bandes” dont les frictions produisent souvent des étincelles. L’une est constituée des proches du chauffeur de bus. L’autre, de jeunes de la commune. Six mois avant la tragique soirée, le neveu de la victime tombe dans un piège. Faux rendez-vous amoureux, vraie humiliation. Déshabillé, molesté, filmé. Les images font le tour des réseaux sociaux.

“Comme un con, j’ai bloqué…”

Deux mois avant la tentative de meurtre jugée aux assises, une expédition punitive cible les auteurs présumés. Machette, couteau, batte de baseball. “Là encore, une scène filmée, d’une violence extrême”, relève le gendarme. Trois victimes au tapis. Les deux fils et le neveu du chauffeur de bus sont arrêtés et incarcérés.

Me Robin Sénié-Delon soutient la partie civile.
Me Robin Sénié-Delon soutient la partie civile.
DDM – L.-D.

C’est par rancœur que le quadragénaire a pris le volant vers 2 heures du matin cette fameuse nuit de mai après s’être alcoolisé avec des amis une partie de la soirée. La présidente Dominique Coquizart déplore son absence et celle de ses proches lors de ce procès auprès de son avocat, Me Robin Sénié-Delon. Elle lit sa déposition. “Boire m’a rendu fou. Je suis sorti pour les menacer. Comme un con, j’ai bloqué, je les fixais depuis ma voiture. Quand j’ai été attaqué [par-derrière], j’ai été surpris”.

“Une scène sanglante”

Défendu par Me Alexandre Parra-Bruguière, le jeune homme dans le box était un espoir du football. “Il aurait pu passer pro”. Son surnom ? “Guendouzi”. En référence à l’international français qui a fait les beaux jours de l’Olympique de Marseille. Il reconnaît avoir porté deux coups d’Opinel, à travers la fenêtre ouverte de la Twingo noire, de crainte que le conducteur ne se saisisse lui-même d’une arme. Une version incompatible avec le rapport médico-légal qui en dénombre six ou sept.

Patrick J. a frôlé la mort. Sauvé in extremis par des membres de sa famille, la prise en charge des secours puis les chirurgiens de Rangueil. Il a désigné son agresseur… qu’il aurait pourchassé à travers Muret deux jours auparavant. Inextricable. L’habitacle de la Twingo tapisse les écrans de la cour d’assises. “Une scène sanglante quand même”, résume la présidente. En récidive légale, l’accusé encourt la prison à perpétuité. Les débats se prolongent jusqu’à mercredi.

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