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Les manifestations se poursuivent en Iran, trois jours après le déclenchement à Téhéran d’une mobilisation contre la vie chère, face à laquelle le pouvoir judiciaire a affiché sa « fermeté ».
• Un bâtiment attaqué dans le sud de l’Iran
Ce mercredi 31 décembre, un bâtiment gouvernemental a été ciblé par une « attaque » dans le sud du pays, selon les autorités. « La porte d’entrée (…) du bâtiment du gouverneur provincial a été endommagée lors d’une attaque perpétrée par plusieurs individus », a déclaré le chef du pouvoir judiciaire de la ville de Fassa, Hamed Ostovar, sans préciser les circonstances ni mentionner les manifestations.
Fassa se situe à 780 kilomètres au sud de Téhéran, où un mouvement spontané initié par des commerçants contre la vie chère a éclaté dimanche, avant de s’étendre à au moins dix universités dans le pays.
« Les manifestations pacifiques pour la défense des moyens de subsistance (…) sont compréhensibles », avait plus tôt déclaré le procureur général de la République islamique, Mohammad Movahedi-Azad, cité par la télévision d’Etat. Mais « toute tentative visant à transformer les manifestations économiques en un outil d’insécurité, de destruction des biens publics ou de mise en œuvre de scénarios conçus à l’étranger sera inévitablement suivie d’une réponse légale, proportionnée et ferme », a-t-il mis en garde.
• Ecoles, banques et établissements publics fermés
Le Mossad, le service de renseignement extérieur israélien, a invité en persan, sur le réseau social X, les protestataires iraniens à intensifier leur mobilisation, affirmant être présent avec eux « sur le terrain ». L’Iran, qui ne reconnaît pas Israël, l’accuse depuis longtemps de mener des opérations de déstabilisation sur son territoire et de sabotage contre ses installations nucléaires.
Ces manifestations sporadiques contre l’hyperinflation et le marasme économique ont débuté dimanche dans le plus grand marché pour téléphones portables de Téhéran. Mardi, des étudiants ont manifesté dans des universités de la capitale et de plusieurs villes iraniennes, selon les agences de presse Irna et Ilna.
Mardi, une vidéo montrant une personne assise face à des forces de l’ordre à Téhéran est rapidement devenue virale, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.
Ecoles, banques et établissements publics ont été fermés dans la quasi-totalité du pays sur décision des autorités, qui ont invoqué le froid et des économies d’énergie. Dans la capitale, des universités ont aussi annoncé que leurs cours se tiendraient en ligne toute la semaine prochaine pour cause de froid, d’après Irna. Les autorités n’ont fait officiellement aucun lien avec les manifestations.
• L’engagement du réalisateur Jafar Panahi
Les manifestations qui secouent l’Iran sont une « révolte » pour « faire avancer l’histoire », a estimé, de son côté, le réalisateur iranien Jafar Panahi, Palme d’or du dernier festival de Cannes.
« La douleur commune s’est muée en cri dans la rue. Depuis quatre jours, le peuple se tient debout, non pour se plaindre, mais pour réclamer le changement », écrit-il sur Instagram, après trois jours d’une mobilisation contre la vie chère initiée par des commerçants de la capitale Téhéran, et rejointe mardi par des étudiants.
« Ce soulèvement est une volonté qui a décidé de persévérer, d’avancer et de faire avancer l’histoire », ajoute le cinéaste.
• Le pouvoir d’achat des Iraniens fragilisé
La monnaie nationale, le rial, a perdu depuis un an plus d’un tiers de sa valeur face au dollar, tandis qu’une hyperinflation à deux chiffres fragilise déjà depuis des années le pouvoir d’achat des Iraniens ; en décembre, elle était de 52 % sur un an, selon le Centre de statistiques d’Iran, un organisme officiel.
Le rial iranien a perdu depuis un an plus d’un tiers de sa valeur face au dollar. MORTEZA AMINOROAYAYI/MEI/SIPA / MORTEZA AMINOROAYAYI/MEI/SIPA
Certains produits de première nécessité sont devenus inabordables pour une partie de la population, qui pâtit des sanctions internationales contre l’Iran depuis quatre décennies. « Tout le monde ici se bat pour un bout de pain », résumait un manifestant interrogé mardi par le quotidien « Etemad ».
Ce mouvement de grogne contre la vie chère est à ce stade sans commune mesure avec les grandes manifestations qui avaient secoué l’Iran fin 2022, après la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune iranienne.
Son décès, à la suite d’une arrestation pour un voile prétendument mal ajusté, en infraction avec le strict code vestimentaire en vigueur, avait soulevé une vague de colère, dans laquelle plusieurs centaines de personnes avaient trouvé la mort, dont des dizaines de membres des forces de sécurité.

