Fermé officiellement mais toujours occupé, le zoo des 3 Vallées reste une énigme. En s’y infiltrant illégalement, le youtubeur Max Von Croft a voulu lever le voile sur ce qui se passe réellement derrière les grilles d’un établissement au cœur de nombreuses polémiques.
Officiellement, le zoo des 3 Vallées, à Montredon-Labessonnié, dans le Tarn, est fermé. Administrativement, le dossier est entre les mains des autorités. Mais derrière les grilles, que se passe-t-il vraiment ? C’est précisément cette zone grise, cet angle mort où l’information circule mal, qui a poussé Max Rochat, alias Max Von Croft sur YouTube, à s’y introduire caméra au poing.
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Spécialisé dans l’exploration urbaine et l’infiltration de lieux interdits au public, le créateur revendique une démarche claire : “J’aime beaucoup m’introduire dans des endroits où je ne suis pas censé aller. Mon but, c’est de faire découvrir au public des endroits qu’ils ne connaissent pas.” Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Max Von Croft fait parler de lui. Le youtubeur s’était déjà retrouvé sous les projecteurs après s’être infiltré sur le mythique Fort Boyard, un site pourtant ultra-sécurisé et emblématique du patrimoine télévisuel français.
Le zoo tarnais figurait depuis longtemps sur sa liste. Fermeture administrative, établissement à l’abandon, puis, quelques semaines avant son passage début décembre, un article de presse évoquant une intervention de l’OFB et de la gendarmerie pour saisir des animaux. Un déclic qui fait passer la curiosité à l’épreuve du réel.
“Je voulais voir ce qu’il se passait réellement”
Sur la route du retour d’un tournage à Marineland d’Antibes, il décide de faire un détour. “Pour que les autorités confisquent des animaux dans un zoo fermé depuis des années, c’est qu’il devait y avoir de sérieux problèmes. Je voulais voir ce qu’il se passait réellement.”
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Dès les premières minutes, le choc est visuel. Avant même d’entrer, le vidéaste effectue des repérages au drone. Ce qu’il découvre n’a rien d’un parc animalier : une immense zone technique transformée en décharge à ciel ouvert, des amas de plastique et de métal, des bâtiments éventrés “comme soufflés par une tornade”, et même une petite casse automobile improvisée. “Je me suis dit : si ça, c’est l’état des installations, dans quel état vont être les animaux… ?”

“Une économie de bouts de chandelle”
À l’intérieur pourtant, le tableau se nuance. Les enclos sont petits, parfois bricolés avec des matériaux fragiles, mais les animaux apparaissent en bonne santé. Nourriture fraîche, boxes relativement propres, présence visible de soigneurs – au moins quatre véhicules circulent sur le site. “On voit bien que les équipes font le maximum avec les moyens qu’elles ont. Et d’ailleurs, heureusement qu’ils sont là…” Une réalité paradoxale, presque dérangeante, qui rend l’atmosphère pesante. “J’étais très mitigé sur ce que je voyais.”
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Ce contraste nourrit surtout une immense incompréhension. “Comment peut-on tolérer, au cœur d’un lieu accueillant des animaux sauvages, une telle accumulation de déchets, avec les risques de zoonoses que cela implique ?” Pour le youtubeur, l’hypothèse la plus plausible reste “une économie de bouts de chandelle” : éviter les coûts élevés d’élimination des déchets professionnels, au prix d’une situation encore plus dégradée. Certains mystères demeurent entiers, comme cet algeco ravagé dont personne ne semble pouvoir expliquer l’état.
200 000 vues en une semaine
Conscient d’avoir pénétré illégalement sur le site, le vidéaste assume sa démarche, tout en refusant toute logique de sensationnalisme. Il n’incite jamais à l’intrusion et se dit lucide sur les risques. “Mon but n’est pas de faire du buzz. Si je l’avais voulu, j’aurais pu faire une vidéo à charge, ne montrer que le pire.” Il choisit au contraire une approche factuelle, laissant les images parler. Le résultat est sans appel : en une semaine, la vidéo dépasse les 200 000 vues et intègre le Top 100 des vidéos les plus boostées sur YouTube.
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Ce succès, Max Von Croft l’espère utile. Pas pour se substituer aux autorités, mais pour sortir le dossier de l’ombre. “La situation est extrêmement complexe et coûteuse. Mais plus l’opinion publique est informée, plus il y a de chances que les choses bougent.” À défaut de réponses claires, son reportage agit comme une lampe torche braquée dans un lieu où, jusqu’ici, seuls quelques services de l’État savaient vraiment ce qui se jouait derrière les grilles.


