Le préfet de la Haute-Garonne Pierre-André Durand a rendu, mercredi 26 novembre, les conclusions de l’étude d’impact selon l’approche équilibrée (EIAE) pour l’aéroport de Toulouse-Blagnac qui tentent à la fois de concilier les inquiétudes des collectifs de riverains et l’activité économique de la plateforme.
Un répit futur pour les dizaines de milliers de riverains à Toulouse qui vivent sous le couloir aérien ? C’est en tout cas la direction que semblent prendre les conclusions de l’étude d’impact selon l’approche équilibrée (EIAE) pour l’aéroport de Toulouse Blagnac présentées, mercredi 26 novembre, par le préfet de région et de la Haute-Garonne Pierre-André Durand. Une étude démarrée en septembre 2023 qui a fait l’objet d’une présentation devant les partenaires institutionnels, économiques et associatifs.
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Le préfet a acté quatre mesures phares qui feront l’objet d’un arrêté interministériel, la proposition sera adressée aux ministres des Transports Philippe Tabarot et de l’Écologie Monique Barbut. L’arrêté sera effectif fin 2026, a confié Pierre-André Durand qui a pris “en compte la situation actuelle et future du trafic sur l’aéroport de Toulouse-Blagnac, ainsi que les résultats de la concertation menée”.
Tout d’abord, la mesure phare de l’étude : l’interdiction de programmer un vol commercial entre 23 heures et 6 heures pour les décollages et entre 23 h 30 et 6 h pour les atterrissages. Une demande très souvent formulée par les collectifs de riverains.
Un comité de surveillance du trafic en cœur de nuit
Par ailleurs, indique le préfet, “les aéronefs de chapitre 3 et 4 avec une marge acoustique cumulée inférieure à 13 EPNdB seront interdits entre 22 heures et 6 heures. En prenant comme référence la programmation des vols de 2024, la mise en œuvre de ces mesures conduira à la suppression de 441 vols à l’arrivée programmés au-delà de 23 h 30 et de 297 départs programmés au-delà de 23 heures, vols qui devront être reprogrammés sur les créneaux précédents. En cohérence avec cette évolution, le préfet a annoncé la prochaine suppression du vol actuellement opéré par Chronopost au milieu de la nuit, d’ici à fin 2028. Ceci retirera du cœur de nuit un total de 240 vols supplémentaires en 2029.”
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Enfin, Pierre-André Durand a annoncé la “création par arrêté préfectoral d’un comité de surveillance du trafic en cœur de nuit, qui viendra remplacer l’actuel observatoire créé en 2011 et resserrer le suivi des vols opérés en cœur de nuit. D’une composition élargie par rapport à l’observatoire actuel, il se réunira chaque trimestre en préfecture et aura pour mission, notamment, d’établir un “bilan exhaustif et objectif des données de trafic enregistrées en cœur de nuit au cours de la période précédente”. Les compagnies aériennes “ayant opéré des vols basculants dans le cœur de nuit” devront présenter “des éléments de justification de ces retards, assortis d’engagements sur des mesures correctives qui feront l’objet d’un suivi dans ce cadre”.
Au sortir de la réunion, Chantal Beer-Demander, présidente du Collectif contre les nuisances aériennes de l’agglomération toulousaine (CCNAAT), estime en substance que “cela aurait pu être pire, mais cela aurait aussi pu être beaucoup mieux. On est quand même déçu car nous sommes pour une vraie restriction des vols de nuit. On note toutefois un petit effort fait du côté de la suppression du vol 2 h 45 de Chronopost (La Poste). C’est pas mal, mais on continuera d’utiliser de vieux avions la nuit.”

