Nous, acteurs de la société civile, ou personnalités politiques engagées, appelons la communauté internationale à agir de toute urgence contre la vague croissante d’exécutions et d’arrestations en Iran.
Depuis que Massoud Pezeshkian, président de la dictature religieuse en Iran, est entré en fonction en août 2024, près de 2 000 exécutions ont eu lieu. Rien qu’en octobre 2025, 285 personnes ont été exécutées. En un seul jour, 22 personnes, dont deux femmes, ont été pendues. L’exécution systématique de femmes, avec au moins 47 cas depuis le début de 2025, est sans précédent dans le monde.
A lire aussi
Entretien
« La République islamique d’Iran tombera » : entretien exclusif avec Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix
Actuellement, plus de 50 prisonniers politiques, dont trois femmes, sont dans le couloir de la mort. En juillet 2025, le régime a exécuté Behrouz Ehsani et Mehdi Hassani pour appartenance aux Moudjahidine du Peuple (OMPI) et pour des accusations vagues telles que « Moharebeh » (« guerre contre Dieu », en persan). Dix-huit autres font face à la peine de mort pour les mêmes accusations.
Des décennies d’impunité ont ouvert la voie à de tels crimes. Le 8 juillet 2025, l’agence de presse officielle Fars News a salué dans un éditorial le massacre de 30 000 prisonniers politiques de 1988 comme une « expérience historique réussie » et a appelé à sa répétition.
Javaid Rehman, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits humains en Iran, a qualifié ce massacre, dans son dernier rapport de 2024, de crime contre l’humanité et de génocide. Parallèlement, la destruction par le régime des fosses communes des exécutés vise à effacer les traces de ces crimes.
Amnesty International, le 3 septembre 2025, a mis en garde contre la répétition du massacre de 1988. Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a également déclaré le 28 juillet dernier qu’au moins 48 prisonniers politiques se trouvent actuellement dans le couloir de la mort, dont 12 risquent une exécution imminente.
Nous demandons :
- L’arrêt immédiat de toutes les exécutions en Iran, en particulier celles des prisonniers politiques menacés d’exécution imminente.
- La poursuite en justice des responsables des crimes passés et présents, y compris le massacre de 1988.
- Une action urgente du Rapporteur spécial de l’ONU, de la Mission internationale d’établissement des faits sur l’Iran, du Haut-Commissaire aux droits de l’homme et de tous les organismes internationaux de défense des droits humains afin de prévenir un nouveau massacre en Iran.
A lire aussi
Portrait
« Misérable petite République islamique d’Iran… » : Benjamin Brière raconte 1079 jours de détention en « absurdistan »
Les cinquante premiers signataires :
- Jocelyne Adriant-Mebtoul, présidente et fondatrice de Femme du Monde et Réciproquement (FMR)
- Maria Candida Almeida, ancienne procureure générale du Portugal
- Lord Alton of Liverpool, membre de la chambre des Lords, Royaume-Uni
- Peter Altmaier, ancien ministre de l’Economie et de l’Energie et ministre des Finances d’Allemagne
- Christine Arrighi, députée de Haute-Garonne, présidente du comité parlementaire pour un Iran démocratique (CPID)
- Dominique Attias, présidente du conseil d’administration de la Fondation des Avocats européens, ancienne présidente de la Fédération des Barreaux d’Europe
- Elisabeth Badinter, philosophe
- Alice Benhamou Panetta, présidente fondatrice de Vivent les Femmes et titulaire de la Légion d’honneur
- Pierre Bercis, président et fondateur des Nouveaux Droits de l’Homme
- Jean Dider Berthault, conseiller de Paris
- Florence Berthout, maire du 5e arrondissement de Paris
- Geoffroy Boulard, maire de 17e arrondissement de Paris
- Tom Brake, ancien député et ministre du Royaume-Uni
- Lionel Causse, député des Landes
- Christian Charrière-Bournazel, ancien bâtonnier de l’Ordre, ancien président du Conseil national des Barreaux
- Marie Charvet, coprésidente de l’association Femme Ici et Ailleurs
- Marie-Martine Chambard, coprésidente de l’association Femmes contre les intégrismes
- Amanda Dale, membre du groupe d’experts des Nations unies sur la violence à l’égard des femmes, Canada
- Claire Dodane, professeure de l’université Jean-Moulin Lyon-3
- Anna Fotyga, ancienne ministre des Affaires étrangères de Pologne
- Ola Elvestuen, ancien député, ministre du Climat et de l’Environnement de Norvège de 2018 à 2020
- Pierre-Yves Ginet, membre du Haut Conseil à l’Egalité femmes-hommes, codirecteur de la collection Egale à égal
- Helen Goodman, ancienne cheffe adjointe de la Chambre des communes ; ancienne ministre du cabinet fantôme pour la réforme de la protection sociale au Royaume-Uni
- Philippe Gosselin, député de la Manche, vice-président du CPID
- Nick Harvey, ancien député et ministre du Royaume-Uni
- Patrick Hetzel, député du Bas-Rhin, ancien ministre de l’Enseignement supérieur
- Philip D. Jaffé, membre du Comité des droits de l’enfant des Nations unies, Suisse
- David Jones, ancien député et ministre du Royaume-Uni
- Maka Kotto, ancien ministre de la Culture et des communications du Québec
- Thomas Lutze, ancien membre du Bundestag, Allemagne
- Jean-Pierre Mignard, avocat et essayiste
- Renée Le Mignot, présidente honoraire du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP)
- Luciana Minassian, présidente de section de la Société pour l’aide aux orphelins arméniens, Argentine
- Gilbert Mitterrand, président de la Fondation Danielle Mitterrand France Libertés
- Stanislav Pavlovschi, ancien ministre de la Justice de Moldavie
- Jean-Charles Pettier, professeur de philosophie, Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur
- Myriam Picot, présidente Licra Aura
- Nathalie Poirot, coprésidente Femme Ici et Ailleurs
- Thérèse Rabatel, ancienne adjointe au maire de Lyon déléguée à l’égalité femmes-hommes
- Frédéric Reiss, ancien député du Bas-Rhin
- Muriel Réus, fondatrice et présidente de Femmes avec… association de défense des droits des femmes. Coprésidente de la commission Stéréotypes
- Christian Roth, président d’honneur de l’Union des Avocats européens
- Parul Sharma, avocate spécialisée dans les droits de l’homme ; présidente d’ONU Femmes, Suède
- Rita Süssmuth, dixième présidente du Bundestag, Allemagne
- Noanne Tenneson, directrice à l’Alliance des Avocats pour les Droits de l’Homme
- Michel Terrot, ancien député du Rhône
- Melissa Upreti, avocate spécialisée dans les droits de l’homme ; ancien titulaire de mandat de l’ONU, Etats-Unis
- Martine Valleton, maire de Villepinte
- Anne Vignot, maire de Besançon
- Jean Ziegler, sociologue, Suisse
Cet article est une tribune, rédigée par un auteur extérieur
au journal et dont le point de vue n’engage pas la rédaction.

