December 30, 2025

"C’est une verrue", dont "on ne sait que faire": une aile d’un ancien hôpital vendue aux enchères pour plus de 400 000 €

l’essentiel
Une extension de l’ancien hôpital de Pamiers, 3 900 mètres carrés de superficie, sur cinq niveaux, un bâtiment datant de 1975, sera mise aux enchères courant janvier. La mise à prix a été fixée à 408 000 € par le Chiva, propriétaire du site complètement désaffecté depuis plusieurs années, avec le départ, en 2021 des tout derniers services de santé.

On l’appelle “l’aile des 120 lits”: l’extension de l’ancien hôpital de Pamiers, progressivement désaffectée depuis l’ouverture du centre hospitalier du Val d’Ariège, il y a plus de vingt ans, sera mise aux enchères au mois de janvier prochain, sur Agorastore, site spécialisé dans la vente de biens publics. Le bâtiment date de 1975. Il est construit sur cinq niveaux, “un cube”, résume Gérard Bordier, conseiller municipal et ancien pharmacien de l’hôpital.

“Il a connu plusieurs utilisations, au fil des années. Dans les premiers temps, il accueillait des lits de long et de moyen séjour”, ajoute-t-il. Par la suite, cette annexe, située entre l’ancien hôpital et l’école d’infirmière, a été transformée en Ehpad (Établissement d’hébergement pour personnes dépendantes), avant d’être complètement désaffectée en 2021, avec le départ des derniers services de santé.

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Une mise à prix à 408 000 €

Après avoir tenté de trouver un acquéreur, le Chiva (aujourd’hui Groupement hospitalier de territoire) a donc opté pour la mise aux enchères, avec un prix résolument attractif, 408 000 €, pour un bâtiment de 3 900 mètres carrés, en bordure du centre ancien, et tout proche de la future résidence seniors, en projet depuis plusieurs années (lire ci-dessous). “C’est bradé”, estime Gérard Bordier. Voici quatre ans, un investisseur en avait proposé 900 000 €, avant de se rétracter.

Un projet d’hébergement mixte, foyer de jeunes travailleurs ou résidence pour accueillir les internes en médecine, a été évoqué à plusieurs reprises ces dernières années. Le nom d’un porteur de projet toulousain, Cité Jardins, avait été avancé, sans donner suite finalement. La vente aux enchères aura lieu du 20 au 22 janvier prochain

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“En faire quelque chose”

“Il faudra arriver à en faire quelque chose. Il n’y a qu’un investisseur pour savoir quoi en faire. Depuis des années, c’est une épine dans le pied du Chiva, qui n’arrive pas à s’en débarrasser, et doit faire face à des frais importants pour le maintenir en état”, analyse encore l’élu appaméen. “Pour nous, c’est une verrue, tout simplement, dont on ne sait que faire”, ajoute Xavier Fauré, adjoint au maire en charge de l’urbanisme, qui rappelle que ce bâtiment est propriété du Chiva. La ville, de son côté, est propriétaire de l’ancien hôpital, le bâtiment “historique”, mitoyen de l’aile des 120 lits (1).

Enfin, Agorastore vante, sur son site, les points forts de ce bien “rare sur le secteur”. Et de conclure : “Implanté à seulement 20 km de Foix et 65 km de Toulouse, le site profite d’une localisation privilégiée entre patrimoine, nature et dynamisme urbain […] Le bâtiment offre une grande flexibilité d’usage. Sa structure et sa localisation en font un site à fort potentiel de reconversion”.

La résidence seniors n’est pas enterrée

Certains la disaient moribonde, voire définitivement abandonnée : la municipalité dément formellement : “La résidence séniors n’est pas enterrée. Le permis de construire a été prorogé jusqu’en 2028. Deux porteurs de projets sont toujours sur les rangs”, souligne Xavier Fauré, adjoint en charge de l’urbanisme, relayant les propos rassurants du maire Frédérique Thiennot. La municipalité en convient : du retard a été pris. La livraison du projet, en effet, avait été annoncée pour… 2026 ! Elle en rejette la responsabilité sur les recours déposés par l’opposition, hostile à cette démolition, et qui ont été définitivement rejetés. L’opposition s’insurgeait notamment contre le montant de la transaction, 300 000 €, alors que l’ancien hôpital avait “coûté 1,80 M€ aux Appaméens”, rappelait la conseillère municipale d’opposition Anne Lebeau (Union pour Pamiers). Pour Frédérique Thiennot, avec ces contentieux, l’opposition n’aurait cherché “qu’à faire perdre du temps au préjudice de la ville entière”.

(1) Une promesse de vente a été signée en novembre 2022 concernant ce bâtiment “historique”, avec Eiffage (lire ci-dessous.

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