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Le Nouvel Obs avec AFP
Des pompiers interviennent sur le site d’un immeuble en feu après une attaque russe à Kiev, en Ukraine, le 28 août 2025. EFREM LUKATSKY/AP/SIPA
Pendant que Vladimir Poutine joue la montre pour rencontrer Volodymyr Zelensky, la Russie pilonne l’Ukraine. Une importante attaque russe a visé Kiev dans la nuit de mercredi à ce jeudi 28 août et fait au moins quatorze morts dont trois enfants et des dizaines de blessés, au moment où les efforts diplomatiques engagés par Donald Trump pour tenter de mettre fin à la guerre s’enlisent.
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Après trois ans et demi du conflit le plus sanglant en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la capitale ukrainienne a vécu une nouvelle nuit de bombardements.
Des journalistes de l’AFP ont entendu de puissantes explosions à plusieurs reprises. Ils ont vu un missile être abattu, les débris incandescents retombant, et entendu le son de drones survolant la ville, tandis que des habitants se réfugiaient dans des souterrains et dans le métro.
Plusieurs immeubles endommagés
Selon l’administration militaire, l’attaque a été menée à la fois à l’aide de drones et de missiles – balistiques, de croisière et hypersoniques – qui ont frappé la capitale en plus de 20 endroits.
Plusieurs immeubles résidentiels ont été endommagés, dont l’un de cinq étages s’est effondré, bloquant des habitants sous les décombres, a indiqué la même source. Une école maternelle a subi des dégâts, des dizaines de voitures ont été détruites et un centre commercial du centre-ville a été touché.
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« Voilà tout ce qu’il y a à savoir concernant l’Etat terroriste, Poutine, et leur “désir” de paix », a réagi le chef de l’administration présidentielle Andriï Iermak sur Telegram, visant la Russie et son président. Pendant la nuit, des alertes aériennes ont été en vigueur dans l’ensemble du territoire ukrainien.
Côté russe, l’armée a indiqué avoir intercepté 102 drones ukrainiens, alors que les attaques aériennes de Kiev ciblant les raffineries ces dernières semaines ont fait flamber le prix de l’essence.
Pas de rencontre prévue entre Zelensky et Poutine
Fin juillet, des bombardements russes avaient fait plus de 30 morts dont cinq enfants à Kiev, l’une des attaques les plus meurtrières dans la capitale ukrainienne depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en 2022. Ces frappes avaient poussé Donald Trump à renforcer la pression sur Moscou pour accepter une trêve et conduit à sa rencontre avec Vladimir Poutine en Alaska le 15 août.
Après ce sommet, suivi par une visite à Washington du président ukrainien Volodymyr Zelensky accompagné de ses alliés européens, le dirigeant américain a dit vouloir préparer une rencontre en face à face entre les présidents russe et ukrainien. Depuis, il n’y a toutefois pas eu d’avancées en vue d’un tel sommet, Moscou et Kiev se rejetant la responsabilité d’un blocage.
Avant la conclusion d’un hypothétique accord de paix, l’Ukraine veut obtenir des garanties de sécurité des Occidentaux pour dissuader Moscou de toute nouvelle attaque.
Le Kremlin s’est dit « défavorable » mercredi à un éventuel envoi de troupes européennes en Ukraine dans le cadre d’un potentiel accord de paix.
Volodymyr Zelensky a assuré voir « des signaux très négatifs et arrogants de la part de Moscou concernant les négociations » de paix. Il a appelé à « faire pression » pour « forcer la Russie à prendre des mesures concrètes ». Il a annoncé que des membres de son équipe allaient rencontrer vendredi à New York des représentants de l’administration de Donald Trump.
L’armée russe continue de progresser
Pour mettre fin à son assaut, la Russie réclame notamment que l’Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et renonce à intégrer l’Alliance atlantique. Des conditions que Kiev juge inacceptables.
L’armée russe, qui occupe environ 20 % de l’Ukraine, dans l’est et le sud, a accéléré sa progression sur le terrain ces derniers mois face à des unités ukrainiennes moins nombreuses et moins bien équipées.
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