La hausse de la taxe foncière à Cahors suscite colère et incompréhension. Les propriétaires, déjà lourdement impactés, voient leurs charges augmenter de 37,3 % en dix ans. La mairie, impuissante face à l’inflation, partage leur frustration.
“C’est de pire en pire, les gens ont du mal à accepter cette hausse de la taxe foncière. Ils n’en peuvent plus”, soupire Marc*. Ce Cadurcien a signé une pétition, lancée fin novembre sur “MesOpinions” contre “la hausse incessante de la taxe foncière à Cahors”.
“Sur mon foncier personnel, il y a presque neuf ans quand nous sommes arrivés, on payait 2 600 euros. Aujourd’hui, on est à 3 150 euros. Je suis en profession libérale et je paie un local. La taxe foncière, ce sont les propriétaires qui la paient mais aussi les locataires de locaux professionnels. Comme moi. Je suis à 1 300 euros cette année”, raconte le Cadurcien. Il poursuit : “Dans mon travail, j’entends les gens se plaindre de ces hausses”.
“C’est injuste”
Et selon ce dernier, la hausse de la taxe foncière a de nombreuses conséquences. “Au niveau des commerces et des petites entreprises. Ils ont de plus en plus de mal à payer ces charges-là. Donc ils ne veulent plus venir dans les petites villes. Et puis, les propriétaires fonciers. Ceux qui veulent acquérir leur première maison ne viennent plus sur Cahors. On peut aussi parler des propriétaires bailleurs. Ils sont obligés d’augmenter les loyers parce que les charges foncières sont trop élevées. Alors ils augmentent les loyers. Mais comme cela ne suffit pas, ils font de moins en moins de travaux dans les appartements et les gens sont de moins en moins bien logés”, liste le Cadurcien. Il prend un exemple concret : “J’ai un couple de patients qui n’arrivaient plus à payer la taxe foncière, car sur un budget de retraités, cela pèse. Alors ils vendent la maison et puis ils vont partir en location”.
Plus que la hausse, le Cadurcien trouve cette taxe injuste. “Elle sert à payer les services publics : les écoles, l’éclairage, l’entretien des parcs, les passages piétons, les bus… Tout le monde en profite de ces infrastructures. Or cette taxe ne repose que sur les propriétaires. C’est injuste, ce n’est pas à nous de tout supporter”, souligne-t-il. Le but de la pétition : alerter les élus. “On aimerait une baisse significative de la taxe foncière. Et il faudrait qu’ils puissent trouver des solutions, voir s’il n’y a pas des programmes judicieux et plus justes à mettre en place.”
Depuis 16 ans, la collectivité n’a pas augmenté la taxe foncière
De son côté, Vincent Bouillaguet, adjoint au maire en charge des finances, assure : “La collectivité n’a pas augmenté les impôts. Depuis que nous sommes en responsabilité, nous n’avons jamais augmenté la taxe foncière. En 2018 puis 2019, nous l’avons baissée d’un point puis de 0,5, c’était surtout symbolique”. Mais alors, comment expliquer cette hausse ? “Jusqu’en 2021, la taxe foncière était adossée au coefficient de la valeur locative. Désormais, elle est adossée à l’inflation. Compte tenu de la forte inflation, la taxe foncière a augmenté. En dix ans, de 37,3 %. C’est donc la base de la taxe foncière qui a augmenté, et non la ville qui l’a décidé”. De plus, de nombreuses taxes viennent alourdir la taxe foncière. “Il y a également la TSE (Taxe Spéciale d’Équipement) : toutes les villes à moins d’une heure de la future gare de Montauban et qui vont profiter de la LGV doivent s’en acquitter. Ça aussi, cela participe à une hausse de la taxe foncière”. Mais la mairie n’a aucun pouvoir là-dessus.
La ville a-t-elle une marge pour la baisser ? Vincent Bouillaguet y a bien réfléchi. L’an dernier, lors du budget, il a fait des calculs : si la taxe foncière était réduite de trois ou quatre euros par habitant, cela aurait coûté 700 000 euros à la collectivité. Impossible. “Trop cher pour un impact trop faible”, reconnaît l’élu. Surtout sur un budget de 34 millions d’euros, composé à 60 % des recettes de la taxe foncière. L’élu rejoint les habitants : la taxe foncière est injuste. “Il n’y a que les propriétaires qui paient, alors que tout le monde profite des nouveaux aménagements”.

