Plusieurs bâtiments résidentiels du quartier de Wang Fuk Court ont été touchés par un incendie, le 27 novembre 2025 à Hongkong. IMAGO/VERNON YUEN/SIPA
Au moins 128 personnes sont mortes dans l’incendie d’un complexe de gratte-ciel résidentiels qui s’est déclaré mercredi à Hongkong. Ce vendredi 28 novembre, les pompiers, mobilisés par centaines, ont mis fin à leurs opérations de lutte anti-incendie. Le président chinois Xi Jinping a exprimé ses condoléances aux victimes, ainsi que le pape Léon XIV, qui a exprimé « sa solidarité spirituelle envers tous ceux qui souffrent », « en particulier les blessés et les familles en deuil ».
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• Où en est l’incendie ?
L’incendie s’est déclaré mercredi 26 novembre peu avant 8 heures, heure de Paris, dans un complexe immobilier de huit tours d’une trentaine d’étages nommé Wang Fuk Court, situé dans le district de Tai Po, dans le nord de la ville. Selon les autorités, le feu a rapidement gagné sept des huit tours de ce complexe datant de 1983, comprenant 1 984 logements et en cours de rénovation. Le niveau d’alerte 5, le plus élevé, a été déclenché et les soldats du feu ont tenté toute la nuit de mercredi de circonscrire le brasier.
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Ce vendredi, il ne reste plus qu’un peu de fumée qui s’échappe du gigantesque brasier dans lequel les tours ont été prises. Les pompiers sont entrés dans les derniers appartements auxquels ils n’avaient pas accédé. Les journalistes de l’AFP ont vu dans la matinée les secours charger à l’arrière de véhicules au moins quatre sacs mortuaires, contenant semble-t-il des dépouilles extraites des décombres. D’autres sacs mortuaires ont été déchargés à la morgue de Sha Tin, à environ 30 minutes de trajet du sinistre, selon les constatations de l’AFP.
• Quelles sont les causes de ce feu ?
Les causes de l’incendie, qui a semblé se propager par l’intermédiaire notamment des échafaudages en bambou, n’ont pas encore été établies précisément. L’emploi de matériaux synthétiques aisément inflammables ont également pu accélérer la propagation du feu. Côté météo, des vents d’environ 14 km/h ont aussi attisé l’incendie et facilité sa propagation d’un bâtiment à l’autre.
« Un des bâtiments s’est embrasé, les flammes se sont propagées à deux autres blocs en moins de 15 minutes », dit une dame de 77 ans du nom de Mui. « C’est allé très vite. Tout était rouge. Je frissonne rien que d’y penser ».
Lors d’une conférence de presse, le numéro deux du gouvernement de Hongkong, Eric Chan, a déclaré qu’il était « impératif d’accélérer la transition complète vers les échafaudages métalliques ». Le département hongkongais du Travail a indiqué dans un communiqué que l’entrepreneur avait été destinataire par le passé de plusieurs rappels écrits concernant les règles de prévention des incendies. Le communiqué ne dit pas clairement cependant que l’entrepreneur était en faute sur ce sujet.
• Quel est le bilan ?
Le dernier bilan fait état d’au moins 128 morts et 79 blessés. Des dizaines de personnes sont toujours portées disparues, a indiqué ce vendredi le chef de la sécurité Chris Tang. Un précédent bilan faisait état d’au moins 94 morts.
Sur les 128 personnes décédées, 89 ne sont toujours pas identifiées, a précisé Chris Tang. Parmi les personnes décédées, figure un pompier de 37 ans. Deux Indonésiens, des employés de maison, figurent aussi parmi les morts, selon leur consulat.
Parmi les personnes hospitalisées, 12 étaient dans un état critique, 29 dans un état grave et 17 stables, selon les autorités ce jeudi soir.
Les interventions des secours ont jusqu’à présent mobilisé plus de 1 200 personnes, plus de 200 engins anti-incendie et environ 100 ambulances, selon un décompte officiel.
• Une enquête ouverte
« Vu le retentissement immense dans l’opinion, un groupe de travail a été mis place pour lancer une enquête approfondie sur de possibles faits de corruption dans le grand projet de rénovation de Wang Fuk Court à Tai Po », a déclaré la commission indépendante contre la corruption de Hongkong dans un communiqué.
La police a annoncé avoir arrêté trois hommes, soupçonnés de « grossière négligence », après la découverte de matériaux inflammables abandonnés lors de travaux. Le niveau exact de leur implication dans le départ du feu n’est pas clair. Ils sont susceptibles d’être inculpés d’homicide involontaire.
Les façades des tours étaient recouvertes d’échafaudages en bambou – comme il est de tradition à Hongkong – et enveloppés de filets et de bâches en plastique. La police soupçonne que plusieurs de ces matériaux ne répondaient pas aux normes de sécurité incendie.
John Lee a aussi annoncé une inspection de tous les grands chantiers de rénovation de la ville.
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